Cap sur le « glacier de l’apocalypse » : une expédition cruciale pour notre avenir
Auteur: Adam David
Une mission de la dernière chance vers l’inconnu

C’est une nouvelle qui fait froid dans le dos, littéralement. Une équipe courageuse — composée de près de 40 scientifiques internationaux et journalistes — a pris la mer pour aller voir de plus près ce que l’on appelle désormais le « glacier de l’apocalypse ». Un nom qui ne laisse rien présager de bon, n’est-ce pas ? L’objectif est clair : évaluer l’état de santé de ce colosse de glace, dont le vrai nom est le glacier de Thwaites. Si l’on sait déjà que le réchauffement climatique accélère sa fonte, on nage encore un peu dans le flou concernant son avenir exact et, surtout, les catastrophes que sa disparition pourrait déclencher.
Pour vous donner une idée de la bête, ce glacier situé en Antarctique occidentale est gigantesque. Il couvre une surface de près de 192 000 kilomètres carrés. C’est immense ! Pour visualiser, dites-vous que c’est à peu près la taille du Royaume-Uni, ou encore celle de la Floride. Ce n’est pas un simple glaçon qui flotte. Il joue un rôle majeur dans le bilan hydrique de toute notre planète. Les experts estiment d’ailleurs qu’il contient assez d’eau pour faire grimper le niveau des mers de plus de soixante centimètres à l’échelle mondiale s’il fondait entièrement. Et ça, c’est juste le début des ennuis potentiels.
Pourquoi craint-on le pire scénario ?

Le problème, voyez-vous, c’est l’effet domino. Si le Thwaites disparaît, il pourrait entraîner l’effondrement de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidentale qui se trouve juste derrière lui. Et là… les chiffres donnent le vertige. On parlerait d’une élévation du niveau des mers de trois à cinq mètres. Cette calotte est épaisse par endroits de plus d’un kilomètre et demi. Si le glacier « bouchon » saute, elle pourrait s’effondrer en quelques siècles seulement. C’est le pire scénario des modèles climatiques, mais j’ai bien peur que la réalité ne soit en train de rattraper la fiction.
Des études récentes suggèrent qu’on a peut-être — sans doute même — sous-estimé l’impact du réchauffement. La vitesse à laquelle le glacier perd de la masse et du volume semble avoir été mal évaluée. On pensait naïvement que sa base, ancrée au fond marin, était protégée. Eh bien non. De récentes observations montrent que de l’eau de mer chaude s’infiltre en dessous, fragilisant toute la structure. Les images satellites sont formelles : on voit d’immenses fissures, profondes de plusieurs centaines de mètres, là où tout semblait stable avant. C’est un signe évident d’instabilité. D’ailleurs, une hypothèse scientifique basée sur des données paléoclimatiques indique qu’un effondrement en cascade similaire s’est probablement déjà produit il y a environ 120 000 ans. Cette nouvelle expédition doit justement nous dire à quelle vitesse l’histoire risque de se répéter.
Une logistique de l’extrême pour des données vitales

L’équipe n’est pas partie les mains dans les poches. Ils ont quitté un port néo-zélandais samedi dernier à bord de l’Araon, un brise-glace sud-coréen. Le New York Times, qui suit l’affaire de près, rapporte qu’ils vont passer environ un mois là-bas. Et croyez-moi, ce ne sera pas des vacances. Ils vont devoir lutter contre des conditions extrêmes, avec une glace instable qui se déplace d’environ neuf mètres par jour. C’est énorme quand on y pense ! Cela expose les équipes à de vrais dangers, sans parler du matériel qui peut tomber en panne ou finir au fond d’une crevasse.
Chris Pierce, un glaciologue de l’Université d’État du Montana qui est du voyage, a résumé la situation avec beaucoup de pragmatisme : pour anticiper les pépins, « il y aura un plan A à F ». Ils ont tout prévu, ou presque. Ils vont utiliser un radar aéroporté pour voir à l’intérieur du glacier, et même forer jusqu’à 800 mètres sous la glace pour installer des capteurs dans l’océan. Ils vont aussi larguer du matériel par hélicoptère. C’est une opération d’une complexité inouïe.
Des phoques comme assistants de recherche

Il y a un détail dans cette expédition que je trouve absolument fascinant, et un peu touchant aussi. Les chercheurs vont faire appel à des assistants locaux : des phoques. Oui, vous avez bien lu. L’idée est de coller des capteurs sur ces animaux pour récolter des données sur la température et la salinité de l’eau. Comme ces mammifères plongent jusqu’à plus de 500 mètres de profondeur, ils vont aller là où nous ne pouvons pas toujours aller.
Lars Boehme, un écologue de l’Université de St Andrews, expliquait au New York Times que ce n’est pas du tout aléatoire. Les phoques vont là où il y a à manger, c’est-à-dire là où l’océan est actif. Ce sont donc les meilleurs guides pour trouver les endroits où il se passe des choses importantes d’un point de vue océanographique. C’est malin, non ? Au final, cette mission est probablement l’une des plus importantes de la décennie. Ce qu’ils vont trouver là-bas déterminera l’avenir de nos littoraux, de notre économie, et surtout, le sort de centaines de millions de personnes qui vivent au bord de l’eau. Espérons juste que les nouvelles ne seront pas trop mauvaises.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.