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Un étrange serpent antique illumine l’évolution des serpents modernes
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une redécouverte qui réécrit un chapitre oublié

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Le temps fait parfois bien les choses. Imaginez : des millions d’années avant que la Grande-Bretagne ne prenne sa forme actuelle, le paysage était tout autre. Chaud, humide, parcouru de rivières et couvert de forêts denses. C’est dans ce décor disparu que se déplaçaient des serpents dont nous ignorions presque tout. Et voilà qu’aujourd’hui, l’un d’eux sort de l’ombre, ou plutôt, des tiroirs d’un musée.

Des fossiles, retrouvés sur la côte sud de l’Angleterre et négligés pendant des décennies, viennent enfin de révéler leurs secrets. Une étude minutieuse a permis d’identifier une nouvelle espèce, un petit serpent qui vivait il y a environ 37 millions d’années, durant la période chaude de l’Éocène supérieur. À cette époque, l’Angleterre abritait toute une faune de reptiles qui ont depuis totalement disparu d’Europe. Cette découverte, c’est un peu comme trouver une pièce manquante d’un puzzle géant, celle qui nous aide à comprendre comment nos serpents modernes sont apparus.

Et le plus fou, c’est que tout a commencé par quelques vertèbres minuscules, perdues dans les vastes collections du Muséum d’Histoire Naturelle de Londres. Elles attendaient simplement que quelqu’un y prête une attention nouvelle.

L’énigme de Paradoxophidion richardoweni : un serpent aux traits contradictoires

credit : lanature.ca (image IA)

Les chercheurs l’ont baptisé Paradoxophidion richardoweni. Un nom qui en dit long. « Paradoxophidion », ça signifie « serpent paradoxal ». Et pour cause : ses ossements présentent un mélange surprenant, presque déroutant, de caractéristiques qu’on retrouve habituellement chez des groupes de serpents très différents. C’est justement ce qui le rend si précieux.

On n’a que ses vertèbres, mais elles regorgent d’informations. Elles montrent des structures de soutien solides, un large canal nerveux et une forme distinctive qui ne ressemble ni à celle des serpents primitifs, ni à celle des groupes modernes plus récents. Certains traits évoquent les premiers serpents aquatiques ou semi-aquatiques, tandis que d’autres pointent vers les serpents avancés actuels, les caenophidiens. Ce groupe, c’est celui qui rassemble la majorité des espèces de serpents vivant aujourd’hui.

Le problème, c’est que les fossiles situés à la base de l’arbre évolutif des caenophidiens sont extrêmement rares. Paradoxophidion vient combler une partie de ce vide. Il nous montre que, très tôt, ces serpents « avancés » expérimentaient déjà une large gamme de formes de colonne vertébrale. L’évolution testait, en quelque sorte, plusieurs modèles avant de se fixer sur ceux qui ont perduré.

L’autre partie du nom, « richardoweni », est un hommage touchant à l’histoire. Elle honore Sir Richard Owen, une figure majeure de la paléontologie du XIXe siècle. C’est lui qui avait décrit les premiers serpents fossiles de Hordle Cliff, et il a joué un rôle clé dans la fondation du Muséum où ses ossements ont été redécouverts. La boucle est bouclée.

Une enquête high-tech sur des ossements minuscules

credit : lanature.ca (image IA)

Alors pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? La réponse est simple : la taille. Les vertèbres ne mesurent que quelques millimètres. Facile à rater au milieu de collections gigantesques ! Pour les étudier sérieusement, l’équipe de recherche, menée par le Dr. Georgios Georgalis de l’Académie Polonaise des Sciences, a dû sortir l’artillerie lourde : la micro-tomographie à rayons X (micro-CT).

Cette technique de scan a permis de créer des modèles numériques en trois dimensions des ossements, révélant des détails invisibles à l’œil nu : les structures internes, les subtiles variations le long de la colonne, et les traits communs à toutes les vertèbres, confirmant qu’elles appartenaient bien à une seule et même espèce. « Quand j’ai vu ces vertèbres très étranges dans la collection et que j’ai su que c’était quelque chose de nouveau, c’était un sentiment fantastique », a confié le Dr. Georgios, pour qui travailler au Muséum était un rêve d’enfance.

Et le plus génial, peut-être, c’est que ces modèles 3D sont en accès libre. Désormais, des chercheurs du monde entier peuvent étudier Paradoxophidion sans avoir à se déplacer à Londres. C’est une petite révolution pour la transparence et la précision en paléontologie.

Un mode de vie mystérieux et une importance capitale

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, à quoi ressemblait la vie de ce petit serpent ? Les indices sont ténus. Les os ne montrent pas de signes clairs de spécialisation pour creuser ou grimper. Sa longueur devait probablement rester inférieure à un mètre. La forme de sa colonne suggère une locomotion flexible, pas vraiment adaptée à soutenir un corps lourd.

Certains traits rappellent étrangement les serpents à trompe d’éléphant (les acrochordidés), un petit groupe de serpents entièrement aquatiques qui vivent encore aujourd’hui en Asie du Sud-Est et dans le nord de l’Australie. « Comme Paradoxophidion est vraiment similaire aux acrochordidés, il est possible que ce serpent soit le plus ancien membre connu de cette famille », note le Dr. Georgios. « Si c’est le cas, alors cela pourrait signifier que c’était une espèce aquatique. » Mais il tempère : « D’un autre côté, il pourrait appartenir à un groupe complètement différent de caenophidiens. Il n’y a tout simplement pas assez de preuves pour le moment. »

Au-delà du mystère de sa vie, cette découverte a une importance majeure. Elle souligne à quel point la diversité des serpents en Europe était autrefois bien plus grande qu’aujourd’hui. L’Angleterre, avec son climat chaud et ses écosystèmes luxuriants, a joué un rôle de premier plan dans l’évolution précoce des serpents modernes. Les falaises de Hordle Cliff avaient déjà livré certains des plus anciens serpents constricteurs connus. Paradoxophidion ajoute une nouvelle pièce essentielle à ce tableau.

Et l’histoire ne s’arrête pas là. Le Dr. Georgios l’assure : il y a d’autres ossements aux morphologies différentes, jamais étudiés, qui pourraient représenter de nouvelles espèces et offrir des indices supplémentaires. L’enquête continue. Cette étude, publiée dans la revue Comptes Rendus Palevol, n’est probablement qu’un début.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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