« Le temps n’est pas cassé » : les autorités américaines corrigent un décalage de 4,8 microsecondes
Auteur: Mathieu Gagnon
Un coup de vent qui ralentit l’histoire

Vous avez déjà eu l’impression que le temps passait un peu moins vite certaines semaines ? Eh bien, pour une fois, ce n’était peut-être pas qu’une impression. Enfin, si vous habitez aux États-Unis, du moins. Tout a commencé mercredi dernier, après qu’une tempête de vent particulièrement méchante — et je pèse mes mots — a frappé la ville de Boulder, dans le Colorado. Ce n’était pas juste un peu de brise, c’était le genre de tempête qui fait des dégâts.
La conséquence inattendue de ce chaos météorologique ? L’heure officielle des États-Unis a ralenti. Oui, elle a dérivé. Le National Institute of Standards and Technology (NIST), qui est un peu le gardien du temps là-bas, a dû monter au créneau pour rassurer tout le monde. « Le temps n’est pas cassé », ont-ils affirmé. Une précision nécessaire après qu’une coupure de courant a provoqué un décalage de l’ordre de 4,8 millisecondes (ou microsecondes, c’est un peu le bazar dans les chiffres, on va y revenir) au cours de la semaine dernière.
Une machinerie complexe mise à rude épreuve

Pour comprendre comment une simple panne de courant peut affecter le temps lui-même, il faut regarder comment on le mesure. Depuis 2007, l’heure officielle américaine, qu’on appelle le NIST UTC, est définie par cet institut. Ce n’est pas une simple montre à gousset, croyez-moi. Ils utilisent une moyenne pondérée — pas une simple moyenne arithmétique, attention — de 16 horloges atomiques situées dans leur laboratoire de Boulder.
C’est là que ça devient vertigineux. Ils mesurent la durée de, tenez-vous bien, 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium-133. C’est précis, hein ? Le NIST explique que les horloges les plus stables ont plus de « poids » dans ce calcul. Mais voilà, mercredi, la tempête a coupé le jus. Les générateurs de secours ont pris le relais, mais comme l’a expliqué Jeff Sherman, chef de groupe pour la réalisation et la distribution du temps, l’un des générateurs cruciaux a lâché.
Dans un e-mail, Jeff a précisé : « Lors de la perte de courant initiale, il n’y a pas eu d’impact immédiat… Cependant, nous avons maintenant des preuves solides que l’un des générateurs cruciaux a échoué ». Résultat ? La chaîne de distribution du signal primaire, y compris vers le Boulder Internet Time Service, a été touchée. Heureusement, un autre bâtiment abrite d’autres horloges sur un générateur différent, ce qui devrait permettre de tout réaligner sans avoir besoin d’aide extérieure.
4 microsecondes : Faut-il s’inquiéter ?

Alors, est-ce que vous allez arriver en retard à votre rendez-vous chez le dentiste à cause de ça ? Probablement pas. Rebecca Jacobson, la porte-parole du NIST, a tenu à remettre les pendules à l’heure, si je puis dire, sur CBS News. Le décalage pour certains systèmes était d’environ 4 microsecondes. Pour nous, simples mortels, c’est invisible. Jacobson a donné une comparaison parlante : cligner des yeux prend environ 350 000 microsecondes. Et claquer des doigts ? Ça, c’est 150 000 microsecondes.
Donc, perdre 4 microsecondes (soit 4 millionièmes de seconde), c’est vraiment une goutte d’eau dans l’océan. Jeff Sherman a ajouté une couche technique intéressante : le NIST est d’habitude 5000 fois plus performant que ça, à l’échelle de la nanoseconde. Mais pour le grand public qui utilise l’heure via Internet, l’incertitude est déjà de l’ordre d’une milliseconde (un millième de seconde) à cause des fluctuations des paquets de données. Autrement dit, pour l’utilisateur lambda, ce décalage est noyé dans le bruit de fond habituel du web.
Conclusion : Tout est bien qui finit bien (ou presque)

Cela dit, pour certains, c’est un vrai casse-tête. Je pense notamment aux industries de pointe comme les télécommunications ou l’aérospatiale. Pour eux, une dérive de quelques microsecondes, c’est sérieux. Le NIST avait heureusement prévenu ces utilisateurs « haut de gamme » de la panne potentielle pour qu’ils puissent basculer sur d’autres réseaux.
Finalement, le système a basculé sur l’utilisation des horloges du campus WWV/Ft. Collins du NIST comme référence, via les satellites GPS. Une sorte de roue de secours technologique. Jeff Sherman a conclu en assurant que, rétrospectivement, la précision du service de temps Internet n’a pas été compromise pour le commun des mortels. Le temps a peut-être trébuché à Boulder, mais il ne s’est pas arrêté. On peut respirer.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.