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Quand la forêt s’allume : les messages secrets et lumineux des cerfs amoureux
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une communication invisible qui sort de l’ombre

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On a souvent tendance à imaginer que les animaux discutent entre eux uniquement par des bruits ou, disons, des odeurs. C’est ce qu’on nous a toujours appris, n’est-ce pas ? Les cerfs, par exemple, sont bien connus pour utiliser des parfums bien particuliers pour signaler leur présence quand vient la saison des amours. Mais voilà qu’une nouvelle recherche vient bousculer nos certitudes : il semblerait que ces messages puissent aussi… briller. Oui, littéralement.

Des scientifiques ont découvert que les marques laissées par les mâles cerfs de Virginie peuvent émettre une faible lueur au crépuscule et à l’aube. Cette lueur, invisible pour nous en plein jour, pourrait bien aider ces animaux à se localiser lorsque la lumière se fait rare. C’est une découverte fascinante, rapportée par Sanjana Gajbhiye pour Earth.com, qui ouvre une toute nouvelle façon de concevoir la communication animale via l’environnement. Ce travail se concentre sur un comportement forestier que les chasseurs et les observateurs de la faune connaissent pourtant déjà par cœur.

Durant la saison de reproduction, le cerf mâle de Virginie, ou Odocoileus virginianus pour les intimes, aime montrer sa force. Il frotte l’écorce des arbres avec ses bois, presse les glandes odorantes de son front contre le tronc, gratte le sol avec ses sabots et urine même dans la terre remuée. Ces endroits, que les scientifiques appellent des « signposts » (ou poteaux indicateurs), envoient des messages clairs de dominance et de volonté de s’accoupler. Jusqu’ici, on pensait que tout passait par le nez. Mais de nouvelles preuves suggèrent que ces balises envoient aussi des signaux visuels.

L’enquête en Géorgie : quand l’urine ressemble à de la peinture

credit : lanature.ca (image IA)

Pour en avoir le cœur net, Daniel DeRose Broeckert, biologiste à l’Université de Géorgie et auteur principal de l’étude, a mené son équipe sur le terrain, plus précisément dans la forêt de Whitehall, en Géorgie. L’idée est assez simple, finalement : quand la lumière frappe certains matériaux, ceux-ci absorbent l’énergie et la relâchent sous forme de lueur visible. C’est ce qu’on appelle la photoluminescence. DeRose Broeckert compare même cela à des « réflecteurs d’autoroute ». C’est une image parlante, je trouve.

Les chercheurs ont scanné les arbres, le sol gratté et les taches d’urine en utilisant de la lumière ultraviolette durant deux périodes précédant le pic de la reproduction. Ils ont choisi deux longueurs d’onde UV spécifiques car une lumière similaire existe naturellement à l’aube et au crépuscule. Après avoir scanné, ils ont mesuré la lumière qui était réfléchie, en se concentrant particulièrement sur les longueurs d’onde que les yeux des cerfs sont susceptibles de détecter.

Les résultats ? Ils sont assez stupéfiants. Au total, l’équipe a examiné 146 de ces balises, dont un groupe de 20 taches d’urine. Le verdict est sans appel : les frottements sur les arbres et l’urine brillaient d’une couleur bleu-vert bien visible sous la lumière UV. « L’urine brille vraiment, on dirait de la peinture blanche renversée », s’est exclamé DeRose Broeckert. Pour nous, c’est surprenant, mais pour les cerfs, ces marques peuvent apparaître comme des taches bleu turquoise brillantes se détachant sur le fond sombre de la forêt. C’est assez frappant quand on y pense.

Pourquoi cette lumière ? Une histoire de séduction

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Mais pourquoi la nature aurait-elle mis en place un tel système ? Eh bien, les femelles cerfs comptent beaucoup sur l’odorat pour choisir leurs partenaires. Un poteau indicateur lumineux pourrait simplement ajouter une force visuelle au message. L’odeur fournit un signal, la lumière en donne un autre. Comme l’explique DeRose Broeckert : « Vous recevez un stimulus de deux sens. Vous avez l’odorat qui vous dit quelque chose, et puis, oh là là, c’est aussi super brillant ».

D’ailleurs, les chercheurs ont noté que la lueur devenait plus forte à mesure que la saison de reproduction avançait. Ils suggèrent que ce changement pourrait provenir d’un comportement de frottement accru ou de plus de sécrétions glandulaires s’étalant sur les surfaces des arbres. Il est aussi possible que les couches internes de l’écorce jouent un rôle, car certains tissus végétaux montrent naturellement de la photoluminescence. La source chimique exacte de cette lueur reste encore inconnue, même si on soupçonne un mélange de composés provenant des glandes des cerfs, de l’urine et du bois exposé.

Prudence et perspectives : ce qu’en disent les sceptiques

credit : lanature.ca (image IA)

Bien sûr, comme souvent en science, il faut savoir garder la tête froide. Certains experts appellent à la prudence quant à l’interprétation de ces trouvailles. Linda Reinhold, une zoologiste de l’Université James Cook qui n’a pas participé à l’étude, a salué la méthode mais a souligné quelques limites. Elle rappelle que des lumières UV artificielles ont été utilisées lors des tests et que les conditions naturelles du crépuscule pourraient ne pas produire exactement le même effet. « L’idée que les cerfs, ou tout autre mammifère, puissent voir la photoluminescence naturelle sous un éclairage naturel reste une hypothèse », a-t-elle précisé.

Une autre préoccupation vient du comportement animal lui-même. Ron Douglas, biologiste à City St George’s, Université de Londres, a fait remarquer que de nombreux matériaux biologiques brillent sans que cela ne serve un but précis. Pour être certain qu’une fluorescence observée a une fonction biologique, il faudrait aussi observer une réponse comportementale chez l’animal, comme des changements dans le mouvement ou l’attention. Ce que nous n’avons pas encore totalement confirmé.

Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Ecology and Evolution, conviennent que davantage de travail est nécessaire. Les futures études pourraient analyser les produits chimiques lumineux plus en détail, ou même couvrir les zones brillantes pour voir comment les cerfs réagissent en leur absence. Si cela se confirme, cette découverte élargirait notre compréhension de la façon dont les animaux utilisent la vue, l’odorat et l’environnement ensemble. Pour l’instant, cela nous offre une nouvelle façon de voir ces signes familiers de la forêt : ce qui ressemblait à de simples éraflures brille peut-être silencieusement au crépuscule.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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