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Une découverte bouleversante au Malawi : le mystère du plus ancien bûcher funéraire d’Afrique
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une fenêtre ouverte sur le passé lointain

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Imaginez un instant la scène, il y a environ 9 500 ans, au cœur de ce qui est aujourd’hui le nord du Malawi. Au pied du mont Hora, une formation rocheuse imposante qui domine la plaine, une communauté de chasseurs-cueilleurs s’est rassemblée pour un événement solennel. Selon une nouvelle étude fascinante, c’est ici qu’ils ont incinéré une petite femme sur un bûcher à ciel ouvert. Ce n’est pas juste une anecdote historique, c’est une première : jamais un tel comportement n’avait été documenté dans les archives des chasseurs-cueilleurs africains.

Cette découverte, relayée par une équipe internationale basée aux États-Unis, en Afrique et en Europe — incluant l’Université de l’Oklahoma et Yale — change notre regard sur nos ancêtres. Publiée dans la revue Science Advances, l’étude nous offre la preuve la plus ancienne d’une crémation intentionnelle en Afrique. Plus incroyable encore, elle décrit le plus vieux bûcher funéraire in situ au monde contenant les restes d’un adulte. C’est un moment charnière pour l’archéologie, vous ne trouvez pas ?

Jessica Cerezo-Román, professeure associée d’anthropologie à l’Université de l’Oklahoma et auteure principale, souligne à quel point la crémation est rare chez ces peuples anciens. Pourquoi ? Tout simplement parce que transformer un corps en cendres et en os calcinés demande un effort colossal : du temps, une main-d’œuvre importante et une quantité massive de combustible. C’est loin d’être un geste anodin.

Des rituels bien plus complexes qu’on ne l’imaginait

credit : lanature.ca (image IA)

Il faut remettre les choses dans leur contexte pour saisir l’ampleur de la trouvaille. On savait déjà que des restes humains brûlés existaient il y a environ 40 000 ans au lac Mungo, en Australie. Mais attention, il y a une nuance de taille : les bûchers, ces structures délibérément construites avec du combustible, n’apparaissent dans les archives archéologiques que près de 30 000 ans plus tard. C’est long, très long.

Avant cette découverte au mont Hora, la plus ancienne preuve d’un bûcher en place remontait à environ 11 500 ans, sur le site de Xaasaa Na’ en Alaska, mais il s’agissait des restes d’un enfant de trois ans. En Afrique, les premières crémations définitives n’apparaissaient que vers 3 500 ans, généralement associées à des éleveurs du Néolithique pastoral en Afrique de l’Est. On pensait donc que la crémation était l’apanage de sociétés plus « avancées », produisant leur nourriture et disposant de technologies complexes. Eh bien, il semble que nous avions tort.

Jessica Thompson, professeure adjointe à l’Université de Yale et auteure principale qui dirige le projet avec le Département des musées et monuments du Malawi, est formelle : il faut repenser notre vision du travail de groupe et des rituels chez ces anciens chasseurs-cueilleurs. Ce n’était pas juste un feu, c’était un spectacle. Les chercheurs ont utilisé une batterie de méthodes — archéologiques, géospatiales, forensiques — pour reconstruire cette séquence d’événements avec une précision inouïe. Le site, nommé Hora 1, se trouve sous un surplomb à la base de cet inselberg granitique. Si des fouilles dans les années 1950 avaient déjà révélé que le lieu servait de cimetière, les travaux de Thompson débutés en 2016 ont montré que l’homme y habitait déjà il y a 21 000 ans ! Le site a servi aux inhumations entre 16 000 et 8 000 ans avant notre ère, mais tous les autres corps avaient été enterrés intacts.

Une enquête minutieuse : qui était cette femme ?

credit : lanature.ca (image IA)

C’est ici que l’histoire prend une tournure presque policière, voire un peu macabre. Le bûcher, datant d’environ 9 500 ans, faisait la taille d’un lit queen-size et contenait un seul individu, extrêmement fragmenté. L’analyse des 170 fragments d’os retrouvés — principalement des bras et des jambes — suggère qu’il s’agissait d’une femme adulte, âgée entre 18 et 60 ans, et mesurant un peu moins d’un mètre cinquante. En étudiant l’altération thermique des os, l’équipe a déterminé qu’elle avait été incinérée peu de temps après sa mort, probablement en quelques jours, alors que le corps était encore frais.

Mais accrochez-vous, car les détails sont troublants. Des marques de coupure sur plusieurs os des membres indiquent que sa chair a été retirée ou que son corps a été décharné avant le feu. Elizabeth Sawchuk, conservatrice au Musée d’histoire naturelle de Cleveland, a noté une absence surprenante : aucun fragment de dent ou de crâne n’a été retrouvé. Comme ces parties résistent généralement bien au feu, l’équipe pense que sa tête a peut-être été retirée avant la crémation. Cela semble brutal, je vous l’accorde, mais Jessica Cerezo-Román nous rappelle que ces manipulations pouvaient être liées à la mémoire sociale ou à la vénération des ancêtres. D’ailleurs, des outils en pierre ont été trouvés dans le bûcher, peut-être déposés comme objets funéraires.

Imaginez l’effort collectif nécessaire : il a fallu rassembler au moins 30 kg de bois mort et d’herbes. Les sédiments montrent que les participants ont activement entretenu le feu, ajoutant du combustible pour maintenir des températures supérieures à 500 °C. C’était un acte délibéré, intense et communautaire.

Conclusion : Un lieu chargé de mémoire

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Ce qui est fascinant avec le site du mont Hora, c’est la persistance de la mémoire. L’équipe a découvert qu’environ 700 ans avant cet événement, de grands feux avaient déjà été allumés à cet endroit précis. Et plus étonnant encore, dans les 500 ans qui ont suivi la crémation, d’autres grands feux ont été allumés directement sur le bûcher lui-même. Personne d’autre n’y a été incinéré, mais cela suggère que les gens se souvenaient de l’emplacement et de son importance. C’est comme si ce lieu, ce repère local évident, était ancré dans une tradition rituelle profonde.

Pourtant, une question demeure, et elle restera probablement sans réponse : pourquoi elle ? Comme le souligne Jessica Thompson, pourquoi cette femme a-t-elle eu droit à ce traitement si particulier, alors que les autres défunts du site étaient simplement enterrés ? Il devait y avoir quelque chose de spécial chez elle, une raison qui nous échappe aujourd’hui, mais qui a justifié un tel déploiement d’efforts et de rituels il y a des millénaires.

Selon la source : phys.org

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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