
Votre fréquence de selles pourrait bien être un indicateur clé de votre état de santé général. Une étude publiée dans Cell Reports Medicine révèle que le nombre de fois où vous allez à la selle chaque jour influence directement votre physiologie et votre bien-être sur le long terme. Selon les chercheurs, la fréquence idéale se situe entre une à deux fois par jour. En revanche, des troubles comme la constipation ou la diarrhée pourraient être liés à des risques accrus d’infections et même de maladies neurodégénératives. Voici ce que vous devez savoir sur la relation entre votre transit intestinal et votre santé.
1. Une étude sur la fréquence des selles et la santé

Les chercheurs ont analysé les habitudes intestinales de 1 400 adultes en bonne santé, sans maladies apparentes. Pour cela, ils ont collecté des échantillons de sang et de selles, en plus de recueillir des informations détaillées sur le régime alimentaire, le mode de vie et l’état de santé des participants. L’objectif était de comprendre si la fréquence des selles pouvait être un facteur influençant directement la santé, plutôt qu’une simple conséquence de maladies existantes.
Les résultats ont permis de classer les participants en quatre groupes :
- Constipation : 1 à 2 selles par semaine.
- Faible normal : 3 à 6 selles par semaine.
- Élevé normal : 1 à 3 selles par jour (considéré comme optimal).
- Diarrhée : selles fréquentes et liquides.
2. Constipation : un danger silencieux pour les reins

Lorsqu’une personne est constipée, les selles restent trop longtemps dans l’intestin, ce qui empêche l’organisme d’éliminer certains déchets efficacement. Résultat : les bactéries intestinales commencent à fermenter les protéines au lieu des fibres, produisant ainsi des toxines nocives comme le p-cresol sulfate et l’indoxyl sulfate.
Ces substances toxiques, en s’accumulant dans le sang, mettent les reins à rude épreuve. Selon le chercheur Sean Gibbons, auteur principal de l’étude, même une constipation légère peut augmenter le taux de ces toxines dans l’organisme. Un mauvais transit n’est donc pas seulement une gêne passagère, mais un problème de santé à surveiller attentivement.
3. Diarrhée : un impact sur le foie et l’inflammation

À l’opposé de la constipation, la diarrhée fréquente est tout aussi préoccupante. En effet, elle entraîne une perte excessive d’acides biliaires, des substances produites par le foie et essentielles à la digestion des graisses.
Lorsque ces acides sont éliminés trop rapidement, le foie est contraint de travailler davantage pour en produire de nouveaux, ce qui peut provoquer une inflammation et des dommages hépatiques. L’étude a également relevé des signes d’inflammation chronique chez les personnes sujettes aux diarrhées régulières.
4. La fréquence idéale : la « Goldilocks Zone »

Les chercheurs ont identifié un seuil optimal qu’ils appellent la “Goldilocks Zone” (ou “zone idéale”) : aller à la selle une à deux fois par jour.
Pourquoi ce rythme est-il bénéfique ? Parce qu’il permet de :
- Maintenir un bon équilibre du microbiote intestinal (les bonnes bactéries dans l’intestin).
- Favoriser la production d’acides gras bénéfiques pour la digestion et la santé globale.
- Limiter la formation de toxines nocives dans l’organisme.
Les personnes qui se situent dans cette plage de fréquence ont généralement moins de problèmes digestifs et un meilleur état de santé général.
5. L’importance d’une alimentation riche en fibres

Un facteur essentiel pour maintenir une fréquence optimale de selles est l’alimentation. Les chercheurs ont constaté que les personnes qui consomment davantage de fruits et de légumes ont un transit plus régulier et plus sain.
Les aliments riches en fibres, comme les légumineuses, les céréales complètes et les fruits, jouent un rôle clé en favorisant le mouvement naturel de l’intestin et en prévenant aussi bien la constipation que la diarrhée.
6. Le rôle de l’hydratation et de l’activité physique

Outre l’alimentation, boire suffisamment d’eau est crucial pour un bon transit intestinal. Une hydratation insuffisante peut rendre les selles dures et difficiles à évacuer, augmentant ainsi le risque de constipation.
De plus, l’exercice physique régulier stimule les muscles intestinaux, facilitant ainsi l’élimination des déchets. Une simple marche quotidienne peut améliorer la digestion et réduire les risques de troubles intestinaux.
7. Différences entre hommes et femmes : une question hormonale ?

L’étude a également révélé que les femmes ont tendance à aller moins souvent à la selle que les hommes. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette différence :
- Les hormones féminines influencent la digestion et ralentissent parfois le transit.
- Les hommes ont généralement une alimentation plus abondante, ce qui stimule davantage leur intestin.
Il est donc important que les femmes portent une attention particulière à leur alimentation et leur hydratation, afin d’éviter les désagréments liés à la constipation.
8. Vers une meilleure prise en compte du transit intestinal en médecine

Malgré ces découvertes, les médecins accordent encore peu d’importance aux irrégularités du transit. Comme l’explique Sean Gibbons, elles sont souvent considérées comme un problème mineur, alors qu’elles pourraient être un signe avant-coureur de maladies plus graves.
Les prochaines étapes de la recherche pourraient consister à suivre un groupe de personnes sur le long terme afin de voir si une gestion proactive du transit intestinal peut réellement réduire les risques de maladies.
Conclusion

Votre fréquence de selles n’est pas un simple détail sans importance : elle peut révéler beaucoup de choses sur votre état de santé général. Constipation et diarrhée ne sont pas à prendre à la légère, car elles peuvent entraîner une accumulation de toxines, des inflammations et même des atteintes aux reins et au foie.
Pour maintenir un transit sain, adoptez une alimentation riche en fibres, buvez suffisamment d’eau et pratiquez une activité physique régulière. Et surtout, n’ignorez pas les signaux de votre corps : un transit irrégulier peut être le premier signe d’un problème sous-jacent.
Alors, à quand remonte votre dernière visite aux toilettes ? 💡