Une nouvelle règle biologique ? Quand l’évolution mise tout sur le chaos cellulaire
Auteur: Mathieu Gagnon
La biologie, cette science des exceptions

C’était le matin du 1er janvier 2026, une date qui marque souvent le début de nouvelles résolutions, mais pour le journaliste Darren Orf, c’était le moment de partager une découverte assez déroutante. Vous savez, contrairement à la physique qui semble régie par des lois immuables, la biologie a toujours été un peu… comment dire ? Un peu plus bordélique. C’est le règne de l’exception.
Actuellement, on compte environ deux douzaines de « règles » en biologie. Ce ne sont pas des vérités absolues, loin de là, mais plutôt de grandes généralisations sur le comportement de la nature et de l’évolution. Mais voilà que des chercheurs de l’Université de Californie du Sud (USC) viennent bousculer ce petit monde bien rangé. Ils proposent d’ajouter une nouvelle règle à cette liste, un concept qu’ils appellent l’« instabilité sélectivement avantageuse » (ou SAI). L’idée de base ? Le chaos, ou du moins l’instabilité, pourrait bien être le carburant secret des cellules. C’est un peu paradoxal quand on y pense, non ?
Cette théorie suggère que l’instabilité profite réellement à la cellule et à l’organisme, tout en étant, ironiquement, un facteur clé dans des processus moins joyeux comme le vieillissement et la maladie. C’est un équilibre précaire, un peu comme marcher sur un fil.
Des règles anciennes aux nouvelles théories : Allen, Bergmann et le défi de l’USC

Pour bien comprendre le pavé que l’USC vient de jeter dans la mare, il faut regarder ce qu’on considérait comme acquis jusqu’ici. Prenez la loi d’Allen, par exemple. C’est une de ces fameuses généralisations qui dicte que la forme du corps des endothermes (les animaux à sang chaud, pour faire simple) s’adapte au climat : des corps trapus pour garder la chaleur dans le froid, et des formes plus élancées pour l’évacuer quand il fait chaud. Il y a aussi la règle de Bergmann, qui affirme que les espèces d’un même clade ont tendance à être plus imposantes dans les climats froids et plus petites dans les zones chaudes. Bien sûr, comme toujours en biologie, il y a des exceptions à la pelle.
Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à nos cellules. La nature, on l’a toujours imaginée tendant vers la stabilité. Regardez les alvéoles des nids d’abeilles ou les yeux des insectes : ces formes hexagonales parfaites sont là pour économiser les ressources. C’est logique, non ? Eh bien, John Tower, biologiste moléculaire à l’USC, pense autrement. Selon l’étude publiée la semaine dernière dans la revue Frontiers in Aging, l’instabilité des composants biologiques comme les protéines et les gènes serait en fait bénéfique.
C’est assez contre-intuitif. On a grandi avec l’idée que la vie cherche l’ordre, mais la SAI suggère l’inverse. Cette nouvelle « règle » défie les hypothèses fondamentales selon lesquelles la vie ne jure que par la conservation des ressources et la stabilité. C’est un changement de paradigme assez radical, si vous voulez mon avis.
Le mécanisme du chaos : Pourquoi nos cellules choisissent l’instabilité

Alors, comment ça marche concrètement ? John Tower l’explique assez bien dans son communiqué de presse : « Même les cellules les plus simples contiennent des protéases et des nucléases et dégradent et remplacent régulièrement leurs protéines et leurs ARN ». En gros, la cellule passe son temps à détruire et reconstruire. Cela indique, selon lui, que la SAI est essentielle à la vie. Ce processus permet de maintenir à la fois un gène normal et une mutation génétique au sein de la même population cellulaire. C’est malin, en fait : si le gène normal est favorable dans un état cellulaire donné, et que la mutation l’est dans un autre, la cellule est parée à toute éventualité.
Cette diversité génétique accrue rend les organismes plus adaptables. C’est un peu comme avoir plusieurs outils dans sa boîte, juste au cas où. De nombreux composants cellulaires favorisent d’ailleurs une durée de vie courte, car cela promeut la santé globale de la cellule. Mais attention, tout n’est pas rose. Il y a un prix à payer pour ce chaos organisé.
L’instabilité a ses inconvénients, et ils ne sont pas négligeables. Ce processus de mutation nécessite de l’énergie — beaucoup d’énergie. De plus, il peut introduire des cellules délétères qui contribuent au vieillissement, voire provoquer d’autres types de dommages et de dysfonctionnements. Le papier de recherche le dit clairement : « Le vieillissement s’est avéré difficile à définir, mais la plupart des définitions incluent une chance accrue de mort avec l’âge, et une aptitude reproductive diminuée ». La SAI crée un coût pour le réplicateur en termes d’énergie et de matériaux, et c’est ce coût qui pourrait bien être interprété comme le moteur du vieillissement.
Conclusion : Vers une nouvelle compréhension du vivant

Ce qui est fascinant, c’est que cette théorie ne sort pas de nulle part. Elle trouve des échos dans d’autres concepts bien connus, comme la théorie du chaos ou même des idées plus audacieuses sur la « conscience cellulaire ». Le fait que la SAI surgisse ainsi et qu’elle soit liée à des processus aussi fondamentaux que le vieillissement en fait une candidate sérieuse au titre de nouvelle règle de la biologie.
Comprendre les rouages intérieurs de la SAI pourrait aider les biologistes à explorer la vie cellulaire sous un angle totalement nouveau. C’est peut-être dans ce désordre apparent, dans cette instabilité coûteuse, que réside le véritable secret de notre longévité et de notre évolution. Finalement, un peu de chaos, ça a du bon, non ?
Selon la source : popularmechanics.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.