Allons, soyons honnêtes. Qui n’a jamais emporté son téléphone aux toilettes pour faire défiler les actualités, répondre à un message ou regarder une petite vidéo ? C’est devenu un réflexe pour beaucoup d’entre nous. Une habitude qui semble si normale, si inoffensive. Et pourtant, une nouvelle étude vient de sonner l’alarme : ce petit moment d’évasion pourrait avoir des conséquences plutôt… désagréables.
Des chercheurs ont en effet découvert que les personnes qui utilisent leur smartphone sur le trône ont un risque bien plus élevé de développer des hémorroïdes. Pour parler simplement, ce sont des veines qui gonflent dans la partie basse du rectum et de l’anus, et qui peuvent provoquer des douleurs et des saignements. L’étude est formelle : le risque augmente de 46 % pour les adeptes du téléphone aux toilettes. Bien sûr, ce n’est pas le téléphone lui-même le coupable, mais plutôt le fait qu’il nous fait oublier le temps qui passe et nous pousse à rester assis bien plus longtemps que nécessaire.
Ce n'est pas vraiment une surprise, si ?
Si cette nouvelle vous surprend, sachez que les médecins, eux, nous préviennent depuis des années. Vous avez peut-être déjà vu passer des titres d’articles comme « Ne restez pas assis sur les toilettes plus de 10 minutes, alertent les médecins ». Ce n’est pas nouveau. Les gastro-entérologues (les spécialistes de la digestion) conseillent depuis longtemps de ne pas dépasser cinq petites minutes.
Le docteur Trisha Pasricha, qui a co-dirigé la nouvelle étude, le confirme : « C’est ce que j’ai entendu pendant toute ma formation, c’est ce que les médecins plus âgés m’ont appris, et c’est ce que j’ai toujours répété à mes patients ». C’était une sorte de conseil de bon sens, une recommandation que tout le monde dans le milieu médical semblait partager.
Enfin des preuves scientifiques concrètes
Alors, si tout le monde le disait déjà, pourquoi faire une nouvelle étude ? Eh bien, parce que jusqu’à présent, les preuves scientifiques étaient plutôt minces. Les quelques études qui existaient se basaient sur ce que les gens déclaraient eux-mêmes, sans véritable vérification médicale. Et comme l’explique avec humour le Dr Pasricha, il est facile de se tromper : « Il y a toutes sortes de petites bosses et de bosses sur nos fesses qui ne sont en fait pas du tout des hémorroïdes ».
C’est ce qui rend cette nouvelle recherche si importante. Cette fois, les scientifiques ne se sont pas contentés de poser des questions. Ils ont réalisé des coloscopies, un examen médical qui permet de voir directement ce qui se passe à l’intérieur. Et les résultats ont confirmé ce que les médecins soupçonnaient depuis longtemps. Pour la première fois, ils ont des données solides à présenter. Comme le dit le Dr Pasricha, « c’est agréable d’avoir enfin des chiffres concrets à offrir aux patients ».
Une vieille histoire : la lecture aux toilettes
Rester longtemps aux toilettes, ce n’est pas une invention moderne. Loin de là ! C’est une tradition qui remonte à… aussi longtemps qu’il y a des toilettes. Figurez-vous que les Romains avaient des bibliothèques dans leurs bains publics pour lire tranquillement. Au Moyen Âge, on disait que les toilettes d’un château fort étaient le meilleur endroit pour lire sans être dérangé.
Au 18ème siècle, un certain Lord Chesterfield racontait qu’un de ses amis lisait les poètes latins « dans la petite maison ». Et avant l’invention du papier toilette, au début des années 1800, les gens utilisaient souvent les pages de ce qu’ils lisaient, comme le vieil almanach du fermier. On a même commencé à faire des trous dans le coin de l’almanach pour pouvoir l’accrocher dans les toilettes ! On a tous connu les magazines ou les catalogues qui traînaient dans ce petit coin. Bref, l’humanité a toujours aimé lire aux toilettes.
Le smartphone, un piège bien plus redoutable
Mais voilà, il y a une énorme différence entre un livre et un smartphone. Un livre, un journal, même le plus passionnant des catalogues, ça a une fin. On lit la dernière page et c’est terminé. Le smartphone, lui, n’a pas de fin. Surtout avec les applications comme TikTok ou Facebook.
« Les smartphones sont très différents des autres supports de lecture », explique le Dr Pasricha. « Ils sont conçus pour maximiser le temps que vous passez dessus. » Le flux de vidéos et de nouvelles est infini. On se dit « encore une petite minute », et trente minutes plus tard, on y est encore. C’est un piège dans lequel on tombe tous, un peu sans s’en rendre compte. On pense y passer cinq minutes et on se retrouve à y passer beaucoup, beaucoup plus de temps.
Le vrai danger : la perte de la notion du temps
Et c’est peut-être ça, la découverte la plus importante de l’étude. Ce n’est pas tant que le téléphone nous fait rester plus longtemps. Le vrai problème, c’est que nous ne nous en rendons pas compte. L’étude a révélé que 65 % des utilisateurs de smartphone n’avaient aucune conscience du temps supplémentaire qu’ils passaient aux toilettes à cause de leur téléphone.
Le Dr Pasricha le dit très bien : « Le temps se déforme lorsque vous fixez ces écrans ». Quand quelque chose est très captivant, on perd rapidement la notion de ce qu’on fait. Et les conséquences pourraient aller au-delà des simples hémorroïdes. À long terme, cette habitude pourrait même modifier le fonctionnement des muscles de notre plancher pelvien. C’est un sujet que les chercheurs commencent tout juste à explorer, et qui pourrait révéler d’autres problèmes de santé à l’avenir.
Conclusion : alors, on fait quoi maintenant ?
Pas de panique, il ne s’agit pas d’interdire complètement la lecture aux toilettes. C’est une tradition trop ancrée ! Mais il faut être plus malin. Essayez de vous fixer une limite, par exemple en mettant un minuteur sur votre téléphone pour ne pas dépasser cinq minutes. Ou alors, décidez de ne regarder que deux ou trois vidéos, pas plus.
Pourquoi ne pas ressortir un vieux magazine ou un bon livre de poche ? Et si, comme beaucoup de gens, vous allez aux toilettes simplement pour avoir un peu de paix et être seul, il y a une solution encore plus simple, suggérée par le Dr Pasricha. Vous n’êtes pas obligé de vous asseoir sur la cuvette ouverte si tout ce que vous voulez, c’est un moment de calme. Sa solution ? « Fermez simplement l’abattant. » Vous aurez votre tranquillité, sans prendre de risque pour votre santé. Parfois, les meilleures solutions sont les plus simples.
Selon la source : slate.com