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Trump et RFK Jr. engagent une refonte du calendrier vaccinal des enfants
Crédit: Shealeah Craighead (Wikimedia) / shutterstock

Une décision qui fait l’effet d’une bombe

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C’est une décision qui va marquer un virage, peut-être même un dangereux retour en arrière, dans la santé publique américaine. Je m’explique : l’administration Trump, avec à sa tête le nouveau patron du Département de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., vient officiellement de réduire de manière drastique le nombre de vaccins universellement recommandés pour les enfants.

L’action a été menée ce lundi après-midi, le 5 janvier 2026, par Jim O’Neill, le secrétaire adjoint à la Santé, agissant en tant que directeur par intérim des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Le résultat est sans appel : le CDC ne recommandera plus systématiquement que 11 vaccins, contre 17 auparavant.

Et le plus troublant, c’est que tout ça a été fait en contournant les experts habituels, ceux qui, habituellement, étudient ces questions pendant des mois. Comme l’a confié à Gizmodo Demetre Daskalakis, l’ancien directeur du Centre national de vaccination et des maladies respiratoires du CDC, cette méthode « compromet à la fois l’intégrité scientifique et la transparence que nous devons aux familles ». Ça donne à réfléchir, non ?

Les forces en présence et une comparaison douteuse

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Il faut bien comprendre que cette bataille, elle ne date pas d’hier. Des personnalités comme RFK Jr., bien connu pour ses positions anti-vaccination, poussent depuis longtemps dans cette direction. Maintenant qu’il est à la tête du HHS, il a les moyens de ses ambitions, pour le meilleur ou… pour le pire.

Tout a semble-t-il accéléré en décembre lors d’une réunion du Comité consultatif sur les pratiques de vaccination (ACIP). Tracy Beth Høeg, la directrice par intérim du centre d’évaluation des médicaments de la FDA, a alors plaidé pour que les États-Unis s’inspirent du calendrier plus léger du Danemark, qui recommande universellement des vaccins contre 10 maladies, contre 16 (et bientôt 11) aux États-Unis.

Le président Trump a vite donné son feu vert par décret exécutif. L’annonce était même prévue juste avant Noël, mais elle a été reportée à la dernière minute, probablement à cause des risques juridiques. Ce n’était que partie remise.

Alors, qu’est-ce qui reste dans la liste universelle ? Les vaccins que le Danemark recommande aussi : rougeole, oreillons, rubéole, polio, coqueluche, tétanos, diphtérie, Haemophilus influenzae type B (Hib), pneumocoque et HPV. Une exception : les États-Unis garderont aussi la varicelle en recommandation universelle, contrairement au Danemark.

Le nouveau système à trois vitesses et les vives critiques

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Voilà où les choses se compliquent vraiment. Le CDC a maintenant créé trois catégories, ce qui va semer la confusion chez beaucoup de parents, j’en ai peur.

La première, on vient d’en parler : les 11 vaccins universels.

La deuxième, ce sont les vaccins conseillés pour les personnes à risque plus élevé. Ça concerne : le VRS, l’hépatite A, l’hépatite B, la dengue, le méningocoque ACWY et le méningocoque B.

La troisième catégorie est la plus floue : c’est une recommandation basée sur une « décision clinique partagée » au cas par cas. Dedans, on trouve : le rotavirus, le covid-19, la grippe (influenza), la maladie méningococcique, l’hépatite A et l’hépatite B.

En résumé, six maladies ont perdu leur statut de recommandation universelle : l’hépatite A et B, le rotavirus, le VRS, la grippe et la maladie méningococcique.

Et les experts, eux, sont vent debout. Andrew Racine, le président de l’Académie Américaine de Pédiatrie, a qualifié cette décision de « dangereuse et inutile« . Même les Danois, qu’on prend pour modèle, trouvent la comparaison boiteuse. Leur pays a une couverture santé universelle et de meilleurs programmes de dépistage, pour l’hépatite B par exemple.

Et puis, soyons sérieux, d’autres grands pays comme le Canada, l’Allemagne ou le Japon ont des calendriers similaires à l’ancien modèle américain. Le Royaume-Uni vient même d’ajouter un vaccin combiné contre la varicelle cette année ! C’est le monde à l’envers.

Le pire, c’est que le CDC, avant d’être, disons, ‘remanié’, affirmait lui-même qu’il n’existait aucune preuve crédible d’un risque pour la santé lié au nombre ou au calendrier des vaccins précédemment recommandés. Ça laisse songeur.

Conclusion : Et maintenant, que faire ? Les parents au centre des inquiétudes

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Alors, dans ce méli-mélo, y a-t-il une lueur d’espoir ? Peut-être une petite. Il semblerait que les assurances santé continuent de couvrir sans frais supplémentaires tous les vaccins de l’ancienne liste universelle. C’est crucial pour l’accès.

Ensuite, rien n’est joué d’avance au niveau local. Les États décident individuellement des vaccins obligatoires pour l’école. Beaucoup pourraient tout simplement ignorer ces nouvelles recommandations fédérales, et choisir de suivre les conseils des pédiatres plutôt que ceux des nominations politiques. Des procès sont déjà envisagés, comme pour les décisions passées.

Au final, le gouvernement a raison sur un point : la vaccination des enfants est bien une décision familiale. Mais elle doit être éclairée. Éclairée par les médecins, les pédiatres qui connaissent l’enfant et sa communauté, pas par des décrets improvisés.

Comme le dit si bien l’ancien responsable du CDC, Daskalakis, les parents devraient se tourner vers leurs pédiatres, ces « professionnels de confiance ». La santé de nos enfants est trop précieuse pour devenir un pion sur un échiquier politique. L’espoir, maintenant, repose sur le bon sens des familles et la résistance des professionnels de terrain. L’histoire nous jugera sur les conséquences de ce choix.

Selon la source : usatoday.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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