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La marine canadienne dans le viseur de Téhéran : coup de bluff ou vraie menace ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une étiquette terroriste pour nos marins

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C’est une nouvelle qui a de quoi surprendre, tombée ce mardi comme un cheveu sur la soupe. Le ministère iranien des Affaires étrangères a officiellement désigné la Marine royale canadienne comme étant une organisation terroriste. Oui, vous avez bien lu. Une décision qui peut sembler absurde au premier abord, mais qui s’inscrit dans une logique de représailles assez prévisible de la part de Téhéran.

Pourquoi viser nos marins ? C’est en réalité une riposte directe — bien que tardive — à une décision prise par le gouvernement canadien en 2024, qui visait l’armée idéologique du régime iranien. On va essayer de décortiquer ensemble le contexte de cette annonce et voir si c’est vraiment inquiétant ou si c’est juste du vent.

La loi du talion : retour sur les origines du conflit

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Pour comprendre, il faut remonter un peu le temps. Tout a commencé en juin 2024. À l’époque, Ottawa a pris la décision lourde de sens d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (le CGRI), qui est ni plus ni moins que l’armée idéologique de l’Iran, sur la liste des entités terroristes. Dominic LeBlanc, qui était alors ministre de la Sécurité publique, n’y avait pas été par quatre chemins. Il avait justifié cette mesure en pointant du doigt le « mépris total » du régime iranien pour les droits de la personne, après des mois de tensions politiques qui ne cessaient de grimper.

La réponse de l’Iran ? Elle se base sur le « principe de réciprocité ». Selon un communiqué de leur ministère des Affaires étrangères, l’action d’Ottawa serait « contraire aux principes fondamentaux du droit international ». Pour justifier leur contre-attaque, ils s’appuient sur une loi adoptée chez eux en 2019, dite loi sur « l’action réciproque ». C’est assez simple : ce texte leur permet — ou plutôt les oblige — à riposter dès qu’un pays ose classer le CGRI comme terroriste. Toute nation qui s’y risque s’expose donc à des mesures miroirs.

Le Canada n’est d’ailleurs pas le premier à subir ce traitement, loin de là. Souvenez-vous, en 2019, sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis avaient ajouté le CGRI à leur liste noire. C’était historique : jamais Washington n’avait qualifié l’armée d’un autre État de terroriste. La réplique ne s’était pas fait attendre : Téhéran avait immédiatement désigné tous les soldats américains au Moyen-Orient comme terroristes et traité le gouvernement américain de « commanditaire du terrorisme ». Par contre, petit détail curieux : l’Australie a fait la même chose que nous le mois dernier, mais l’Iran n’a pas encore bougé le petit doigt contre eux.

Pourquoi maintenant ? Un régime qui montre les dents

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Ce qui intrigue, c’est le timing. Pourquoi attendre 18 mois après la décision canadienne pour réagir ? Hamid Enayat, un politologue spécialiste de l’Iran, a une explication qui tient la route. Selon lui, le régime est en fait « extrêmement affaibli » et a désespérément besoin d’afficher sa puissance, ne serait-ce que pour rassurer ses propres troupes. « À mon avis, il n’est absolument pas surprenant que le régime cherche à faire des démonstrations de force », analyse-t-il.

Il faut dire que la situation intérieure en Iran est explosive. Un véritable vent de révolte souffle parmi la population. Les gens font face à une inflation galopante, avec une chute vertigineuse de la valeur de la monnaie nationale et une récession qu’on n’avait jamais vue à ce niveau. Des manifestations ont éclaté un peu partout dans les villes pour réclamer la fin du régime. Bref, quand ça va mal à la maison, on cherche souvent un ennemi à l’extérieur pour détourner l’attention.

Conclusion : Conséquences limitées et devoir de mémoire

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Alors, faut-il s’inquiéter ? Pas vraiment. Comme pour les États-Unis en 2019, l’impact reste essentiellement symbolique et diplomatique. Et diplomatiquement, entre Ottawa et Téhéran, c’est déjà le désert depuis plus de 13 ans. Le Canada a rompu ses relations en 2012, qualifiant déjà à l’époque le pays de « menace la plus importante pour la paix mondiale ». M. Enayat estime d’ailleurs que le risque d’une escalade réelle est « très faible » vu la fragilité actuelle du pouvoir iranien.

Faut-il pour autant regretter la fermeté du Canada ? Certainement pas. Le spécialiste rappelle que le CGRI a été créé avec « l’objectif explicite d’exporter le terrorisme » et que son empreinte se retrouve partout où il y a guerre et massacres au Moyen-Orient. Cette désignation était réclamée depuis longtemps, notamment par la communauté iranienne du Canada et les familles des victimes du vol PS752. On ne peut pas oublier ce drame de janvier 2020 : l’avion, abattu par le régime juste après son décollage de Téhéran, avait coûté la vie à 176 personnes, dont 85 Canadiens. C’est une plaie qui ne se refermera pas de sitôt.

Selon la source : ledevoir.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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