7 problèmes de santé auxquels font face les astronautes de la NASA après 9 mois dans l’espace
Auteur: Simon Kabbaj
Revenir sur Terre après une mission spatiale de longue durée est une véritable épreuve pour le corps humain. Après 286 jours passés en apesanteur, les astronautes Sunita Williams et Barry Wilmore, initialement prévus pour une mission de seulement huit jours, ont dû prolonger leur séjour à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Ce retour, facilité par la capsule Dragon de SpaceX après l’échec du vaisseau de Boeing, ne marque pas la fin des défis pour ces explorateurs de l’espace. Leur corps, habitué à flotter sans effort dans un environnement sans gravité, doit maintenant réapprendre à fonctionner sur notre planète. Ce processus d’adaptation est bien plus complexe qu’il n’y paraît et peut s’étendre sur plusieurs mois. Quelles épreuves physiques et mentales attendent ces astronautes de retour parmi nous ? Les effets d’un séjour prolongé dans l’espace sont multiples, souvent méconnus du grand public, et parfois surprenants…
1. Le cerveau chamboulé par la gravité

L’apesanteur modifie la manière dont le cerveau traite les signaux sensoriels. À leur arrivée dans l’espace, les astronautes peuvent souffrir de nausées spatiales et de désorientation, mais leur organisme s’adapte progressivement. Toutefois, le retour à la gravité terrestre demande un nouvel ajustement, qui peut durer plusieurs semaines, voire des mois.
En effet, après un long séjour en orbite, le système vestibulaire, responsable de l’équilibre et de l’orientation, est désynchronisé. Cela entraîne des troubles de la vision, de la marche et de la coordination. Certains astronautes sont même incapables de se tenir debout seuls dans les premières heures suivant leur retour. C’est pourquoi, par mesure de sécurité, ils sont souvent installés sur une chaise immédiatement après l’atterrissage.
2. Des os fragilisés par l’apesanteur

La gravité terrestre est essentielle au maintien de la solidité osseuse. Sans elle, le squelette se fragilise rapidement. Chaque mois passé en microgravité entraîne une perte osseuse d’environ 1,5 % dans les zones les plus vulnérables, comme les hanches et la colonne vertébrale.
Après neuf mois dans l’espace, certaines parties du corps des astronautes ont pu perdre jusqu’à 14 % de leur densité osseuse. Même avec un entraînement physique rigoureux à bord de l’ISS, les os restent plus fragiles après le retour sur Terre, augmentant le risque de fractures. De plus, le manque de gravité réduit l’absorption du calcium, favorisant l’apparition de calculs rénaux.
3. Des muscles atrophiés et un risque de chute accru

Sans gravité, les muscles ne sont plus sollicités de la même manière. Marcher, se lever, courir… Tous ces gestes du quotidien deviennent inutiles en apesanteur, ce qui entraîne une diminution progressive de la masse musculaire.
Les jambes et le dos sont particulièrement touchés, et à leur retour sur Terre, les astronautes doivent réapprendre à marcher. Ce manque de tonicité augmente le risque de chute, rendant les premières semaines post-mission délicates et éprouvantes.
4. Une peau plus sensible et sujette aux infections

L’environnement spatial modifie le système immunitaire. L’exposition à des niveaux élevés de radiation cosmique, combinée à l’absence de micro-organismes naturels, affaiblit les défenses du corps. Résultat : la peau devient plus fragile et plus vulnérable aux infections.
Autre particularité : les pieds changent de texture. En l’absence de pression exercée sur la plante des pieds, la peau s’amincit et devient plus douce, tandis que des callosités se forment sur le dessus du pied à cause des prises utilisées pour se déplacer dans la station.
5. Les effets redoutables des radiations spatiales

Les astronautes reçoivent environ 100 fois plus de radiations qu’un être humain sur Terre. Cette exposition prolongée peut entraîner :
- Des troubles neurologiques, affectant la mémoire et les capacités cognitives.
- Un affaiblissement du système immunitaire, augmentant le risque d’infections.
- Une augmentation du risque de cancer, même après leur retour sur Terre.
Ces effets cumulés au fil des missions posent un défi majeur pour l’exploration spatiale de longue durée, notamment dans l’optique de voyages vers Mars.
6. Des yeux affectés par l’apesanteur

Un phénomène fréquent chez les astronautes est le gonflement du nerf optique, qui peut altérer leur vision de manière temporaire, voire permanente. L’apesanteur provoque une modification de la circulation des fluides corporels, exerçant une pression sur l’arrière des yeux.
Certains astronautes rapportent une vision floue pendant des mois après leur retour, ce qui pourrait représenter un problème critique pour les futures missions spatiales.
7. L’impact psychologique du retour sur Terre

Passer presque un an isolé dans un environnement confiné peut laisser des traces sur le moral. Certains astronautes ressentent ce qu’on appelle l’”Effet de perspective”, un phénomène psychologique où la vision de la Terre depuis l’espace change profondément leur perception du monde.
À leur retour, beaucoup sont frappés par la fragilité de notre planète et peuvent ressentir une forme de mal-être en réintégrant la société. Cette transition psychologique peut demander plusieurs mois d’adaptation.
Conclusion

Revenir de l’espace, ce n’est pas seulement une question de logistique, c’est aussi une épreuve physique et mentale. Après neuf mois passés en apesanteur, les astronautes doivent faire face à un véritable défi médical, allant de la perte osseuse aux troubles neurologiques. Leurs corps, comme leurs esprits, doivent réapprendre à vivre sur Terre.
Alors que les ambitions spatiales grandissent et que l’humanité envisage des voyages plus longs et plus lointains, la recherche médicale joue un rôle clé dans la préparation des astronautes à ces nouvelles frontières. Quels seront les impacts des futurs séjours prolongés dans l’espace sur la santé humaine ?