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Lumière et matière : quand une simple torsion révèle une physique exotique insoupçonnée
Crédit: lanature.ca (image IA)

Tordre la réalité pour voir ce qui résiste

credit : Liang et al., Nature Physics (2025), DOI: 10.1038/s41567-025-03115-0

Vous avez déjà essayé de comprendre la topologie ? C’est un peu comme… enfin, imaginez des propriétés qui restent stoïques, immuables, même quand on étire ou qu’on plie la matière dans tous les sens. C’est fascinant, non ? Ces propriétés dites topologiques peuvent faire émerger des effets physiques assez dingues dans certains systèmes. Depuis quelques années, pas mal de physiciens se penchent sur ce qu’on appelle les systèmes non-hermitiens. En gros, ce sont des systèmes ouverts, un peu comme une fenêtre laissée entrouverte, qui échangent de l’énergie avec leur environnement.

Eh bien, figurez-vous que des chercheurs de l’Université technologique de Nanyang et de l’Université nationale australienne ont décidé d’aller fouiller là-dedans. Ils ont voulu sonder ces phénomènes topologiques non-hermitiens, mais pas n’importe comment : dans des systèmes où la lumière et la matière interagissent fortement. Leurs résultats, publiés tout récemment dans Nature Physics (on parle de 2025 là, avec le DOI 10.1038/s41567-025-03115-0, pour ceux qui veulent les détails pointus), montrent un comportement jamais vu auparavant. Ils ont utilisé des quasi-particules, les excitons-polaritons, qu’ils ont soigneusement tordues — littéralement — à l’intérieur d’une cavité optique.

Rui Su, l’auteur principal, a expliqué à Phys.org que leur boulot était motivé par un vieux défi de la physique. Le problème, c’est que même si la topologie non-hermitienne est à la mode, c’est une galère pas possible de la réaliser dans un système photonique actif qu’on peut contrôler. Souvent, il faut des champs magnétiques ou des composants externes encombrants. Eux, ils voulaient faire ça proprement, sans tout cet attirail.

La recette secrète : Cristal pérovskite, cristaux liquides et une bonne torsion

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, comment ils ont fait ? C’est là que ça devient technique, mais accrochez-vous. Les excitons-polaritons se forment quand des particules de lumière (les photons, vous connaissez) décident de se coupler fortement avec des paires électron-trou liées (les excitons). C’est un mariage hybride parfait pour étudier cette physique un peu bizarre, car ces quasi-particules combinent plusieurs avantages. Elles peuvent amplifier, absorber et perdre de la lumière, mais on peut aussi jouer avec leur moment angulaire intrinsèque (le spin) et l’orientation du champ lumineux (la polarisation).

Su disait justement que malgré ces atouts, obtenir cette fameuse topologie non-hermitienne restait insaisissable. C’est dur de fabriquer le spectre exact qu’on veut. Leur but ? Trouver un mécanisme simple. Juste un truc pour régler, voire inverser la topologie à la demande. Pour leur étude, Su et ses collègues ont construit une minuscule cavité optique. À l’intérieur ? Un cristal de pérovskite et des cristaux liquides. Ils n’ont pas choisi ça au hasard : ce matériau interagit fortement avec la lumière, ce qui facilite la création de ces fameux excitons-polaritons.

Et c’est là que le génie opère : ils ont introduit une torsion géométrique contrôlée entre le cristal de pérovskite et les couches de cristaux liquides. Pour voir ce que ça donnait, ils ont sorti l’artillerie lourde en termes de mesures optiques : énergie, impulsion, polarisation, distribution spatiale… tout y est passé. Su explique qu’ils ont d’abord utilisé la spectroscopie de photoluminescence résolue en angle. Ça leur a permis de cartographier les relations de dispersion des polaritons. En gros, voir l’énergie en fonction de l’impulsion dans le plan. Ils ont même pu distinguer les états avec des polarisations de spin opposées.

L’effet de peau et cette étrange asymétrie qui change la donne

credit : lanature.ca (image IA)

Ce n’était que le début. Su et son équipe ont ensuite collecté ce qu’on appelle des mesures de largeur de raie. C’est un indicateur précieux du gain et de la perte de lumière, qui trahit les effets non-hermitiens. En ajustant les spectres d’émission à chaque impulsion, ils ont extrait des largeurs de raie dépendantes de l’impulsion pour différents états de spin. Et là… surprise ! Ou peut-être pas, si on suit leur logique.

Sous cette configuration tordue (dans le sens géométrique, hein), ils ont observé une nette asymétrie de largeur de raie entre les états de polaritons à des impulsions opposées (+k et -k). Su précise que comme le spin du polariton est verrouillé sur l’impulsion dans leur système, cette asymétrie reflète un gain et une perte nets dépendants du spin, induits par la torsion. C’est la signature expérimentale clé de la non-réciprocité.

En combinant ces données avec les mesures de dispersion, ils ont pu reconstruire le spectre énergétique complet. Ils ont visualisé tout ça avec une imagerie de photoluminescence résolue en énergie et en espace réel. Le résultat ? Les polaritons ne se comportaient pas comme prévu. Au lieu de s’étaler tranquillement, ils s’accumulaient près d’un bord de la structure. C’est ce qu’on appelle l’effet de peau non-hermitien (non-Hermitian skin effect). Le plus beau, c’est que quand ils ont tordu la structure dans l’autre sens, les polaritons se sont empilés sur le bord opposé ! La torsion agit donc comme un bouton de contrôle.

Conclusion : Vers des lasers du futur et au-delà

credit : lanature.ca (image IA)

C’est assez dingue quand on y pense, non ? Su résume bien la chose : leur travail offre un accès expérimental à un régime inexploré de non-réciprocité. Un simple paramètre géométrique — l’angle de torsion — devient un levier puissant. Pour l’avenir, ça promet. Cette topologie pilotée par la torsion pourrait servir à créer de nouveaux dispositifs photoniques, comme des lasers ou des systèmes logiques optiques.

Les chercheurs ne comptent pas s’arrêter là. Su parle déjà d’explorer comment ces effets interagissent avec la forte non-linéarité inhérente aux systèmes excitons-polaritons. Ils s’attendent à voir émerger de nouveaux états quantiques macroscopiques hors équilibre, peut-être même des formes non conventionnelles de condensation de Bose-Einstein. L’objectif final ? Combler le fossé entre les découvertes fondamentales et les technos de demain, comme des composants optiques ultra-rapides intégrés sur puce.

Selon la source : phys.org

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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