Cancer de la prostate : ce geste souvent négligé pourrait augmenter le risque de 45 %
Auteur: Simon Kabbaj
Chaque jour, des milliers d’hommes vivent avec le cancer de la prostate, une maladie souvent silencieuse mais aux conséquences bien réelles. Deuxième cause de décès par cancer chez les hommes, elle touche principalement les plus de 50 ans. Pourtant, une nouvelle étude d’envergure internationale révèle qu’un comportement courant, partagé par de nombreux hommes, pourrait augmenter le risque de mourir de cette maladie de 45 %. Le plus troublant ? Ce geste est facile à éviter, mais trop souvent négligé. Alors que les campagnes de sensibilisation insistent sur l’importance de la prévention, cette découverte relance un débat crucial sur nos habitudes face à la santé.
Dans les lignes qui suivent, découvrez ce que les chercheurs ont observé durant 20 années de suivi, ce qui peut faire la différence entre la vie et la mort, et surtout, ce que vous pouvez faire, dès aujourd’hui, pour réduire votre risque.
1. Une menace silencieuse pour les hommes

Le cancer de la prostate est aujourd’hui la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes, juste derrière le cancer du poumon. Selon l’American Cancer Society, un homme sur huit recevra un diagnostic de cancer de la prostate au cours de sa vie. Bien que la majorité des patients survivent à cette maladie, un homme sur 44 en meurt. C’est donc une affection à ne pas sous-estimer, particulièrement à un âge avancé où les risques augmentent.
2. Une étude de grande ampleur sur deux décennies

Pour mieux comprendre les facteurs de risque, des chercheurs du Erasmus MC Cancer Institute aux Pays-Bas ont analysé les données de 72 460 hommes dans le cadre de l’Étude Européenne Randomisée sur le Dépistage du Cancer de la Prostate (ERSPC). Cette recherche, menée sur 20 ans dans sept pays européens, constitue la plus grande étude de dépistage du cancer de la prostate jamais réalisée. Les résultats obtenus sont sans équivoque et mettent en lumière un facteur de risque souvent négligé, mais évitable.
3. Le chiffre choc : +45 % de risque de décès

Les conclusions de cette recherche révèlent que les hommes qui n’ont jamais assisté à leurs rendez-vous de dépistage courent un risque de décès par cancer de la prostate supérieur de 45 % comparé à ceux qui s’y rendent. Ce chiffre est alarmant et souligne l’importance d’un comportement simple, mais crucial pour la santé : ne pas manquer ses consultations médicales de prévention. Ces hommes, qualifiés de « non participants », représentaient environ un homme sur six dans l’étude.
4. Le rôle crucial du dépistage précoce

Le test PSA (antigène prostatique spécifique), effectué par simple analyse de sang, permet de détecter le cancer de la prostate à un stade précoce, souvent avant même l’apparition des symptômes. Les résultats sont clairs : les hommes qui ont effectué leur dépistage à temps ont eu 23 % de risque en moins de mourir de cette maladie. De plus, les non-participants présentaient 39 % de risque en plus, même en comparaison aux participants irréguliers. Cette différence marquée révèle à quel point le dépistage sauve des vies.
5. Qui sont les hommes les plus à risque ?

La docteure Renée Leenen, à l’origine de l’étude, soulève une observation importante : les hommes qui évitent ces rendez-vous pourraient être ceux qui négligent également d’autres comportements bénéfiques pour leur santé. En d’autres mots, ils sont peut-être moins enclins à consulter un médecin ou à adopter un mode de vie préventif. Cela crée une double vulnérabilité : un risque accru de développer la maladie et un retard dans sa détection. D’où l’urgence, pour les autorités de santé, de comprendre pourquoi certains hommes boudent ces examens, et de trouver des solutions adaptées pour les sensibiliser.
6. Le geste à ne pas négliger : se présenter au dépistage

Le fameux geste commun qui augmente le risque de mourir d’un cancer de la prostate de 45 % n’est ni complexe ni rare. Il s’agit tout simplement de ne pas se présenter à ses rendez-vous de dépistage. Beaucoup d’hommes, par crainte, oubli ou banalisation, négligent ces examens essentiels. Pourtant, un simple test sanguin, appelé test PSA (antigène prostatique spécifique), peut détecter la maladie bien avant l’apparition des symptômes, à un stade où elle est plus facile à traiter.
Pour ceux qui souhaitent s’informer ou en parler en toute confidentialité, il existe des lignes d’écoute gratuites et disponibles pour vous :
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Au Canada, vous pouvez contacter la Société canadienne du cancer au 1-888-939-3333
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En France, la ligne Cancer Info est joignable au 0805 123 124 (appel gratuit)
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En Belgique, la Fondation contre le Cancer est disponible au 0800 15 801
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Luxembourg : Fondation Cancer – 8002 9090
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Suisse : Ligue suisse contre le cancer – 0800 11 88 11
Conclusion :

Le cancer de la prostate est une maladie sérieuse, mais avec les bons gestes au bon moment, il est possible de réduire considérablement les risques. L’étude menée sur plus de 70 000 hommes pendant 20 ans le montre clairement : ignorer les rendez-vous de dépistage peut coûter la vie. À l’inverse, prendre quelques minutes pour passer un test peut faire toute la différence.
Il ne s’agit pas seulement d’un examen médical, mais d’un acte de prévention essentiel. Si vous avez plus de 50 ans, ou si un proche est concerné, encouragez-le à consulter, à poser des questions, à prendre soin de sa santé. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, et que parfois, un petit geste peut sauver une grande vie.
Vous n’êtes pas seuls. Des organismes sont là pour vous aider, vous écouter et vous accompagner. Prenez ce temps pour vous. Vous le méritez.