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Une découverte macabre sous nos pieds : un gibet du XVIe siècle exhumé à Grenoble
Crédit: lanature.ca (image IA)

Quand le passé refait surface sous un champ de foire

C’est fou comme l’histoire peut se cacher juste là, sous nos semelles, sans qu’on s’en doute une seule seconde. Imaginez un peu : une équipe d’archéologues de l’INRAP (l’Institut national de recherches archéologiques préventives, ces gens font un travail formidable) fouillait tranquillement un site en périphérie de Grenoble, dans l’est de la France. L’endroit a tout connu ou presque : terrain d’entraînement militaire, lieu de célébrations nationales et même… un champ de foire moderne.

Et qu’ont-ils trouvé au milieu de ce réaménagement ? Pas des pièces d’or, non, mais quelque chose de bien plus sombre. Ils ont mis au jour un gibet public datant du XVIe siècle, accompagné de ce qui fait froid dans le dos : 10 fosses communes. À l’intérieur, les restes d’au moins 32 individus ont été comptabilisés. C’était majoritairement des hommes, mais il y avait aussi quelques femmes, entassés là, parfois tête-bêche, sur le dos ou sur le ventre. On suppose, avec une quasi-certitude, qu’ils avaient tous été pendus à ce fameux gibet, exposés à la vue de tous.

Des archives poussiéreuses à la réalité du terrain

credit : lanature.ca (image IA)

Au début, je dois dire que les archéologues étaient un peu perdus. L’INRAP a expliqué dans un communiqué qu’ils ne savaient pas trop quoi penser de ce site. Était-ce des sépultures militaires de masse ? Les restes d’une léproserie peut-être ? Ou simplement le cimetière d’une église catholique du coin ? C’est le genre de mystère qui doit empêcher de dormir.

Mais c’est là que ça devient intéressant… En fouillant dans les registres de construction historiques (quelle patience il faut !), les chercheurs ont fini par retrouver la trace de ce gibet à ossature bois du passé grenoblois. Les documents, datant d’entre 1544 et 1547, détaillent l’architecture de la structure avec une précision étonnante. Imaginez une fondation en briques de près de 27 pieds (environ 8 mètres) de chaque côté.

Le gibet lui-même comportait huit piliers de pierre. Ce chiffre n’est pas anodin, c’était un nombre symbolique en corrélation avec la hiérarchie judiciaire de Grenoble au sein du royaume. Ces piliers s’élevaient à environ 16 pieds de haut (presque 5 mètres). La structure était capable de supporter jusqu’à huit individus en même temps grâce à une traverse en bois dressée pour exécuter les condamnés. Pour éviter les inondations – le site se trouvant au nord de la Porte de France, près de deux rivières –, le tout avait été bâti sur une terrasse légèrement surélevée, avec un fossé de drainage côté est pour guider les eaux. Les experts pensent que cela a servi jusqu’au début du XVIIe siècle.

Des noms sur les ossements : une période de troubles

credit : lanature.ca (image IA)

Ce qui me touche le plus dans cette histoire, c’est qu’on a réussi à redonner une identité à ces pauvres âmes. Grâce à un examen plus poussé des archives, l’équipe a pu isoler les identités probables de deux des individus enterrés dans ces 10 fosses (notez que certaines ne contenaient qu’une seule personne, et aucune n’en contenait plus de huit).

On apprend ainsi que le protestant Benoit Croyet, accusé d’avoir attaqué Grenoble en 1573, a été exécuté et pendu à ce gibet. Et il n’était pas seul. Il y avait aussi Charles Du Puy Montbrun, le chef des Huguenots du Dauphiné. Son crime ? La rébellion contre le roi, rien que ça. Il faut se rappeler que l’INRAP estime que ces gibets ont été construits à une époque où la répression de la Réforme s’intensifiait. Beaucoup de ceux qui ont fini là étaient des rebelles contestant l’autorité royale.

Conclusion : Une punition par-delà la mort

credit : lanature.ca (image IA)

La brutalité de l’époque est difficile à concevoir aujourd’hui. Les condamnés étaient exécutés soit sur la place publique de la Place aux Herbes à Grenoble, soit directement au gibet, mais dans tous les cas, leurs corps étaient ensuite exposés sur le gibet à l’extérieur de la ville. Les défunts retrouvés dans les fosses avaient tous été délibérément privés d’une sépulture décente. C’était ça, le but : étendre la punition prononcée de leur vivant jusque dans la mort.

L’INRAP écrit que les corps, parfois en morceaux, étaient dégradés en étant jetés dans des fosses, parfois démembrés et empilés les uns sur les autres. Comme ils le disent si bien : « La découverte de ces gibets et la compréhension des pratiques qu’ils impliquaient fournissent une nouvelle étude de cas pour un domaine de recherche en plein essor concernant ces lieux de justice — marqueurs de juridictions, symboles de sécurité, instruments de dégradation sociale — et, plus généralement, pour des réflexions sur ce que signifiait, ou signifie encore, être condamné à une mort ignominieuse. » Une réflexion qui, je trouve, donne à réfléchir.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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