Un jeune homme de 41 ans, diagnostiqué avec l’Alzheimer précoce, partage les premiers symptômes que sa famille a remarqués
Auteur: Simon Kabbaj
À seulement 41 ans, Fraser, un père australien, a reçu un diagnostic qui bouleverse toute une vie : la maladie d’Alzheimer à début précoce. Si l’on pense souvent que cette maladie touche uniquement les personnes âgées, la forme précoce peut frapper bien avant l’âge de la retraite. Dans un témoignage sincère et bouleversant, Fraser partage son parcours sur YouTube, là où il tente de comprendre ce qui lui arrive, tout en aidant d’autres familles à reconnaître les signes invisibles. Ce n’est qu’après plusieurs mois de réflexion qu’il a osé demander à ses enfants quels avaient été les tout premiers signes qu’ils avaient remarqués… Et leurs réponses, simples en apparence, révèlent l’importance de rester attentif aux petits changements du quotidien.
1. Une maladie qui arrive sans prévenir

La maladie d’Alzheimer à début précoce, également appelée “young-onset”, est rare. Elle touche des personnes âgées de moins de 65 ans et représente un défi de taille, tant pour les patients que pour leurs proches. Fraser, un homme actif et jeune père de famille, ne correspondait pas à l’image traditionnelle de la maladie. Pourtant, les symptômes avaient commencé à se manifester deux ans avant le diagnostic officiel. Comme souvent dans les cas précoces, les premiers signes passent inaperçus.
2. Une annonce qui bouleverse tout

C’est en 2024, après deux longues années d’incertitude, que Fraser a reçu le verdict. Le choc a été immense. Plutôt que de s’effondrer, il a choisi de s’exprimer ouvertement sur YouTube à travers une chaîne appelée “I (don’t) have dementia”. Dans ses vidéos, il répond aux questions de ses abonnés et partage avec franchise ce qu’il vit au quotidien. Il explique que la maladie affecte la mémoire, le raisonnement, la prise de décision, et parfois même le comportement et la personnalité. Loin de se contenter de parler de symptômes, Fraser explore aussi les répercussions mentales et émotionnelles d’un tel diagnostic.
3. Le poids du silence

Après le diagnostic, Fraser a tenté de faire comme si de rien n’était. Il voulait oublier la maladie, l’éloigner de ses pensées. Mais cette stratégie n’a pas tenu longtemps. Quelques mois plus tard, sa santé mentale s’est dégradée. Il a commencé à faire des crises de panique, à se sentir profondément déprimé. Ce mal-être, il l’attribue au fait d’avoir refusé d’affronter la réalité. Il explique aujourd’hui qu’il est important de nommer les choses, d’en parler, même si c’est difficile. “C’est dans un coin de ta tête de toute façon”, dit-il. “Mais si tu n’en parles pas, ça devient plus lourd.”
4. Parler pour mieux vivre

Fraser explique que ses vidéos l’aident à mettre des mots sur ce qu’il vit, à sortir la maladie de l’ombre. C’est un processus éprouvant, mais nécessaire pour avancer. Il compare ces moments de partage à une forme de thérapie. “On prend un sujet, on l’examine, on le verbalise. C’est comme retirer un poids du cœur.” Cette manière de rendre visible l’invisible permet aussi à d’autres familles de mieux comprendre les étapes de la maladie. Et surtout, cela enlève un peu de la peur. “C’est difficile, mais ça aide à accepter”, confie-t-il.
5. Ce que ses enfants ont remarqué en premier

C’est lors d’une conversation toute simple que Fraser a décidé de demander à ses enfants ce qu’ils avaient remarqué avant même qu’il ne sache ce qui se passait. Leur réponse a été à la fois douce et troublante :
“Tout le monde oublie des choses au quotidien… mais toi, c’était plus fréquent. Des oublis normaux, mais répétés.”
Ces petits oublis — comme perdre un objet, oublier un rendez-vous, ou répéter une question déjà posée — étaient devenus réguliers, au point de susciter l’attention des enfants. C’est ce rythme inhabituel et croissant qui a fini par les inquiéter. Ce ne sont pas des symptômes spectaculaires, mais leur accumulation a alerté la famille.
6. Une leçon de vigilance et d’amour

Fraser nous rappelle que les premiers signes de la maladie peuvent être discrets, presque banals. Ce sont souvent les proches qui les remarquent en premier, surtout lorsqu’ils se répètent. Il ne s’agit pas de s’inquiéter au moindre oubli, mais de prêter attention à ce qui devient une habitude. Grâce à l’amour et la vigilance de ses enfants, Fraser a pu mettre un mot sur ce qu’il vivait. Aujourd’hui, il transforme son parcours en source d’information et de réconfort pour d’autres familles.
Son message est simple :
“Écoutez, observez, parlez. Car même les petits signes peuvent dire beaucoup.”
Conclusion – Voir ce que l’on ne veut pas voir

L’histoire de Fraser nous enseigne une chose essentielle : la maladie ne prévient pas toujours, mais elle murmure avant de crier. Savoir écouter ces murmures, c’est offrir une chance d’agir tôt, de se préparer, d’aimer mieux. À travers sa chaîne YouTube et ses confidences, Fraser brise le silence autour d’un sujet encore tabou. Pour les personnes âgées qui lisent ces lignes, peut-être avez-vous vous-même connu quelqu’un touché par l’Alzheimer. Peut-être aussi, avez-vous eu l’intuition que quelque chose clochait chez un proche. Dans ces moments-là, souvenez-vous que parler, c’est déjà agir.
Et vous, quels petits signes avez-vous remarqués chez un être cher ?