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Même l’Antarctique n’est pas épargné : les seuls insectes du continent mangent déjà du plastique
Crédit: Deux *Belgica antarctica* (moucherons de l’Antarctique) en train de s’accoupler — photo par Tasteofcrayons — œuvre dans le domaine public (le titulaire des droits a renoncé à ses droits). Source sur Wikimedia Commons

Une pollution qui ne connaît plus de frontières

credit : lanature.ca (image IA)

On a parfois l’impression, et c’est assez déprimant je dois dire, que les microplastiques sont absolument partout. On les retrouve au sommet des montagnes les plus inaccessibles, tapies au fond des océans, et même, ce qui est un peu effrayant, à l’intérieur de notre propre corps. C’est comme s’ils faisaient partie du décor maintenant, tombant du ciel comme une mauvaise pluie invisible. C’est inévitable, ou du moins c’est ce qu’on finit par croire. Mais s’il y a bien un endroit sur Terre qu’on imaginait épargné par notre désordre, c’est le pôle Sud. C’est en tout cas ce que se disait Jack Devlin, qui était alors doctorant en entomologie à l’Université du Kentucky. Il s’est posé une question assez simple en commençant ses recherches sur ce continent extrême : si le plastique est partout ailleurs, qu’en est-il des endroits vraiment isolés comme l’Antarctique ? Il s’est mis à lire sur les effets du plastique sur les insectes et la curiosité l’a piqué.

Malheureusement, quand lui et son équipe se sont mis au travail pour vérifier cette hypothèse, la réponse qu’ils ont trouvée était aussi décevante que ce qu’ils craignaient… voir peut-être même plus perplexe. Elisa Bergami, une écologue de l’Université de Modène et de Reggio d’Émilie qui a coécrit cette nouvelle étude, a confirmé la mauvaise nouvelle. Pour la première fois, ils ont détecté des fragments de microplastiques à l’intérieur du système digestif de larves de moucherons sauvages. Elle précise, et c’est peut-être la seule petite lueur d’espoir, que l’ingestion était rare. Cela a été détecté chez moins de 7 % des individus collectés sur le terrain. Mais ne nous voilons pas la face : ces découvertes confirment une chose terrible, c’est que les plastiques atteignent bel et bien les sols antarctiques.

Le Belgica antarctica : un petit survivant de l’extrême

credit : lanature.ca (image IA)

Parlons un peu de cette petite bête, le Belgica antarctica. C’est une créature minuscule, pas plus grande qu’un grain de riz, et franchement, elle force le respect. C’est techniquement une sorte de mouche, mais elle ne vole pas et, bonne nouvelle pour nous, elle ne pique pas non plus. Elle passe sa vie au sol, à grignoter de la mousse et des algues. Ce qui est incroyable, et un peu drôle quand on y pense, c’est que malgré sa taille ridicule, c’est le plus grand animal purement terrestre originaire de tout le continent ! Bon, c’est surtout parce que personne d’autre ne veut vivre là-bas, soyons honnêtes. Jack Devlin explique que ce sont des « poly-extrémophiles ». Ils supportent le froid intense, le dessèchement, le sel à haute dose, et même les grands écarts de température ou les radiations UV.

Mais ils ne sont pas là juste pour le décor. Ces petites bêtes jouent un rôle vital pour pratiquement tous les écosystèmes de l’Antarctique. En tant que larves, elles mangent toutes sortes de végétations et de détritus organiques. C’est un travail de nettoyage essentiel qui libère des nutriments vitaux dans le sol. Sans eux, ces nutriments resteraient bloqués dans des tas de déchets qui ne finiraient jamais de grandir. Comme c’est le seul insecte endémique de l’Antarctique, c’est une sacrée responsabilité qui pèse sur ses frêles épaules. Si quelque chose vient perturber leur travail, cela pourrait avoir des effets démesurés sur le biome de tout le continent. Et c’est là que l’inquiétude grandit. L’Antarctique a des niveaux de plastique bien plus bas que le reste de la planète, ce qui est une bonne chose selon Devlin, mais ils entrent quand même dans le système. La double question qui se pose est donc : est-ce que cela affecte ces moucherons ? Et est-ce que cela arrive déjà ?

