« Il ne me fera pas peur » : le Premier ministre de l’Ontario minimise les menaces de Trump d’annexer le Canada après le contrôle du Venezuela
Auteur: Simon Kabbaj
Des propos qui ne font plus peur, selon Ford

L’idée que Donald Trump ait un jour menacé d’annexer le Canada ne semble plus vraiment inquiéter Doug Ford. Le premier ministre de l’Ontario en a fait la déclaration assez franche ce lundi, réagissant à la récente opération militaire américaine au Venezuela.
« Ça ne va pas me faire peur. Et ça ne devrait effrayer personne au Canada », a-t-il lancé aux journalistes, avec ce ton direct qui le caractérise parfois.
C’est une réaction qui s’inscrit dans un contexte bien précis, vous voyez. Juste avant, le week-end dernier, le président américain Donald Trump a annoncé que l’armée des États-Unis avait infiltré le Venezuela et capturé l’ancien président déchu, Nicolás Maduro, pour qu’il soit jugé là-bas. Une nouvelle qui a fait le tour du monde, évidemment. Maduro a plaidé non coupable à toutes les accusations de trafic de drogue devant un tribunal de New York ce lundi même, d’ailleurs.
Depuis, la vice-présidente et ministre du Pétrole vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a prêté serment en tant que présidente intérimaire du pays. Mais, et c’est là que les choses se corsent, Trump a aussi déclaré que les États-Unis allaient « diriger » le pays le temps d’assurer une transition « sûre, appropriée et judicieuse ». Il a même été très clair sur son intention d’extraire les ressources pétrolières du Venezuela.
Des menaces anciennes et une réalité économique bien ancrée

Alors, avec cette intervention musclée au Venezuela, est-ce que les vieilles lubies de Trump concernant le Canada pourraient resurgir ? Par le passé, il a effectivement suggéré que le Canada devrait devenir le 51e état américain au lieu de rester un pays séparé. Et il avait dit qu’il utiliserait la coercition économique pour y arriver. Pas vraiment des paroles en l’air, quand on y pense.
D’ailleurs, il a déjà imposé des tarifs douaniers au Canada. Et cette année, quand l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) sera renégocié, il a clairement dit vouloir obtenir une meilleure affaire pour les États-Unis. C’est un dossier brûlant.
Mais Doug Ford, lui, veut recentrer le débat sur l’essentiel : les affaires. « Ce sur quoi il (Trump) devrait se concentrer, c’est de conclure un accord », a-t-il affirmé. Et il a sorti une de ses fameuses métaphores : « Nous sommes leur premier client. Ils sont notre premier client. Il n’y a pas un gouverneur, républicain ou démocrate, un sénateur ou un membre du Congrès qui ne soit pas d’accord. On ne peut pas défaire un œuf qui a été intégré et mélangé depuis des décennies, il faut juste agrandir l’omelette. » Une façon imagée de dire que nos économies sont trop liées pour qu’on puisse tout casser.
Ford, rappelons-le, a été réélu pour un troisième mandat en mars dernier, en promettant justement de protéger l’Ontario des impacts de la guerre commerciale. Il n’a pas hésité à monter au front, passant sur des chaînes de télé américaines pour critiquer les tarifs et promouvoir le libre-échange. Il est même allé jusqu’à lancer une campagne publicitaire mettant en vedette… Ronald Reagan ! Un coup qui avait mis Trump en colère et provoqué une interruption temporaire des négociations commerciales entre les deux pays. On peut dire qu’il n’a pas froid aux yeux.
La stratégie de l’Ontario : diversification et action rapide

Malgré tout ce qui se passe au sud de la frontière, Ford assure qu’il ne va pas se morfondre. « Je ne vais pas m’inquiéter du président Trump. Je vais m’inquiéter de ce que nous pouvons faire, comment nous pouvons diversifier notre commerce à travers le monde et commencer à expédier plus de biens, de produits et notre énergie », a-t-il déclaré.
Il a été très clair sur la feuille de route de son gouvernement. Lors de son point presse, il a martelé qu’il avait un mandat pour protéger la province des tarifs et qu’il agissait en conséquence. Une partie de ce plan, et elle est cruciale, c’est de pousser agressivement le développement des ressources minières et énergétiques. Il a même utilisé une expression qui en dit long sur l’urgence qu’il ressent : la province prévoit d’avancer « comme un éclair graissé » pour faire construire ces projets. On imagine que ça ne va pas traîner !
Et là, il a glissé une réflexion plutôt surprenante. Selon lui, Trump aurait même rendu un service au Canada. « S’il y a une chose, une seule chose que le président Trump ait faite de bonne pour le Canada : il nous a réveillés, il nous a réveillés, et il nous a unis », a-t-il avoué. « C’est donc la meilleure chose que le président Trump ait jamais pu faire. Et nous allons y aller à plein régime. » Une façon de reconnaître que l’adversité, parfois, peut souder et forcer à regarder ailleurs, à devenir plus fort et moins dépendant.
Finalement, tout ça laisse entrevoir une stratégie à deux volets : négocier ferme avec son principal partenaire, mais en parallèle, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier américain et accélérer le développement de ses propres atouts. C’est peut-être la leçon qu’il faut retenir de tout ça.
Conclusion : Un réveil salutaire dans un monde imprévisible

En résumé, l’intervention américaine au Venezuela a servi de catalyseur pour une prise de parole assez révélatrice. Doug Ford, sans minimiser les actions de Trump, choisit de ne pas céder à un alarmisme qui, selon lui, ne serait pas justifié. Il mise plutôt sur la réalité tangible des économies imbriquées et sur la capacité d’action de sa province.
Son message aux Ontariens, et peut-être à tous les Canadiens, c’est qu’il faut garder son sang-froid. Les menaces verbales d’annexion, aussi fracassantes soient-elles, se heurtent à la complexité du monde réel et à des liens économiques séculaires. La priorité, c’est de travailler à la table des négociations pour l’ACEUM, mais aussi, et c’est peut-être le plus important, de bâtir sa propre résilience.
L’idée que Trump ait « réveillé » le pays est un aveu intéressant. Elle sous-entend que la dépendance était peut-être trop grande, que la complaisance avait pris le dessus. Désormais, la marche est forcée : diversifier les marchés, exploiter ses ressources avec célérité, et avancer « à plein régime ». Une conclusion qui sonne moins comme de la bravade que comme un plan concret, né d’une époque où l’imprévisible semble être devenu la norme.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.