Garder les souvenirs de ses ex même marié : nostalgie mal placée ou simple besoin d’histoire ?
Auteur: Adam David
Introduction : La boîte à chaussures contre le feu de joie

Il y a deux écoles, finalement. D’un côté, ceux qui, après une rupture, sortent les allumettes pour un grand feu de joie cathartique, réduisant en cendres les preuves d’une idylle inachevée ; de l’autre, ceux qui glissent tout dans une boîte, au fond d’un placard. Cette seconde pratique, souvent incomprise, laisse planer un doute : est-ce que l’autre a des regrets ? Ressent-il une nostalgie sentimentale un peu malsaine ? C’est légitime de se poser la question. Pourtant, conserver un vieux classeur de lettres d’amour ou quelques babioles n’est pas forcément le signal d’alarme qu’on imagine.
C’est une dynamique complexe, souvent mal interprétée par l’entourage qui y voit une incapacité à tourner la page, alors qu’il s’agit parfois simplement de ne pas effacer sa propre histoire.
Des rituels opposés : du ménage par le vide à la collection de preuves

Quand un couple vole en éclats, la réaction immédiate varie du tout au tout. Il y a ceux qui ressentent ce besoin viscéral de se débarrasser de tout ce qui rappelle cette période, un peu comme un exorcisme. Ces personnes s’empressent de revendre les bijoux précieux sur le net ou de détruire les preuves palpables de ces moments à deux. Pour elles, ce grand ménage sentimental est la condition sine qua non pour avancer, pour oublier plus vite, je suppose. Mais à l’inverse, il y a ces conservateurs, ceux qui entassent. Ils gardent tout : les photos de vacances, les peluches gagnées à la fête foraine, et les plus romantiques poussent le vice jusqu’à préserver des tickets de cinéma, des notes de restaurant, des billets d’avion ou même des post-it griffonnés à la va-vite le matin. Et le plus étonnant ? Lorsqu’elles entament un nouveau chapitre amoureux, leur premier réflexe n’est pas de courir à la déchetterie ni d’utiliser les déclarations manuscrites de leurs exs comme combustible pour le barbecue. Elles gardent ça, là, quelque part.
Vu de l’extérieur, on pourrait croire que ces personnes sont prisonnières du passé, attachées à un être qui a pourtant déserté leur cœur. On se demande forcément si elles sont « prêtes » à construire un avenir sérieux. C’est là que l’avis des experts devient intéressant pour calmer le jeu. Claire Alquier, sexologue et thérapeute de couple citée par Slate, relativise grandement cette coutume un peu shakespearienne. Elle explique : « On retient le souvenir et le fait que la relation ait existé. C’est nécessaire, voire valorisant. On se dit qu’on ne s’est pas investi pour rien ». Au fond, ce ne sont pas les pièces à conviction d’une infidélité émotionnelle, mais juste des morceaux de vie. D’ailleurs, certaines personnes ont simplement du mal avec les « adieux » aux objets, même quand il s’agit d’un porte-clés kitch marqué « I love you ».
Le deuil de la relation : sevrage radical ou douceur ?
Il ne faut pas s’y tromper : garder des souvenirs de son ex à portée de main ne fait pas de vous un fervent croyant de l’amour unique qui dure jusqu’au dernier soupir, ni une personne en pleine dépendance affective différée. C’est plus subtil. Si certains préfèrent le sevrage radical en réduisant tout en cendres, d’autres optent pour une désaccoutumance en douceur. À chaque étape, à chaque changement de vie, elles se délestent d’une relique de cet amour perdu. C’est sans doute moins violent que de tout jeter sur le bûcher d’un coup. Ces souvenirs, qu’on regarde un peu comme un voyageur qui a le mal du pays au début, poussent finalement à l’acceptation plutôt qu’à une introspection maladive. Dans certains cas, paradoxalement, ils permettent même de mieux apprécier la relation actuelle.
La psychologue Marie-Hélène Simard explique d’ailleurs à Slate que « Les étapes de la rupture amoureuse sont similaires à un deuil. Conserver les lettres, cadeaux ou autres objets de son ex peut servir de transition ». C’est humain, après tout. Et puis, soyons honnêtes, il est toujours plus facile de cliquer sur « supprimer » pour virer de vieilles photos de couple sur Facebook que de devoir broyer physiquement des clichés argentiques. Quand l’acte devient réel et concret, la charge émotionnelle est tout autre.
Gérer la découverte : transparence et jardin secret

Le problème survient souvent lorsque cette fameuse boîte à souvenirs, remplie de mots doux et d’objets narratifs, tombe entre les mains du partenaire actuel. Là, c’est la porte ouverte à mille scénarios catastrophes dans sa tête. Trouver des traces du passage d’un autre n’est jamais vraiment agréable, on ne va pas se mentir. Même si ce ne sont que des souvenirs abstraits pour le propriétaire, ils peuvent éveiller des craintes chez l’autre et renverser toutes les certitudes. C’est pourquoi il est crucial d’en discuter à cœur ouvert, quitte à rouvrir de vieilles cicatrices pour mieux les refermer. Cultiver son jardin secret et son autonomie est essentiel pour oxygéner la romance, certes, mais certains sujets méritent d’être abordés frontalement. Mieux vaut évoquer l’existence de cette boîte de Pandore plutôt que de laisser le partenaire la découvrir de lui-même et s’imaginer le pire.
Stephen Oreski, psychothérapeute et conseiller conjugal qui s’est confié au média Brides, donne d’ailleurs une feuille de route assez claire : « Lorsque vous parlez de cette boîte, insistez sur l’amour et l’importance que vous accordez à votre relation actuelle, tout en veillant à ce que votre conjoint se sente en sécurité. C’est le moment idéal pour souligner qu’il est possible d’apprécier votre passé tout en construisant un avenir solide ensemble ». En fin de compte, les sexologues s’accordent à dire qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de faire. Le deuil d’une romance reste une expérience très intime – que ce soit en embrassant ces souvenirs ou en les embrasant. Et petit rappel utile : un mariage n’efface pas tout ce qui a précédé, c’est ainsi.
Selon la source : ma-grande-taille.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.