Le Canada et la perte du Nord : de la « guerre du whisky » aux ambitions de Trump
Auteur: Adam David
Une ironie mordante : Carney, le Danemark et l’île Hans

C’était quand même assez cocasse, vous ne trouvez pas ? Je parle d’entendre Mark Carney, depuis Paris ce jeudi 8 janvier 2026, affirmer haut et fort qu’il soutiendra toujours la souveraineté du Danemark sur le territoire du Groenland. Ça prête à sourire, ou à grincer des dents, c’est selon.
Pourquoi ? Eh bien, il ne faut pas avoir la mémoire courte. Des années 1930 jusqu’à tout récemment… enfin, jusqu’en 2022 pour être précis, le Canada a passé son temps à contester cette même souveraineté danoise sur l’île Hans. Vous savez, ce petit rocher inhabité, perdu au milieu de nulle part, situé exactement à égale distance – soit 18 kilomètres – du Groenland et de notre territoire du Nunavut.
Cette vieille querelle territoriale, qui semblait ne jamais devoir finir, s’est finalement conclue en 2022 par un accord entre le Canada et le Danemark. On a sorti la règle et le crayon pour tracer une frontière de 1,2 km directement sur la fameuse île. Affaire classée, du moins sur le papier.
De la « guerre du whisky » à la brutalité de la doctrine « Donroe »
On appelait ça la « guerre du whisky ». C’est presque nostalgique quand on y pense. Ce différend se limitait, au fond, à des gestes plutôt sympathiques : périodiquement, chaque pays envoyait quelques gars, parfois accompagnés de soldats, sur le rocher. Ils y déposaient une bouteille de spiritueux – du whisky ou du schnaps, selon le drapeau – et plantaient leur pavillon pour marquer le territoire. C’était une guerre de gentlemen, en quelque sorte.
Aujourd’hui, cette époque semble bien lointaine face à la brutalité avec laquelle l’administration Trump aborde la question du Groenland. Le ton a changé, c’est le moins qu’on puisse dire : « Ça nous le prend. C’est notre hémisphère. » Voilà, c’est dit sans détour. Bob Rae, notre ancien politicien et diplomate à la retraite, ne s’y est pas trompé dans ses déclarations au Globe and Mail hier. Il soulignait qu’jamais, au grand jamais, une administration américaine n’avait autant mis au défi la souveraineté du Dominion. Cette désinvolture inquiétante, Trump l’avait d’ailleurs déjà affichée concernant la frontière qui divise les Grands Lacs.
On assiste à l’émergence de ce qu’on pourrait appeler la doctrine « Donroe ». C’est la doctrine Monroe, mais sous stéroïdes. Elle nous renvoie directement au XIXe siècle, à l’époque où l’empire américain se bâtissait pierre par pierre. Soit en conquérant des territoires, soit en sortant le chéquier : la Louisiane en 1803 pour 15 millions de dollars, ou l’Alaska en 1867 pour la modique somme de 7,2 millions de dollars.
Le mépris du droit international et le passage du Nord-Ouest

Ce retour au XIXe siècle est préoccupant car c’était une époque avant l’élaboration d’un véritable droit international. Soyons honnêtes, les grandes puissances ont souvent fait semblant de le respecter par la suite. Les États-Unis en ont été les promoteurs quand ça les arrangeait, mais n’ont pas hésité à le violer pour préserver leurs intérêts… pensons à Belgrade en 1998 ou à Bagdad en 2003, par exemple. Les petits pays comme notre Dominion ont bien profité de cette parenthèse où les empires jouaient le jeu, ou du moins faisaient mine de s’y plier.
Le changement actuel, brutal, est causé par Trump, certes, mais le glissement avait commencé bien avant son arrivée. Rappelez-vous, au début des années 2010, Stephen Harper dénonçait déjà la navigation illégale de sous-marins nucléaires américains dans nos eaux territoriales, spécifiquement dans le passage du Nord-Ouest.
À l’époque, l’administration Obama avait protesté, qualifiant ces eaux de « détroit international ». La vérité ? Les États-Unis s’inquiétaient déjà des ambitions russes et chinoises dans la région et, disons-le franchement, de l’incapacité du Canada à y faire face. Les trois grands empires qui semblent vouloir se partager le monde étaient déjà à l’œuvre. Pendant ce temps, pour les gouvernements postnationalistes de Justin Trudeau, la souveraineté canadienne en Arctique, c’était un thème un peu trop… conservateur, peut-être ?
Conclusion : Vers une radicalisation de la politique américaine

Au final, on peut dire que Trump ne fait que poursuivre la politique américaine de l’époque Obama, mais il la radicalise. Il l’hyperbolise, même ! Et ce, au mépris total des normes internationales sur le respect des souverainetés nationales et des traités comme l’OTAN.
C’est une accélération de l’histoire qui ne présage rien de bon pour nous. Il se peut fort bien, malheureusement, qu’on n’ait encore rien vu.
Selon la source : journaldequebec.com
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