Une trêve verbale mais une guerre législative

Ces dernières semaines, les choses semblaient un peu plus calmes, du moins sur le front des déclarations. L’ancien président Donald Trump, je le lisais justement, avait adouci son langage envers la Chine. On se disait peut-être, bon, c’est pour préserver cette trêve fragile, cette accalmie précaire entre les deux géants. Mais voilà, c’est souvent comme ça en politique : ce qui se passe en coulisses, dans les salles feutrées du Congrès, est parfois bien plus parlant. Et là, ça ne chôme pas.
Alors que les commentaires publics s’apaisaient, le Congrès américain, lui, a continué son travail, et pas de manière discrète. Il a mis la Chine dans son viseur de façon très agressive, à travers un texte législatif massif, monumental même. Ce texte, c’est la loi sur l’autorisation de la défense nationale, qu’on appelle la NDAA. C’est un peu le budget annuel du Pentagone, mais bourré de dispositions qui, cette fois, visent clairement Pékin. C’est un drôle de mélange, vous ne trouvez pas ? D’un côté, on parle de détente, et de l’autre, on vote des lois qui ne vont pas du tout dans ce sens. Ça montre bien la complexité des relations entre ces deux pays.
Le cœur du projet : Taïwan, le point de friction absolu

Alors, que contient cette fameuse NDAA ? Elle est dense, mais deux choses ressortent clairement. D’abord, elle ordonne un examen serré, très serré, des investissements que font les entreprises américaines en Chine. L’idée, c’est de vérifier que l’argent américain ne finisse pas, même indirectement, par renforcer l’armée chinoise, notamment dans des domaines pointus comme le traitement des données ou l’intelligence artificielle. C’est une préoccupation qui traîne depuis des années à Washington.
Mais le vrai point d’achoppement, celui qui fait grincer des dents à Pékin, c’est Taïwan. La loi réaffirme le soutien des États-Unis à cette île. Et ça, c’est un sujet extrêmement sensible. La Chine considère Taïwan comme une province chinoise depuis les années 1940, depuis que les nationalistes s’y sont réfugiés après la guerre civile. Ils n’ont jamais renoncé à cette revendication, allant même jusqu’à dire qu’ils la reprendraient par la force si nécessaire.
Pourtant, si on regarde la réalité, Taïwan fonctionne comme un pays à part entière, et ce depuis 1949. Ils ont leur propre armée, leur monnaie, le nouveau dollar taïwanais, leur constitution, leurs lois, et surtout, un gouvernement élu démocratiquement. Tout ça sans aucun contrôle de Pékin. Les Taïwanais eux-mêmes, pour beaucoup, considèrent qu’ils forment déjà un pays souverain, la « République de Chine », et qu’une déclaration d’indépendance formelle n’est pas nécessaire. C’est un statut ambigu, compliqué, mais bien réel.
Et la NDAA vient bousculer ce statu quo. Elle propose carrément d’ajouter 700 millions de dollars à la coopération sécuritaire avec Taïwan. Ce n’est pas rien. Ça porte l’enveloppe totale de 300 millions à un milliard de dollars. En plus, le texte soutient la candidature de Taïwan pour rejoindre le Fonds Monétaire International (FMI). Ce serait une protection financière cruciale pour l’île face aux pressions chinoises. L’ambassade de Chine n’a pas du tout apprécié. Liu Pengyu, un porte-parole, a dénoncé un projet de loi qui « continue de mettre en avant le discours de la ‘menace chinoise’ » et qui « sape la souveraineté » de son pays.
Réactions en chaîne et jeux d’influence économiques

Cette loi, d’un montant colossal de 900 milliards de dollars pour les programmes militaires, a été présentée comme un moyen de « rééquilibrer les relations économiques » avec la Chine. C’est intéressant, parce qu’on sent une différence d’approche entre Trump et l’administration Biden. Le texte sous-entend que Trump, lui, serait plus ouvert à une relation économique « mutuellement bénéfique », alors que Biden voit plutôt la Chine comme une menace stratégique. D’ailleurs, Trump a montré des signes en ce sens : il a autorisé la société américaine Nvidia à vendre un type de puce informatique avancé à la Chine, une décision qui a inquiété pas mal d’experts en technologie.
Mais attention, le projet de loi avance prudemment. Trump, dans sa stratégie, ne veut sans doute pas « brûler les ponts » tout en montrant que les États-Unis négocient en position de force. Xi Jinping lui-même l’a averti de traiter la question taïwanaise « avec prudence ». Pour Pékin, c’est un intérêt fondamental, non négociable.
Et les tensions ne restent pas confinées au détroit de Taïwan. Récemment, la Chine a menacé militairement tout pays qui interviendrait là-bas. Un incident récent, le 8 décembre, l’illustre bien : des avions de chasse japonais F-15, qui vérifiaient si un navire chinois violait les eaux territoriales du Japon, se sont fait « verrouiller » par le radar d’un système chinois. C’est un acte très hostile. Suite à ça, l’Australie est immédiatement intervenue pour proposer une coopération renforcée avec le Japon.
Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a été très clair. Il a trouvé ces événements « préoccupants », rappelant que l’Australie avait eu ses propres soucis avec la Chine. Il a réaffirmé le soutien de son pays au statu quo à Taïwan : « Nous ne voulons voir aucun changement dans le statu quo dans le détroit de Taïwan ». Les deux pays ont même convenu de créer un « cadre de coordination stratégique en matière de défense » pour mieux travailler ensemble sur le renseignement, l’industrie, la technologie, et même la cybersécurité.
Conclusion : Un équilibre instable entre business et sécurité

Finalement, cette histoire de NDAA, c’est le reflet d’une rivalité qui se joue sur tous les tableaux. Les législateurs américains veulent depuis des années limiter les transferts de technologie vers la Chine, par peur de renforcer son armée. Mais ils se heurtent aussi à des intérêts économiques puissants. Prenez décembre 2024 : Elon Musk, qui a de gros enjeux en Chine avec son usine Tesla à Shanghai, s’est opposé à un projet de loi qui aurait restreint les ventes américaines aux fabricants chinois. La réalité économique, parfois, freine les ardeurs stratégiques.
Alors, où en est-on ? On a d’un côté une Chine qui affirme ses revendications avec une fermeté croissante, et de l’autre des États-Unis qui, par la loi, consolident leur soutien à Taïwan et tentent de verrouiller les fuites technologiques. Entre les deux, des alliés comme le Japon et l’Australie se regroupent, inquiets. La trêve verbale de Trump n’aura donc été qu’une pause. Les vrais mouvements, les décisions structurantes, elles, se prennent ailleurs. Et elles dessinent une carte géopolitique de plus en plus tendue, où chaque geste, chaque dollar alloué, est un message adressé à l’autre camp. L’équilibre est fragile, et personne ne sait vraiment ce que l’avenir nous réserve dans ce détroit de Taïwan, qui est devenu l’un des endroits les plus dangereux du monde.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.