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« Le Prince » des cavernes : une agonie de plusieurs jours après une attaque d’ours il y a 27 000 ans
Crédit: credit : Lorenzo Donzelli via Wikimedia Commons (Public Domain)

Une découverte royale qui cachait un drame absolu

credit : lanature.ca (image IA)

C’est l’une de ces histoires qui vous glacent le sang, même à des millénaires de distance. On l’appelle « Il Principe », ou « Le Prince ». Ce surnom, un peu pompeux je vous l’accorde, lui a été donné en raison de l’incroyable richesse de sa sépulture. Ce jeune adolescent, dont les restes ont été découverts en 1942 dans la grotte d’Arene Candide, au nord de l’Italie, reposait là depuis une éternité… ou pour être plus précis, depuis une période située entre 27 900 et 27 300 ans, en plein cœur du Gravettien (Paléolithique supérieur).

Mais ne vous fiez pas au faste apparent de sa tombe. Si ce gamin a reçu un enterrement digne d’un roi, sa fin de vie a été, disons-le franchement, cauchemardesque. Les chercheurs qui se sont penchés récemment sur son cas suggèrent qu’il a subi l’une des morts les plus atroces de l’histoire humaine. Ce n’était pas une maladie douce ou un départ paisible dans son sommeil, loin de là. Il a eu le visage et la poitrine littéralement arrachés par un grand prédateur.

Lorsqu’ils ont fouillé la tombe, les archéologues ont trouvé une panoplie d’objets funéraires opulents : des centaines de coquillages percés, des bois de cerf sculptés, des pendentifs en ivoire de mammouth et une lame de silex que l’on imagine être un symbole de grand prestige. C’est magnifique, certes, mais cela contraste terriblement avec l’état du squelette. Il manque une partie de sa mâchoire et sa clavicule, et les os racontent une histoire de violence brute.

Un accident de la route… à l’époque préhistorique

credit : lanature.ca (image IA)

En réexaminant le squelette pour une nouvelle étude, les auteurs ont mis au jour des détails assez terrifiants. Le « Prince » ne s’est pas contenté d’avoir la mâchoire et l’épaule en compote. Il souffrait également de diverses fractures au crâne, aux dents et au cou, sans oublier un péroné perforé. C’est un véritable carnage. Pour vous donner une idée de la violence du choc, les chercheurs écrivent que ce schéma traumatique ressemble aux blessures que l’on voit aujourd’hui dans… les accidents de la route modernes. Sauf qu’évidemment, il n’y avait pas de voitures à l’époque.

Alors, qu’est-ce qui a pu causer de tels dégâts ? Les scientifiques ont écarté l’idée d’une chute de grande hauteur — il manque les fractures typiques des bras et des jambes qu’on verrait dans ce cas-là. La violence interpersonnelle ? Peu probable aussi. Un autre humain n’aurait sans doute pas pu pulvériser autant d’os au niveau de la mâchoire et de l’épaule. Il ne reste qu’une option plausible : une attaque animale, et pas n’importe laquelle.

Compte tenu de la faune qui peuplait le nord de l’Italie il y a 27 000 ans, les suspects sont des poids lourds. Les chercheurs évoquent l’ours brun, l’ours des cavernes, le léopard ou encore le lion des cavernes. Même s’ils ne peuvent pas désigner le coupable avec une certitude absolue, ils notent que la configuration des blessures ressemble bien plus à un mauling par un ours qu’à une attaque de félin. On imagine la scène, et c’est terrifiant.

Survivre à l’enfer : une lente agonie

credit : lanature.ca (image IA)

Le plus horrible dans cette histoire, ce n’est peut-être pas l’attaque elle-même, mais ce qui a suivi. Incroyablement, les os montrent des signes précoces de guérison. Cela signifie que « Le Prince » ne s’est pas éteint tout de suite sur le coup. Il a survécu. Il a vécu encore deux à trois jours après cette rencontre brutale. C’est difficile à concevoir, non ?

Il semble que l’animal, malgré sa férocité, n’ait pas réussi à sectionner les vaisseaux vitaux comme la veine jugulaire ou les artères carotide et sous-clavière. Si cela avait été le cas, l’adolescent se serait vidé de son sang en quelques minutes. Au lieu de cela, il a probablement été laissé là, se tordant de douleur. On peut supposer que ses proches ont tenté de l’aider, mais à cette époque, que pouvaient-ils faire ?

Il a fini par expirer, probablement suite à une défaillance organique, une hémorragie interne ou de graves lésions cérébrales. Une fin lente, douloureuse, qui a dû marquer profondément sa communauté.

Conclusion : Un rituel pour conjurer le sort ?

credit : lanature.ca (image IA)

C’est ici que l’interprétation des archéologues prend un tournant fascinant. Pendant longtemps, on a pensé que la richesse de la tombe — ces fameux pendentifs en ivoire et cette lame de silex — indiquait que ce garçon était un personnage de haut rang, une sorte de royauté préhistorique. Mais les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Anthropological Sciences, avancent une autre théorie, peut-être plus humaine.

Et si ces objets exceptionnels n’étaient pas là pour célébrer son rang, mais pour marquer l’horreur de sa mort ? Les chercheurs suggèrent que ces biens funéraires pourraient représenter une « sanction rituelle ». En gros, face à une tragédie aussi choquante, la communauté aurait ressenti le besoin de faire quelque chose de grandiose, non pas parce qu’il était riche, mais pour tenter de « contenir » rituellement cet événement traumatisant.

Cette théorie tient la route car, figurez-vous, toutes les sépultures les plus somptueuses de la période gravettienne concernent des individus présentant des blessures ou des malformations inhabituelles. Il semble donc que ces enterrements formels étaient accordés par nécessité, pour gérer ce que les chercheurs appellent des « événements exceptionnels et des personnes exceptionnelles ». Une façon, peut-être, de donner un sens à l’innommable.

Selon la source : iflscience.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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