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Disparue pour de bon : après 40 ans de silence, la seule musaraigne d’Australie est officiellement « éteinte »
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une page se tourne définitivement

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C’est un verdict qui tombe comme un couperet, froid et administratif, mais lourd de sens pour notre biodiversité. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a tranché : la musaraigne de l’île Christmas (connue scientifiquement sous le nom de Crocidura trichura) a été déplacée dans la catégorie fatidique des espèces « Éteintes ». Elle ne fait d’ailleurs pas ce voyage seule, puisqu’elle rejoint cinq autres espèces dans cette mise à jour de 2025.

Pour être tout à fait honnête, on s’y attendait un peu, non ? Cela fait tout de même 40 ans que personne n’a aperçu le bout de son museau. Autrefois commune sur l’île Christmas, cette petite créature s’est effacée progressivement, laissant derrière elle un silence pesant. C’est d’autant plus triste que l’espèce éteinte était une proche cousine de la Crocidura russula (la musaraigne musette), que nous connaissons mieux. Mais voilà, l’espoir de la revoir s’est officiellement éteint en octobre 2025.

L’île Christmas : Un paradis qui perd sa voix

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Si vous n’êtes jamais allé sur l’île Christmas, en Australie, imaginez un endroit qui semble sortir tout droit d’un autre monde. C’est le foyer d’espèces uniques que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre. On pense immédiatement aux charismatiques crabes de l’île Christmas, dont la migration annuelle épique pour frayer est un spectacle hallucinant, ou encore à l’étrange Fou d’Abbott (Abbott’s booby). C’est un joyau naturel, c’est indéniable. Mais depuis octobre 2025, il faut se rendre à l’évidence : l’île compte officiellement une musaraigne de moins.

Ce qui est fou, c’est de penser à l’impact sonore qu’avait ce tout petit animal. Ce n’était qu’une musaraigne, certes, mais elle dominait le paysage sonore. Les naturalistes européens qui ont visité l’île dans les années 1890 étaient formels. Ils notaient à quel point « ce petit animal est extrêmement commun partout sur l’île ». Et la nuit ? C’était un concert. Son cri perçant, décrit comme ressemblant à celui d’une chauve-souris, pouvait être entendu de tous les côtés. Aujourd’hui, ce cri s’est tu, étouffé par les changements radicaux que nous avons, disons-le franchement, provoqués.

Les coupables : Rats, serpents et parasites

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Alors, que s’est-il passé ? L’arrivée d’un autre mammifère a tout bouleversé. On estime que la musaraigne de l’île Christmas est au moins la troisième espèce de mammifère à s’éteindre sur l’île en conséquence directe de l’introduction, par les humains, des rats noirs invasifs il y a environ 100 ans. C’est une hécatombe. Elle rejoint ainsi le triste club du « rat-bulldog » (Rattus nativitatis) et du rat de Maclear, deux espèces natives qui ont probablement succombé à des parasites appelés trypanosomes, transportés par ces fameux rats noirs.

Comme si cela ne suffisait pas, l’introduction du serpent-loup asiatique dans les années 1980 a probablement ajouté une pression supplémentaire insupportable. Ce prédateur est d’ailleurs soupçonné d’être responsable de la perte de la pipistrelle de l’île Christmas et de plusieurs reptiles indigènes. C’est un effet domino catastrophique. La perte de cette musaraigne s’inscrit malheureusement dans une tendance très inquiétante pour l’Australie, qui a perdu 39 espèces depuis 1788. Rendez-vous compte : cela représente environ 10 pour cent de toutes ses espèces de mammifères terrestres. C’est énorme, non ? Il est toujours difficile de savoir quand une espèce est « vraiment » perdue, surtout quand il s’agit de créatures petites et insaisissables, mais ces mises à jour sont un rappel brutal qu’il faut agir maintenant.

Conclusion : Entre pessimisme et lueur d’espoir

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John Woinarski, professeur de biologie de la conservation à l’Université Charles Darwin, a écrit des mots très justes pour The Conversation. Selon lui, « la perte de la musaraigne est un rappel de l’énormité du défi consistant à prévenir d’autres extinctions ». Il souligne la diversité des causes de ces pertes et la nécessité absolue d’un engagement national et politique. Il garde pourtant une note poétique, presque désespérée : « J’espère que la musaraigne de l’île Christmas n’est pas éteinte ; après tout, elle a défié les appels précédents annonçant sa disparition. Peut-être que quelque part, une petite famille furtive de musaraignes s’accroche… des survivants insaisissables, attendant de prouver que les pessimistes ont tort. »

On aimerait y croire, hein ? La mise à jour de la Liste rouge de l’UICN a également nommé cinq autres espèces passant dans la catégorie Éteinte, y compris le courlis à bec grêle (Numenius tenuirostris), un oiseau de rivage migrateur dont la dernière observation remonte à 1995 au Maroc. Les reverrons-nous un jour ? Eh bien… tout dépend de votre définition de la dé-extinction et de ce que l’avenir nous réserve.

Selon la source : iflscience.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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