Les « Globsters » comme le monstre de St Augustine s’échouent depuis des siècles, mais de quoi s’agit-il vraiment ?
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte gélatineuse sur les côtes de Floride

Fermez les yeux un instant et imaginez-vous en train de flâner sur une plage, le vent dans les cheveux, à la fin des années 1890. Tout semble paisible jusqu’à ce que… attendez, qu’est-ce que c’est que ça ? Une bête immense est étalée sur le sable, une masse gélatineuse et amorphe qui s’étend sur pas moins de 5,5 mètres de long (soit 18 pieds) et 2,1 mètres de large (7 pieds). C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui un « globster », un terme un peu barbare inventé bien plus tard, en 1962, pour désigner ces créatures marines non identifiées qui s’échouent mystérieusement sur nos rivages.
C’est exactement le spectacle surréaliste qui attendait deux jeunes garçons qui se promenaient tranquillement sur l’île Anastasia, en Floride, en cette année 1896. On peut imaginer leur stupeur ! Ni une ni deux, ils ont sauté sur leurs vélos pour pédaler à toute vitesse et signaler leur étrange découverte. Le lendemain, ils étaient rejoints par le Dr DeWitt Webb, une figure locale importante puisqu’il était le fondateur de la Société historique et de l’Institut des sciences de St Augustine.
Le Dr Webb, pour être franc, était complètement dépassé. Devant lui se trouvait une énorme masse de chair qui semblait posséder au moins quatre membres mutilés et une région ressemblant vaguement à une tête. Après avoir tourné autour du problème, il en a conclu qu’il devait s’agir des restes d’une créature semblable à une pieuvre, mais d’une taille démesurée. Pour en avoir le cœur net, il a expédié des échantillons et des photographies à l’Université de Yale. C’était le début d’une longue énigme.
L’hypothèse de l’Octopus giganteus et les débats scientifiques

À Yale, l’affaire a été prise très au sérieux. Le professeur Addison Emery Verrill, un zoologiste spécialisé dans les invertébrés, soupçonnait qu’aucune créature de ce type n’avait jamais été identifiée auparavant. Emporté par l’enthousiasme de la découverte, il a provisoirement baptisé le « monstre de St Augustine » du nom scientifique d’Octopus giganteus. Imaginez un peu la fierté d’avoir potentiellement découvert une nouvelle espèce géante !
Cependant, cette gloire scientifique fut de courte durée. En examinant les échantillons de plus près, Verrill a dû se raviser. Il a finalement décidé que ces restes n’étaient pas ceux d’une pieuvre mythique, mais plus prosaïquement ceux d’une baleine. Une déception, peut-être ? Sans doute. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car la véritable identité du monstre de St Augustine a continué d’alimenter les débats pendant plusieurs décennies. C’était un véritable casse-tête pour les chercheurs.
De multiples analyses de suivi ont été effectuées sur les tissus et soumises à divers journaux scientifiques, sans jamais clore définitivement le dossier. Il a fallu attendre un siècle, ou presque. En 2003, l’arrivée d’un nouveau « globster », surnommé le « Blob chilien », a offert aux scientifiques des échantillons frais. C’était l’occasion rêvée de comparer ce nouveau venu avec les reliques du vieux monstre de Floride et de tirer cette affaire au clair une bonne fois pour toutes.
La science moderne lève le voile : Adieu les monstres, bonjour les cétacés

C’est une étude de 2004 qui a fini par vendre la mèche, grâce à la magie de la microscopie électronique. Les chercheurs ont découvert que le fameux Blob chilien contenait un réseau de cellulose tout à fait comparable à celui que l’on trouve dans la graisse de baleine. Mais ce n’est pas tout. Les analyses ADN ont enfoncé le clou en révélant qu’une section du gène mitochondrial correspondait exactement à celle d’un grand cachalot, le Physeter macrocephalus.
Les auteurs de l’étude ont été formels dans leurs conclusions : « Ces résultats démontrent sans équivoque que le Blob chilien est le reste presque entièrement décomposé de la couche de graisse d’un cachalot ». Et ils ne se sont pas arrêtés là. Cette identification a permis de résoudre d’autres mystères par ricochet. Ils ont affirmé que c’était la même chose pour d’autres reliques célèbres, comme la soi-disant pieuvre géante de St Augustine (notre ami de Floride), mais aussi le « monstre de la côte ouest de Tasmanie », les deux « Blobs des Bermudes » et le « Blob de Nantucket ».
Il semble donc clair désormais que toutes ces masses informes qui excitent l’intérêt populaire et cryptozoologique sont, en réalité, les restes décomposés de grands cétacés. C’est peut-être moins romantique qu’un monstre marin inconnu, mais c’est la réalité biologique. La graisse de ces animaux, très résistante, peut perdurer longtemps après que le reste du corps a disparu, créant ces formes étranges qui nous laissent perplexes.
Conclusion : Le mystère persiste malgré tout
Nous avons trouvé beaucoup de globsters depuis que le monstre de St Augustine a fait fuir ces gamins sur leurs vélos il y a plus d’un siècle. Et, croyez-le ou non, tous ne s’avèrent pas être des baleines du premier coup d’œil. Si vous vous demandez comment on peut encore douter de leur identité à notre époque, jetez simplement un œil aux photos de cette masse sans visage de 8 mètres de long (26 pieds) qui s’est échouée au Pays de Galles il n’y a pas si longtemps.
Cette chose avait d’étranges « dents » et une allure qui défie l’entendement. Même avec nos connaissances actuelles, la mer parvient toujours à nous surprendre et à nous dégoûter un peu, il faut bien l’avouer. Alors, baleine ou pas, ces découvertes continueront probablement de piquer notre curiosité et notre imagination pour les siècles à venir.
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