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L’Étoile de Bethléem : Et si la réponse se trouvait dans un vieux parchemin chinois ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une énigme céleste vieille de deux millénaires

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On a tous en tête cette image d’Épinal, un peu jaunie par le temps : les Rois Mages guidés par une lumière éclatante, traversant le désert pour trouver l’enfant Jésus. C’est joli, c’est touchant, mais pour les scientifiques… c’est un véritable casse-tête. Ça fait des décennies, que dis-je, des siècles que des chercheurs tentent de décoder ce que la Bible raconte pour voir si ça colle avec un événement historique réel. Est-ce que c’était une supernova ? Une conjonction planétaire ? Ou juste une belle métaphore ?

Jusqu’à présent, rien ne collait vraiment. Le mouvement de cette fameuse « Étoile de Bethléem » était trop bizarre pour correspondre aux objets célestes qu’on connaît. Enfin… c’est ce qu’on croyait. Une nouvelle étude, publiée assez récemment dans le Journal of the British Astronomical Association, vient un peu bousculer nos certitudes. Les auteurs y décrivent un candidat plus que sérieux pour expliquer ce phénomène observé il y a plus de 2000 ans. Et le plus surprenant ? La clé du mystère ne vient pas de Jérusalem ou de Rome, mais d’un ancien texte chinois décrivant une comète.

Un mouvement qui défie la logique… ou presque

credit : lanature.ca (image IA)

Parlons un peu de ce qui cloche avec le récit biblique, si vous le voulez bien. Dans l’évangile selon Matthieu, il est écrit que l’étoile « allait devant eux, jusqu’à ce qu’elle vienne et s’arrête au-dessus de l’endroit où était le jeune enfant ». Elle est aussi décrite comme étant dans le ciel oriental. Les auteurs de l’étude ont décortiqué chaque mot, chaque virgule de cette histoire. Ils notent : « Le passage indique qu’après avoir semblé précéder les Mages… elle a atteint une position au-dessus de la ville, peut-être au zénith, où son mouvement s’est arrêté de manière notable ».

Le souci, c’est que les étoiles et les planètes ne font pas ça d’habitude. À cause de la rotation de la Terre, tout ce petit monde a tendance à se lever à l’Est et à se coucher à l’Ouest. Un point c’est tout. Du coup, on avait le choix entre trois options : soit c’est un mythe total, soit c’est un miracle divin inexplicable, soit… c’est un événement naturel extrêmement rare. C’est là que ça devient intéressant. Certains chercheurs, un peu têtus – et c’est tant mieux – se sont accrochés à l’idée d’une explication physique.

Imaginez un objet en mouvement « géosynchrone » avec la Terre. En gros, il bouge à la même vitesse que notre rotation, ce qui donne l’illusion qu’il est figé, immobile au-dessus de nos têtes. C’est théoriquement possible avec une comète, si elle est au bon endroit et file à la bonne vitesse. On avait bien pensé à la comète de Halley, mais les dates ne collaient pas. Alors, les auteurs de cette nouvelle étude ont fouillé dans les archives mondiales pour trouver autre chose.

La piste chinoise : Le « Han Shu » et l’étoile balai

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C’est là que l’histoire prend une tournure fascinante, digne d’un bon roman policier historique. Les chercheurs ont mis la main sur un passage d’un document chinois appelé le Han Shu (l’Histoire de la dynastie des Han antérieurs). Ce texte mentionne une « étoile balai » — c’est le terme poétique pour une comète — apparue au « deuxième mois » de la « deuxième année ».

D’après les calculs, ce fameux « deuxième mois » de la « deuxième année » correspond à la période allant du 9 mars au 6 avril de l’an 5 avant notre ère (5 av. J.-C.). Ça tombe pile poil, non ? C’est exactement dans la fenêtre estimée pour la naissance de Jésus. Le texte précise aussi que l’objet a été visible « pendant plus de 70 jours », ce qui laisse penser que c’était quelque chose de très brillant, pas juste une petite lueur timide.

Il y a un autre détail qui renforce cette hypothèse. Cette période coïncide avec la fin du règne du roi Hérode, celui-là même qui, selon la Bible, a ordonné le massacre des enfants mâles de moins de deux ans. On sait historiquement qu’Hérode a gouverné la Judée en tant que roi client de Rome de 37 av. J.-C. jusqu’à 4 av. J.-C.. Tout semble s’aligner.

Pour vérifier si ça tenait la route physiquement, les chercheurs ont lancé des simulations numériques. Pas juste des calculs sur un coin de table, hein, de la vraie modélisation. Leurs résultats montrent que cette comète aurait pu passer suffisamment près de la Terre en juin de l’an 5 avant J.-C. pour présenter ce mouvement « géosynchrone temporaire ». L’orbite qui correspond le mieux suggère que la comète aurait semblé quasi stationnaire au-dessus de Bethléem pendant environ deux heures. Deux heures… juste assez pour marquer les esprits.

Pourquoi suivre une comète ? De la peur à l’espoir

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Mais attendez, il reste une question qui me taraude, et peut-être vous aussi. Pourquoi des sages auraient-ils suivi une comète ? Souvent, dans l’Antiquité, voir une comète, c’était plutôt mauvais signe, genre présage de catastrophe. L’équipe s’est posée la question : « Comment une comète apparaissant dans le Capricorne en mars/avril de 5 av. J.-C. a-t-elle pu convaincre les Mages qu’un roi était né ? ».

Pour comprendre, il faut se mettre dans la tête d’un astrologue de l’époque. Les chercheurs ont épluché les croyances culturelles et astrologiques auxquelles les Mages auraient pu être exposés. Et surprise… les comètes n’étaient pas toujours synonymes de malheur. Ils ont trouvé des mentions dans des textes gréco-romains et mésopotamiens où les comètes pouvaient être des présages positifs, voire divins.

Les auteurs expliquent qu’une critique majeure de l’hypothèse de la comète était cette idée que c’était forcément un « signe du mal ». Mais en regardant de plus près, notamment dans les textes mésopotamiens, certains présages liaient l’apparition d’une comète à des événements au sein des familles royales des royaumes clients. Il est donc tout à fait possible, je dirais même plausible, que cela ait influencé les Mages à croire qu’un nouveau roi de Judée venait de naître.

Alors, est-ce que la comète du Han Shu est bien celle de la Bible ? On ne le saura probablement jamais avec une certitude absolue. Mais comme le concluent les auteurs : « Cette étude montre qu’il n’est plus justifiable de prétendre qu’aucun événement astronomique ne pourrait avoir agi de la manière décrite par Matthieu ». Et ça, c’est déjà une sacrée découverte, vous ne trouvez pas ?

Selon la source : phys.org

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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