Une accessibilité qui a un prix

Cela fait maintenant une vingtaine d’années que les produits issus de l’agriculture biologique sont devenus réellement accessibles dans nos rayons. On ne va pas se mentir, l’idée est séduisante. Manger local, privilégier des aliments de saison et non transformés, le tout certifié bio… c’est, sur le papier, le ticket gagnant pour une alimentation plus saine. Dans l’idéal, c’est ce que nous aimerions tous mettre dans notre assiette, n’est-ce pas ?
Seulement voilà, dans la vraie vie, ce n’est pas toujours aussi simple. Il y a une barrière, et elle est de taille : le prix. De manière générale, il faut débourser en moyenne 20 % de plus pour ces produits par rapport au conventionnel. En somme, manger bio n’est pas forcément accessible à tous les portefeuilles, et c’est bien là le problème. Mais au-delà de l’aspect financier, une question persiste, lancinante : y a-t-il vraiment une différence significative entre le bio et les autres ? Est-ce que cet effort financier en vaut réellement la chandelle pour notre corps ?
Ce que la science dit des sols et des maladies

C’est un sujet qui fait débat, et pas qu’un peu, au sein de la communauté scientifique. Prenons l’avis de David Montgomery, pédologue à l’université de Washington, aux États-Unis. Pour lui, tout ne se joue pas uniquement sur l’étiquette, mais bien plus bas, sous nos pieds. Il affirme que tout dépend de la qualité des sols utilisés pour la production, mais aussi de la définition même que l’on donne au mot « nutrition », qui peut varier d’une personne à l’autre.
Ce chercheur soulève un point intéressant : « Il existe des différences dans ce qu’on mesure et compare réellement ». Après analyse, ses résultats expliquent qu’un sol sain contient logiquement moins de pesticides, mais surtout plus de composés phytochimiques. C’est un terme un peu barbare, je vous l’accorde, mais ces composés sont essentiels car ils réduisent l’inflammation et sont excellents pour notre santé.
En France aussi, on se penche sérieusement sur la question. Julia Baudry, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), a mené une étude passionnante sur le sujet. Ses résultats sont plutôt encourageants : ils démontrent que les personnes consommant régulièrement des produits bio réduisent leurs risques de développer un diabète de type 2 ainsi que certains cancers. La raison semble évidente : l’absence d’engrais de synthèse et de pesticides. Toutefois, restons prudents, car les chercheurs insistent sur le fait qu’il faut étudier la question encore plus en profondeur pour affirmer catégoriquement que le bio est le seul facteur de cette réduction des risques.
L’importance cruciale de la méthode de culture

Il ne suffit pas de regarder l’étiquette pour avoir la conscience tranquille. Tim LaSalle, de l’université d’État de Californie à Chico, nous met en garde : il faut prêter une attention toute particulière à la manière dont ces produits sont cultivés. Des sols sains sont indispensables, c’est la base de tout. D’ailleurs, Dave Chapman, le codirecteur du Real Organic Project, fait une comparaison qui parlera à tout le monde : « si notre microbiome n’est pas sain, nous ne sommes pas en bonne santé […] Il en va de même pour les sols. » C’est plein de bon sens, finalement.
Ce qui agace particulièrement ce chercheur, c’est l’attribution du label biologique à l’hydroponie. Pour lui, c’est un véritable non-sens. On parle ici de culture hors-sol, une méthode que Dave Chapman décrit avec une pointe d’amertume : « Les plantes sont suspendues et essentiellement alimentées par un tube. Ce n’est pas l’idée que l’on se fait d’un potager », déplore-t-il. Difficile de lui donner tort sur l’image que cela renvoie.
Pour David Montgomery, il n’y a pas de doute possible : « Si l’on veut manger le plus sainement possible, il faut donner la priorité à une alimentation riche en aliments frais cultivés sur des sols sains et fertiles. » C’est un retour à la terre, la vraie.
Le piège de la peur et conclusion

Cependant, cette quête du « parfait » présente une réalité à double tranchant, soulignée par Britt Burton-Freeman, de l’Institut de technologie de l’Illinois. Cette scientifique s’inquiète d’un phénomène pervers : voir les personnes les moins aisées préférer se priver totalement de fruits et légumes, plutôt que d’acheter des produits qu’elles pensent bourrés de pesticides parce qu’elles n’ont pas les moyens de s’offrir du bio.
C’est une situation alarmante. Elle insiste sur le fait que « Les spécialistes du marketing alimentaire se doivent de mieux cerner la manière dont leurs messages peuvent influencer la consommation de fruits et légumes ». Car ne l’oublions pas, et c’est peut-être le plus important dans cette histoire : le fait de ne pas consommer du tout ces aliments est aussi mauvais, voire pire, pour la santé que de manger des légumes conventionnels.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.