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Cette recette qui a créé la vie sur Terre pourrait exister sur Mars, selon les scientifiques
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’ADN de la vie, une énigme qui se dévoile peu à peu

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Comment la vie a-t-elle pu émerger sur notre bonne vieille Terre ? Et si, par hasard, le même scénario s’était joué sur la planète rouge, Mars ? C’est une question qui taraude les scientifiques depuis des décennies, et franchement, elle n’est pas près de perdre de son mystère. Mais voilà que des chercheurs viennent peut-être de mettre le doigt sur un élément crucial de la recette.

Dans une étude récente, ils ont découvert que l’ARN, une molécule fondamentale pour la vie, aurait pu se former grâce à une chimie étonnamment… simple. Oui, vous avez bien lu. Pas besoin d’un laboratoire hyper sophistiqué, mais plutôt de quelques roches bien particulières et d’un peu de temps, beaucoup de temps – on parle de plusieurs milliards d’années. Cette découverte, publiée le 5 janvier 2026, est le fruit du travail d’Elizabeth Rayne et d’une équipe dirigée par le biologiste moléculaire Steven Benner. Elle ouvre une nouvelle fenêtre sur notre passé lointain, et peut-être sur celui de notre voisine céleste.

L’idée, c’est que l’ARN a probablement été le premier maître d’œuvre de la vie dans notre système solaire. Contrairement à l’ADN, qui forme cette fameuse double hélice, l’ARN est souvent une molécule à un seul brin. Mais ne vous y trompez pas, sa simplicité apparente est trompeuse : elle est capable de porter de l’information génétique, de déclencher des réactions chimiques, de réguler d’autres molécules et même de copier des morceaux d’ADN. Un vrai couteau suisse moléculaire !

La recette magique : des roches, du borax et un peu d’eau

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, comment fait-on de l’ARN ? La réponse se cache dans les roches de la Terre primitive, pendant ce qu’on appelle l’éon Hadéen. Et le plus incroyable, c’est que ces mêmes ingrédients rocheux traînent probablement encore à la surface de Mars aujourd’hui. Imaginez : des basaltes volcaniques, des phosphates déshydratés et des minéraux de borax. Mars est comme un miroir de ce qu’était la Terre il y a environ 4,3 milliards d’années, une planète jeune et tumultueuse.

Le borax ? Oui, ce même produit qu’on utilise parfois pour le ménage, le tétraborate de sodium. Étonnant, non ? On a longtemps cru que le borate empêchait certaines étapes de la formation de l’ARN, mais en réalité, il jouerait un rôle stabilisateur essentiel. Pour comprendre, il faut savoir que le squelette de l’ARN est fait d’un sucre appelé ribose et de groupes phosphate qui s’alternent. Le problème, c’est que la ribose se dégrade très facilement. C’est là que le borax entre en jeu : il aiderait à la stabiliser, lui permettant de bien se lier aux phosphates.

L’étude, parue dans la prestigieuse revue PNAS, décrit le processus ainsi : la synthèse de l’ARN aurait pu se produire « dans l’Hadéen (Terre) et le Noachien (Mars) dans un seul environnement géologique avec du borate, du phosphate activé et des hydrates de carbone organiques stabilisés […] au sein d’aquifères contraints par le basalte et intermittemment hydratés ». En gros, des nappes d’eau souterraines dans des roches poreuses, qui recevaient des matériaux formés dans l’atmosphère, avant et après les impacts d’astéroïdes. C’est un peu technique, mais l’image est puissante : des ingrédients de base qui se rassemblent dans les entrailles rocheuses d’une planète.

Et ce n’est pas tout. Une analyse d’échantillons de l’astéroïde Bennu, menée par une équipe de l’Université du Tohoku au Japon, vient étayer cette idée. Ils y ont carrément trouvé de la ribose et du glucose – deux sucres absolument essentiels à la biochimie de la vie – dans les échantillons rapportés par la sonde spatiale OSIRIS-REx. Ça laisse rêveur : et si des astéroïdes chargés de ces matériaux précieux les avaient apportés sur Terre en percutant sa surface ? La vie aurait-elle pu faire du stop à travers le système solaire ?

Mars, un berceau potentiel ? Les atouts cachés de la planète rouge

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Steven Benner, le chercheur principal, avance une hypothèse fascinante. Il pense que les anciens aquifères sur Mars – ces roches perméables qui laissent passer les eaux souterraines – pourraient avoir été encore plus propices à la vie que ceux de la Terre Hadéenne. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient probablement plus exposés à l’atmosphère. Sur la Terre primitive, les molécules prébiotiques (celles qui précèdent la vie) auraient pu être noyées et diluées dans l’immensité des océans, se perdant à tout jamais. Sur Mars, avec des aquifères moins profonds ou plus connectés à l’air, ces molécules précieuses auraient pu se concentrer et interagir plus facilement.

Un autre acteur clé de cette alchimie : le verre basaltique. Ce sont des silicates qui se solidifient quand la lave refroidit très vite, ou quand une roche est fondue par l’impact violent d’un astéroïde. Cette matière aurait servi de support, une sorte de « plan de travail » ou de catalyseur naturel, aidant les différents composants de l’ARN à s’assembler pour former de longues chaînes. C’est presque comme si la planète elle-même offrait son propre laboratoire géologique.

Une fois que les bonnes réactions ont été enclenchées, la vie semble s’être manifestée relativement vite – à l’échelle géologique, s’entend. Seulement quelques centaines de millions d’années après que la jeune Terre se soit suffisamment refroidie. Le processus a dû être d’une rapidité déconcertante, une fois que tous les ingrédients étaient réunis au bon endroit.

Une avancée majeure, mais le puzzle est loin d’être complet

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Alors, est-ce la preuve définitive ? Pas tout à fait. Benner lui-même le reconnaît avec humilité : « Nous n’avons pas terminé. » Il reste des zones d’ombre considérables. L’une des grandes énigmes persistantes, qu’il souligne dans un article récent pour le magazine Science, concerne la « chiralité » des briques de l’ARN. En gros, ces briques peuvent exister sous deux formes qui sont l’image miroir l’une de l’autre, comme une main gauche et une main droite. La vie, telle que nous la connaissons, n’utilise qu’une seule de ces formes. Pourquoi ? Comment la nature a-t-elle « choisi » la bonne ? Ça, personne ne le sait vraiment.

Il faut beaucoup plus d’informations, plus d’analyses, plus de missions spatiales peut-être, pour comprendre exactement comment la vie a rampé hors de la soupe primordiale terrestre – et si elle a pu faire de même sur d’autres planètes rocheuses. Les mystères, comme il est écrit, persistent. Mais malgré toutes ces incertitudes, une chose est sûre : Steven Benner et son équipe sont sur une piste sérieuse. Ils ont identifié une recette plausible, simple et élégante, qui aurait pu fonctionner aussi bien ici que sur Mars.

Cette découverte n’est pas qu’une avancée académique. C’est un pas de plus pour répondre à la question qui nous habite tous, au fond : sommes-nous seuls dans l’univers ? En comprenant comment la vie a pu naître chez nous, nous saurons mieux où et comment la chercher ailleurs. Et ça, c’est probablement l’une des quêtes les plus excitantes qui soit.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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