Un navire de croisière plongé dans le noir à cause d’une menace qu’on croyait disparue
Auteur: Simon Kabbaj
Imaginez : vous êtes confortablement installé à bord d’un luxueux navire de croisière, bercé par le clapotis de l’eau, lorsque soudain, une annonce résonne dans les haut-parleurs. Le commandant demande à tous les passagers d’éteindre les lumières et de tirer les rideaux. Ce n’est pas une panne d’électricité ni un jeu organisé pour les passagers. C’est une mesure de sécurité bien réelle, prise en pleine mer. Ce fut le cas en janvier dernier à bord du Queen Anne, un navire de la compagnie Cunard, en route vers l’Australie et les Philippines. Voici ce qui s’est réellement passé — et pourquoi.
1. Une croisière rêvée aux airs de mystère

Le Queen Anne avait tout pour offrir à ses passagers un voyage inoubliable : luxe, confort, paysages marins à couper le souffle. Ce navire prestigieux effectuait une croisière de 111 nuits, partant de l’Allemagne jusqu’à Darwin, en Australie, en passant par Manille, aux Philippines. Mais à mesure que le navire approchait de certaines eaux, l’ambiance paisible à bord a laissé place à une tension discrète mais palpable.
2. Une annonce inattendue en pleine mer

C’est par une annonce au haut-parleur que les passagers ont été surpris : le capitaine leur a demandé d’éteindre toutes les lumières inutiles dans leurs cabines, de tirer les rideaux et de rester à l’intérieur après la tombée de la nuit. Certains espaces extérieurs ont été complètement fermés, notamment les ponts de promenade. L’ambiance à bord, une fois la nuit tombée, devenait étrangement silencieuse et obscure, comme en témoignent des vidéos partagées sur les réseaux sociaux.
3. Une ambiance inquiétante mais encadrée

Loin d’un film catastrophe, la situation était parfaitement encadrée. Le capitaine a rassuré les passagers tout en leur demandant une coopération totale. Il ne s’agissait pas d’une urgence, mais d’une précaution bien réfléchie. Les rideaux tirés, les lumières tamisées et les ponts vides donnaient l’impression d’une croisière secrète… Mais pourquoi toutes ces précautions ?
4. Des mesures visibles et dissuasives

Le lendemain matin, une nouvelle annonce a révélé que le pont extérieur était équipé de tuyaux d’incendie pressurisés, déployés comme barrière de sécurité. Ces tuyaux à haute pression sont couramment utilisés en prévention contre les tentatives d’abordage. Le capitaine a précisé que les zones extérieures resteraient fermées de 21h à 5h, et a encouragé la prudence et la vigilance de tous. Ces précautions peuvent sembler excessives, mais elles ont un fondement solide.
5. Un danger venu d’un autre temps : la piraterie

Ce n’est qu’à ce moment-là que le capitaine a révélé la raison principale de ces mesures inhabituelles. Le navire traversait la mer de Sulu-Célèbes, une zone connue non pas pour ses tempêtes, mais pour ses antécédents de piraterie. Bien que le risque soit faible, les menaces liées à la piraterie sont prises très au sérieux dans certaines régions du monde. Il ne s’agissait pas d’une attaque imminente, mais d’un protocole préventif appliqué par mesure de précaution.
6. Une traversée sans incident, mais pas sans émotion

Heureusement, aucun incident n’a été signalé. Les passagers, une fois l’effet de surprise passé, ont pris la situation avec philosophie… et même humour. Certains observaient la mer aux jumelles, espérant apercevoir un pirate – sans succès. Pour eux, cet épisode restera une anecdote intrigante à raconter : « Une croisière, des couchers de soleil… et une petite menace de pirates pour pimenter le tout ! »
Conclusion

La croisière à bord du Queen Anne rappelle que même les voyages les plus luxueux peuvent comporter des zones d’ombre, au sens propre comme au figuré. Grâce à une préparation rigoureuse et une coopération exemplaire des passagers, l’équipage a su transformer un risque potentiel en simple histoire captivante. Alors, la prochaine fois que l’on vous demandera d’éteindre la lumière en mer, souvenez-vous : parfois, c’est pour mieux naviguer en sécurité dans un monde qui ne dort jamais.