Depuis l’espace, un astronaute fait un signe et retourne sa caméra pour faire taire les platistes une bonne fois pour toutes
Auteur: Simon Kabbaj
Malgré les nombreuses avancées scientifiques, certaines théories continuent d’alimenter les débats publics. Parmi elles, l’idée selon laquelle la Terre serait plate divise encore une partie de la population. Récemment, un astronaute a partagé une vidéo captée depuis l’espace, dans laquelle il montre clairement la courbure de la planète. Après avoir retourné sa caméra vers la Terre, il adresse un simple signe de la main, un geste qui semble vouloir mettre un terme à cette controverse persistante.
Des images venues de loin pour éclairer les doutes

La vidéo de l’astronaute n’est pas un cas isolé. Depuis près de vingt ans, des agences comme la NASA ont collecté et partagé des milliers d’images de la Terre prises depuis l’espace, confirmant encore et encore la forme sphérique de notre planète. Parmi les clichés les plus marquants figure celui de 2015, capturé par le satellite Deep Space Climate Observatory (DSCOVR). Ce satellite, placé à une distance impressionnante d’environ un million de miles (soit 1,6 million de kilomètres) de la Terre, a photographié la totalité de la face ensoleillée de notre planète. Le résultat est saisissant : la Terre y apparaît comme une boule marbrée de bleu et de blanc, une image presque poétique qui rappelle la beauté et la fragilité de notre monde. Ces observations ne reposent pas sur des théories, mais sur des données concrètes, archivées, et accessibles au public, renforçant les preuves scientifiques déjà établies.
Un ancien astronaute rappelle l’importance de voir la Terre dans son ensemble

L’image prise par le satellite DSCOVR ne se contente pas de montrer une planète ronde. Pour certains, elle représente bien plus : une occasion unique de mieux comprendre notre monde. C’est ce que souligne Charlie Bolden, ancien astronaute et ex-administrateur de la NASA, dans une déclaration marquante :
« Cette première image de notre planète, prise par DSCOVR, démontre les bénéfices uniques et essentiels de l’observation de la Terre depuis l’espace. »
Fort de son expérience en orbite, il ajoute :
« En tant qu’ancien astronaute ayant eu le privilège de voir la Terre depuis l’espace, je souhaite que tout le monde puisse la voir et l’apprécier comme un système intégré et en interaction. »
Selon lui, les données transmises par DSCOVR ne servent pas seulement à montrer des images impressionnantes. Elles permettent aussi de surveiller les changements constants de notre planète et de mieux comprendre son lien avec le reste du système solaire. Grâce à ses capteurs de météo spatiale, DSCOVR peut également fournir des alertes précoces sur les phénomènes solaires susceptibles d’avoir un impact sur la Terre. Une mission doublement précieuse, à la fois pour la science… et pour notre quotidien.
Un autre regard sur la Terre pour mieux la comprendre

En plus des images satellites classiques, la NASA utilise également des instruments spécialisés pour observer notre atmosphère sous un autre angle. C’est le cas de SAGE III (Stratospheric Aerosol and Gas Experiment), un dispositif conçu pour surveiller en continu la vapeur d’eau, les aérosols et la couche d’ozone dans les hautes couches de l’atmosphère. Ces éléments forment une sorte d’“écran solaire” naturel, protégeant la planète des rayons nocifs du Soleil.
Ce qui rend SAGE III particulièrement intéressant, c’est sa manière de voir la Terre : il observe notre planète de côté, capturant une vue similaire à celle que nous avons lors d’un coucher de soleil, lorsque l’atmosphère se découpe en fines couches colorées à l’horizon.
Ces images latérales permettent de distinguer clairement la courbure de la Terre et la structure de son atmosphère, offrant une nouvelle preuve visuelle allant à l’encontre de l’idée d’une Terre plate. Grâce à ces technologies de pointe, les scientifiques peuvent non seulement mieux protéger notre planète, mais aussi confirmer, une fois de plus, sa forme réelle à travers des observations tangibles.
Une science précieuse pour notre avenir

