Aide humanitaire 2026 : Washington lâche 2 milliards, mais l’ONU doit « s’adapter ou mourir »
Auteur: Adam David
Un chèque sous haute tension

C’est une nouvelle qui a l’effet d’une douche écossaise pour la communauté internationale. Lundi, les États-Unis ont mis sur la table une première tranche de 2 milliards de dollars pour l’aide humanitaire de l’ONU en 2026. Une somme colossale ? Peut-être, mais c’est bien moins que ce à quoi nous étions habitués ces dernières années. Et surtout, le message qui accompagne ce virement est glacial, pour ne pas dire brutal : les agences onusiennes vont devoir « s’adapter, rétrécir ou mourir ». On sent bien que l’époque a changé.
Cette annonce, faite à la représentation américaine à Genève en présence de Tom Fletcher, le chef des opérations humanitaires de l’ONU, ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit pile dans le contexte des coupes drastiques de l’aide extérieure décidées par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. Washington ne se contente plus de signer des chèques ; ils veulent réformer en profondeur la machine, changer la manière dont chaque dollar est dépensé.
Finie la distribution automatique : place au « Reset » humanitaire

Jeremy Lewin, qui s’occupe de l’aide internationale au département d’État, a tenté d’arrondir les angles lors de la conférence de presse, affirmant qu’ils espèrent que ces 2 milliards ne sont « pas la fin, mais seulement le début d’un partenariat ». Un partenariat, oui, mais à quelles conditions ? L’objectif affiché est clair : construire un dispositif « réformé, allégé et plus efficace ». C’est un moment charnière, c’est certain.
Concrètement, comment ça va se passer ? C’est là que ça devient technique. Au lieu d’arroser chaque agence onusienne directement, les fonds transiteront désormais par le bureau de M. Fletcher, l’Ocha. Ce dernier a d’ailleurs lancé en mars une initiative au nom évocateur : le « Humanitarian Reset », ou réinitialisation humanitaire. L’idée est de centraliser pour mieux contrôler.
Sur X (l’ancien Twitter, on s’y fait toujours pas…), le secrétaire d’État Marco Rubio n’y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, ce nouveau modèle va permettre de partager le fardeau avec d’autres pays développés. Il exige que l’ONU se « débarrasse du superflu », qu’elle supprime les doublons et mette en place des mécanismes de contrôle stricts. Le département d’État a même enfoncé le clou dans un communiqué assez virulent : l’accord exige de réduire les « lourdeurs bureaucratiques » et les « dérives idéologiques ». Le message est passé : maigrir ou disparaître.
Une « superpuissance » qui choisit ses bénéficiaires

Malgré la rudesse du ton, Tom Fletcher a salué cette « contribution importante » qui, selon lui, aidera à sauver des millions de vies. Il a même qualifié les États-Unis de « superpuissance humanitaire mondiale ». Un peu de pommade ne fait jamais de mal dans ces négociations tendues, j’imagine. Il a insisté sur le fait que les contribuables américains méritent de savoir où va leur argent et quel est son impact réel. Jeremy Lewin a d’ailleurs précisé que l’Ocha devra administrer ces fonds en respectant des « obligations » précises et, c’est important de le noter, en s’assurant que cela répond aux « intérêts nationaux américains ».
Et ces intérêts sont ciblés. Pour l’instant, Washington a identifié une liste précise de 17 pays éligibles à ces fonds. On y retrouve les zones de crises majeures : la République démocratique du Congo, Haïti, l’Ukraine, la Syrie, la Birmanie, le Bangladesh, le Tchad, le Nigeria, l’Éthiopie et le Soudan du Sud, pour ne citer que ceux-là. C’est une approche très dirigiste.
L’effondrement des chiffres : des choix de vie ou de mort

Il faut dire que la situation financière est catastrophique, et les chiffres donnent le tournis. En 2025, l’ONU avait lancé un appel humanitaire de plus de 45 milliards de dollars. Le résultat ? On a récolté à peine un peu plus de 12 milliards. C’est le niveau le plus bas depuis une décennie. C’est effrayant quand on y pense.
Pourtant, les besoins explosent. Quelque 240 millions de personnes sont victimes de guerres, d’épidémies ou du climat. Pour 2026, l’ONU aurait théoriquement besoin de 33 milliards de dollars pour aider 135 millions d’entre elles à Gaza, au Soudan, en RDC ou ailleurs. Mais face à la réalité du chéquier, Tom Fletcher a dû se résoudre au pragmatisme (ou au cynisme forcé ?). Début décembre, il a lancé un appel restreint à 23 milliards de dollars pour tenter de sauver au moins 87 millions des personnes les plus en danger.
Il a qualifié ce plan d’« hyperpriorisé », basé sur des « choix insoutenables de vie ou de mort ». C’est terrible à écrire. Et les États-Unis, bien que restant le premier donateur mondial en 2025, illustrent parfaitement ce retrait massif : leur aide a chuté à 2,7 milliards de dollars cette année-là, contre 11 milliards en 2024. Une dégringolade vertigineuse qui laisse présager des lendemains difficiles pour l’aide internationale.
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