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Une énigme vieille de 5 000 ans : mais comment ces loups sont-ils arrivés sur cette île isolée ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une découverte qui change notre regard sur le meilleur ami de l’homme

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C’est une histoire que l’on croit tous connaître, n’est-ce pas ? Celle du chien, ce fidèle compagnon qui, il y a bien longtemps, n’était qu’un loup sauvage. Au fil des générations, la bête féroce s’est adoucie pour devenir l’animal le plus compréhensif et le plus proche de l’humanité. C’est beau, c’est simple. Mais quand on y regarde de plus près, le chemin précis du point A au point B reste un véritable mystère. Est-ce que cette domestication était volontaire ? Était-ce un accident ? Et surtout, quand, où et comment tout cela s’est-il réellement passé ?

Jusqu’à présent, on en était réduits aux devinettes. Mais voilà qu’une nouvelle découverte vient ajouter une pièce fascinante, et franchement inattendue, à ce puzzle millénaire. Imaginez un peu : des ossements de loups anciens, datant d’entre 3 000 et 5 000 ans — en plein Âge du bronze — qui montrent des signes évidents d’une vie passée non pas en conflit, mais aux côtés des populations humaines locales.

Le plus incroyable dans cette affaire ? C’est l’endroit où on les a trouvés. Ces restes reposaient dans une grotte nommée Stora Förvar, située sur l’île de Stora Karlsö, en Suède. Pourquoi est-ce si surprenant ? Eh bien, cette île n’a aucun mammifère terrestre indigène et, tenez-vous bien, elle n’est accessible que par bateau. Il n’y a pas d’autre chemin.

Des passagers clandestins ? L’hypothèse du bateau

credit : lanature.ca (image IA)

On est d’accord, c’est déroutant. Des loups sur un bateau ? Cela ressemble au début d’une blague, mais c’est pourtant la seule explication logique. Comme l’a souligné le Dr Linus Girdland-Flink, maître de conférences à l’École d’archéologie de l’Université d’Aberdeen et l’un des auteurs principaux de l’étude, cette découverte est « complètement inattendue ». Il explique que non seulement ces animaux avaient une ascendance indiscernable des autres loups eurasiens, mais qu’ils semblaient vivre paisiblement avec les humains, allant même jusqu’à manger leur nourriture.

« Cela dépeint une image complexe de la relation entre les humains et les loups dans le passé », ajoute-t-il. On est loin du mythe du loup solitaire ou de la bête sanguinaire qui rôde autour des campements. Ici, on parle d’une cohabitation. Le fait que ces animaux se soient retrouvés sur une île inaccessible sans aide humaine est ce qu’on pourrait appeler la « preuve irréfutable » — le fameux smoking gun — de relations cordiales.

Alors, étaient-ils des animaux de compagnie ? Des animaux semi-sauvages ? Ou quelque chose d’entièrement différent ? Les chercheurs ne peuvent pas encore l’affirmer avec certitude. Ce qui est sûr, par contre, c’est que leur présence n’était pas accidentelle. Ces loups n’ont pas nagé là par hasard pour y mourir.

Génétique et isolement : les os parlent

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Les restes trouvés dans la grotte racontent une histoire de sédentarité. On y voit les signes classiques d’une population installée sur plusieurs générations. Les os révèlent notamment qu’ils avaient des corps plus petits que les loups typiques, un effet secondaire fréquent de l’isolement insulaire. Mais ce n’est pas tout. Ce qui a vraiment fait tiquer les scientifiques, c’est leur diversité génétique inhabituellement faible.

Anders Bergström, maître de conférences à l’École des sciences biologiques de l’Université d’East Anglia et co-auteur principal de l’article, ne cache pas sa fascination : « Les données génétiques sont fascinantes », dit-il. « Nous avons découvert que le loup avec le génome le plus complet avait une faible diversité génétique, plus faible que n’importe quel autre loup ancien que nous ayons vu ».

Il précise que cela ressemble étrangement à ce que l’on observe dans des populations isolées, goulotées, ou… chez les organismes domestiqués. « Bien que nous ne puissions pas exclure que ces loups avaient une faible diversité génétique pour des raisons naturelles », explique Bergström avec prudence, « cela suggère que les humains interagissaient avec les loups et les géraient d’une manière que nous n’avions pas envisagée auparavant ».

Conclusion : Une relation presque symbiotique

credit : lanature.ca (image IA)

Même si ces animaux sont sans équivoque des loups — biologiquement parlant —, tout semble indiquer une relation symbiotique, presque comme celle que nous avons avec nos animaux de compagnie actuels. Pensez-y : leurs compatriotes de l’Âge du bronze les ont fait monter sur des bateaux pour traverser la mer. Ils partageaient avec eux les produits de leur pêche, comme les poissons et les phoques qu’ils chassaient ensemble. Il semble même qu’ils prenaient soin d’eux lorsqu’ils étaient blessés.

C’est une découverte qui bouleverse ce que nous pensions savoir sur les interactions homme-loup dans les temps anciens. Pontus Skoglund, chef de groupe au laboratoire de génomique ancienne de l’Institut Francis Crick et auteur principal de l’article, résume bien la surprise générale : « C’était une surprise totale de voir que c’était un loup et non un chien ». Pour lui, c’est un cas provocateur qui soulève une possibilité intrigante : dans certains environnements, les humains étaient capables de garder des loups dans leurs établissements et y trouvaient une certaine valeur.

Cette étude passionnante, qui nous force à revoir nos livres d’histoire, a été publiée dans les prestigieux Proceedings of the National Academy of Sciences.

Selon la source : iflscience.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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