Les données recueillies par SAGE III ne servent pas uniquement à observer l’atmosphère. Selon Marilee Roell, responsable scientifique, ces observations sont devenues essentielles pour suivre l’évolution du climat et les changements météorologiques. Elle explique que la mission représente l’un des plus grands succès de la science au service des décisions politiques. Ce qui rend SAGE III encore plus remarquable, c’est qu’il fonctionne depuis la Station spatiale internationale, une plateforme habitée. Cela permet, selon Roell, de combiner le meilleur de la recherche scientifique et de la mission humaine dans l’espace, même de façon indirecte. Une collaboration unique qui profite autant à la science qu’à l’humanité.
Un geste simple, une preuve éclatante

Sur le réseau social TikTok, le compte “Spacemandu” partage régulièrement des vidéos capturées depuis l’espace, offrant au grand public un aperçu rare et fascinant du quotidien des astronautes en orbite. Dans une séquence récemment publiée, un astronaute apparaît à l’écran, salue calmement la caméra, puis effectue un geste discret mais significatif : il retourne l’objectif pour filmer la Terre vue de l’espace. Ce que l’on découvre ensuite est sans équivoque : notre planète y apparaît clairement ronde, baignée de lumière et bordée par sa fine atmosphère bleutée. La vidéo est accompagnée d’une légende sobre, mais directe : « Quelqu’un a dit que la Terre était plate », une phrase qui, par contraste avec les images, souligne l’écart entre croyance populaire et réalité scientifique. Sans discours, sans confrontation, l’astronaute répond par l’évidence visuelle, une méthode qui parle à tous, en particulier à ceux qui cherchent des preuves simples, accessibles et tangibles.
Pourquoi certains continuent de croire à une Terre plate

Bien que la forme sphérique de la Terre soit connue depuis des siècles, l’idée d’une Terre plate a été ravivée au 19ᵉ siècle par Samuel Rowbotham, un écrivain britannique. Il a développé une théorie appelée « astronomie zététique », dans laquelle il affirmait que la Terre était un disque plat. Plus tard, William Carpenter a repris ces idées, contribuant à répandre cette croyance erronée.
De nos jours, certains adeptes de cette théorie avancent que les photos de la Terre sont truquées ou qu’il s’agit d’un complot mondial, ce qui expliquerait, selon eux, pourquoi on nous ferait croire que la Terre est ronde.
Pour Paul M. Sutter, astrophysicien à l’Université SUNY, ce phénomène révèle surtout un manque de confiance envers les scientifiques. Dans un article publié sur Space.com, il écrit que :
« En affirmant que la Terre est plate, les gens expriment en réalité une profonde méfiance envers la science et ceux qui la représentent. »
Un point de vue qui éclaire les racines sociales et psychologiques de cette croyance persistante, bien au-delà des faits scientifiques.
Un physicien de renom remet les pendules à l’heure

Brian Cox, professeur de physique des particules et l’un des vulgarisateurs scientifiques les plus respectés au Royaume-Uni, rejette catégoriquement l’idée d’une Terre plate. Lors d’une intervention, il n’a pas mâché ses mots :
« Il n’existe absolument aucune raison de penser que la Terre est plate. À ma connaissance, personne dans l’histoire de l’humanité n’a sérieusement cru à cette idée. »
Il rappelle que les Grecs, dès l’Antiquité, avaient mesuré le rayon de la Terre, démontrant déjà sa forme sphérique. Pour lui, l’existence même de cette croyance aujourd’hui est incompréhensible :
« Le simple fait que nous ayons pris des photos de la Terre devrait suffire. Je suis sans voix… c’est probablement l’idée la plus absurde qu’un être humain doté de raison puisse formuler. C’est du non-sens. »
Malgré les preuves écrasantes, certains continuent pourtant de douter, souvent en raison d’un manque d’accès à l’éducation ou aux ressources scientifiques. Cette méconnaissance du travail rigoureux et des longues années d’études nécessaires pour devenir scientifique explique en partie la méfiance persistante envers les faits établis.