Résistance en laboratoire et coûts cachés

credit : lanature.ca (image IA)

On sait que ce moucheron est un dur à cuire. Il résiste à la congélation, aux UV écrasants… mais le plastique ? C’était, comme le dit Devlin, « la grande question ». Est-ce que leur robustesse naturelle les protège contre ce nouveau stress qu’ils n’ont jamais vu, ou est-ce que cela les rend vulnérables ? Pour le savoir, l’équipe a mené une expérience assez simple mais révélatrice sur dix jours. Ils ont exposé des larves à un sol contaminé avec différentes concentrations de microplastiques. L’idée était de mesurer leur survie, leur métabolisme et leurs réserves d’énergie. L’hypothèse de départ semblait logique : plus il y a de plastique, plus ils en mangent, et plus leur santé décline.

Au début, surprise ! Les résultats étaient plutôt rassurants. Même avec les concentrations de plastique les plus élevées, le taux de survie n’a pas chuté, et leur métabolisme de base n’a pas changé. On aurait pu s’arrêter là et dire « tout va bien ». Mais en regardant de plus près, l’image est devenue plus nuancée, plus inquiétante. En surface, ils semblaient aller bien, mais les larves exposées à de fortes concentrations payaient un coût caché : leurs réserves de graisse étaient plus faibles. Et en Antarctique, le gras, c’est la vie, surtout pour survivre à l’hiver. Bien sûr, l’équipe reste prudente. C’était une expérience de dix jours, pas une étude de terrain à long terme — il y a, disons, quelques défis logistiques à faire ça là-bas. Peut-être que le fait qu’ils mangent lentement et vivent dans le froid limite les dégâts. On ne sait pas encore exactement à quel point c’est grave sans plus d’études.

Conclusion : Une présence rare mais réelle

credit : lanature.ca (image IA)

Il a fallu attendre une croisière de recherche en 2023 pour avoir le fin mot de l’histoire. Le bateau s’est arrêté sur 20 sites différents à travers 13 îles de l’Antarctique. Pour analyser tout ça, ils n’ont pas fait les choses à moitié : ils ont utilisé des techniques d’imagerie avancées, comme la spectroscopie micro-Raman et micro-FTIR, avec l’aide de centres internationaux comme Elettra Sincrotrone Trieste et le consortium CERIC. C’est du sérieux. Après avoir collecté 40 larves dans toute la région et analysé leurs entrailles, l’équipe a trouvé une nouvelle à la fois bonne et mauvaise. Bergami confirme qu’ils ont détecté pour la première fois des fragments, même si c’était rare : seulement deux larves sur le total avaient du plastique dans le ventre.

C’est un soulagement que ce soit si peu, c’est certain, mais c’est aussi un signal d’alarme retentissant. Cela confirme que le plastique est entré dans la chaîne écologique du continent. Avec le changement climatique qui ajoute déjà du stress, on peut se demander ce qui se passera si le problème s’aggrave. Jack Devlin résume bien le sentiment général : il a commencé ça en regardant un documentaire, en se disant que l’Antarctique devait être le dernier refuge. Et pourtant, on y va, on trouve cet insecte incroyable qui vit sans arbres, presque sans plantes, et on trouve quand même du plastique dans ses tripes. Ça nous fait vraiment réaliser à quel point le problème est étendu. L’Antarctique nous offre un écosystème plus simple pour poser des questions ciblées, et si on fait attention maintenant, comme le suggère l’étude publiée dans Science of The Total Environment, on pourrait apprendre des leçons valables bien au-delà des régions polaires.

Selon la source : iflscience.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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