Parkinson : un lien avec les bactéries intestinales révèle un traitement simple et inattendu
Auteur: Simon Kabbaj
Depuis plusieurs années, les scientifiques explorent avec attention le mystérieux lien entre le cerveau et l’intestin. Ce lien, longtemps ignoré, semble aujourd’hui jouer un rôle bien plus important qu’on ne le pensait dans certaines maladies, dont la maladie de Parkinson.
Touchant près de 10 millions de personnes dans le monde, cette maladie neurodégénérative évolue lentement, affectant d’abord le sommeil, la digestion, puis les mouvements et la mémoire.
Mais une étude récente menée au Japon vient de dévoiler une piste étonnante et prometteuse. En étudiant les bactéries présentes dans l’intestin, les chercheurs ont mis en lumière un facteur jusque-là peu exploré, qui pourrait ouvrir la voie à un traitement simple, naturel et accessible.
Une découverte intrigante, qui pourrait bien changer la manière dont on envisage Parkinson à l’avenir.
1. Quand tout commence bien avant les premiers symptômes

Bien avant les signes classiques de Parkinson, comme la raideur ou les troubles de l’équilibre, les chercheurs ont remarqué deux symptômes précoces : la constipation et les troubles du sommeil. Ces signes peuvent apparaître jusqu’à vingt ans avant que la maladie ne soit diagnostiquée.
Ce décalage a poussé les scientifiques à se demander : que se passe-t-il dans le corps, bien avant que le cerveau ne montre des signes de détérioration ? La réponse semble se trouver plus bas, dans un endroit surprenant : le microbiote intestinal.
2. Une flore intestinale bouleversée chez les malades

L’équipe japonaise a analysé les selles de 94 patients atteints de Parkinson, puis les a comparées à celles de 73 personnes en bonne santé. Les résultats ont ensuite été confrontés à des données provenant de Chine, Taïwan, Allemagne et États-Unis.
Même si les types de bactéries différaient selon les pays, une chose frappante est apparue : toutes les modifications observées dans la flore intestinale des malades affectaient des fonctions précises de l’organisme, liées à la production de certaines substances cruciales.
Ces changements pourraient avoir un effet domino, touchant petit à petit les défenses naturelles du corps.
3. Une barrière protectrice qui s’affaiblit

Chez les personnes atteintes de Parkinson, les chercheurs ont observé une baisse de certaines molécules utiles au bon fonctionnement intestinal, comme les acides gras à chaîne courte (SCFA) et les polyamines.
Ces éléments permettent de renforcer le mucus qui tapisse les parois de l’intestin. Quand ils sont en quantité insuffisante, la couche protectrice devient plus fine, laissant passer davantage de substances indésirables.
Ce phénomène, appelé perméabilité intestinale, expose le corps – et surtout le système nerveux – à des toxines présentes dans notre environnement quotidien, comme les pesticides ou les produits ménagers.
4. Des toxines qui perturbent le cerveau

Lorsque cette barrière intestinale devient perméable, les toxines s’infiltrent plus facilement et atteignent des zones sensibles du corps, comme le système nerveux entérique, directement relié au cerveau.
Cela favorise la formation de fibrilles d’α-synucléine, des protéines anormales qui s’accumulent dans une zone du cerveau appelée substantia nigra, essentielle à la production de dopamine.
C’est cette dégénérescence qui cause les tremblements, les raideurs musculaires et, dans les stades avancés, des troubles cognitifs. Et tout cela pourrait bien commencer… dans les intestins.
5. Un traitement simple qui redonne espoir

Et si la solution se trouvait… dans deux vitamines essentielles que notre intestin ne produit plus correctement chez certains malades ?
Les chercheurs ont identifié une carence en riboflavine (vitamine B2) et en biotine (vitamine B7) chez les personnes atteintes de Parkinson. Ces vitamines sont indispensables à la fabrication des molécules protectrices de l’intestin.
Une supplémentation en B2 et B7, adaptée à chaque patient selon ses résultats d’analyse, pourrait renforcer la barrière intestinale, réduire les toxines et ralentir l’évolution des symptômes.
Une solution étonnamment simple, mais prometteuse, née de notre propre ventre.
6. Une prise en charge sur mesure, personne par personne

Face à cette découverte, les chercheurs proposent une approche personnalisée. Chaque patient est différent, et les causes de la maladie ne sont pas identiques pour tous.
Mais en analysant le microbiote intestinal ou les molécules présentes dans les selles, il serait possible de détecter des déficiences précises, qui contribuent à affaiblir la barrière intestinale.
Cette méthode pourrait permettre de mieux cibler les personnes à risque, et de leur proposer une intervention simple, adaptée et sans effets secondaires lourds.
Conclusion : une révolution dans la compréhension de Parkinson ?

Cette découverte japonaise bouleverse notre compréhension de Parkinson. Elle montre que le cerveau ne tombe pas malade seul, mais que d’autres parties du corps, comme l’intestin, pourraient envoyer les premiers signaux d’alerte.
Et surtout, elle ouvre la voie à des traitements plus doux, plus accessibles, et personnalisés, qui pourraient changer la vie de nombreux malades.
Et si, demain, prendre soin de nos intestins devenait un des meilleurs moyens de protéger notre cerveau ?
⚠️ Cet article est à but informatif et ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel de la santé. Avant de modifier votre alimentation ou de prendre des compléments, veuillez consulter un médecin ou un spécialiste.
Source étude : nature