Certains chiens peuvent apprendre de nouveaux mots en écoutant nos conversations, révèle une étude
Auteur: Simon Kabbaj
Plus que de simples spectateurs poilus

On a tous déjà eu cette impression étrange, un peu paranoïaque peut-être, que notre chien comprend bien plus de choses qu’il ne le laisse paraître. Eh bien, il semblerait que ce ne soit pas juste le fruit de notre imagination. Une étude fascinante, publiée ce jeudi 8 janvier 2026, vient de jeter un pavé dans la mare de la cognition animale. Figurez-vous que certains chiens, les plus brillants du lot, sont capables d’apprendre de nouveaux mots simplement en… écoutant nos conversations. Oui, en faisant les curieux.
Les chercheurs, basés notamment à Budapest, se penchent depuis un moment sur ces canidés un peu hors normes, ceux qu’on appelle les « Chiens Doués pour l’Apprentissage de Mots » (ou GWL pour les intimes). Prenez l’exemple de Basket. C’est une femelle Border Collie de 7 ans qui a participé à l’étude. Ce n’est pas juste un bon toutou ; elle connaîtrait le nom de plus de 200 jouets différents. C’est hallucinant quand on y pense. Shany Dror, l’auteure principale de l’étude et chercheuse en cognition animale, explique que ces résultats prouvent que l’humain n’est pas le seul à pouvoir apprendre en captant des bribes de paroles au vol.
Dror, qui a bossé sur ce projet d’abord à l’Université Eötvös Loránd (ELTE) et qui est maintenant post-doctorante à l’Université de médecine vétérinaire de Vienne, en Autriche, souligne un point crucial : le potentiel énorme des signaux sociaux. En gros, nos interactions quotidiennes sont une mine d’or d’informations pour ces animaux. Ce n’est pas seulement du dressage formel avec des friandises, c’est de la vie, tout simplement.
L’expérience : 100% de réussite en mode espion

Alors, comment ont-ils prouvé ça ? L’équipe a recruté dix de ces chiens « surdoués » pour une série de tests assez rigoureux. Ils ont mis en place deux scénarios distincts pour voir comment ces génies à quatre pattes assimilaient de nouveaux mots. Dans le premier cas, c’était du classique : le propriétaire montrait un jouet au chien en répétant son nom, encore et encore. Une méthode d’apprentissage directe. Mais c’est la deuxième méthode qui est bluffante. Le chien voyait l’objet, certes, mais il entendait son maître le nommer uniquement au travers d’une conversation avec une autre personne. Comme si le chien n’était pas concerné, juste un témoin passif.
Les résultats ? Accrochez-vous. Quand on leur a appris le mot directement, les chiens ont eu un taux de réussite de 80 % pour retrouver le bon jouet dans une autre pièce (pour éviter que le maître ne triche involontairement en les guidant du regard). C’est déjà excellent. Mais tenez-vous bien : lorsqu’ils ont appris le mot en « écoutant aux portes », le taux de réussite a grimpé à 100 %. C’est dingue, non ? Ils apprennent mieux quand ils pensent qu’on ne leur parle pas !
Les chercheurs, probablement un peu sadiques – ou juste très rigoureux –, ont voulu corser l’affaire. Ils ont tenté une variante où le jouet était caché dans un seau, hors de la vue du chien, au moment où le maître prononçait son nom. Il y avait donc un décalage temporel entre voir l’objet et entendre le mot. Et même là, la majorité de ces chiens surdoués a réussi à faire le lien. C’est une prouesse cognitive majeure.
Comparaison avec les bébés et la dure réalité pour les autres chiens

Shany Dror n’hésite pas à faire le parallèle avec les enfants humains. Ces résultats reflètent ce qu’on observe chez les bambins de 18 mois. À cet âge-là, les petits d’hommes sont tout aussi capables d’apprendre en écoutant les adultes papoter qu’en étant stimulés directement. Mais attention, ne nous emballons pas trop vite. Même si on adore appeler nos chiens nos « bébés à fourrure », leurs cerveaux ne fonctionnent pas exactement comme les nôtres.
Comme le précise Dror (et c’est important de le noter pour ne pas faire d’anthropomorphisme mal placé), une similitude de comportement ne veut pas dire que la mécanique cérébrale derrière est identique. Les processus cognitifs sont probablement très différents, même si le résultat visible est le même. C’est de l’évolution convergente, en quelque sorte.
Et maintenant, la mauvaise nouvelle… ou disons, le retour à la réalité pour la plupart d’entre nous. Ce talent d’écoute n’est pas universel. L’équipe a reproduit l’expérience avec des chiens « typiques », vous savez, les bons toutous de famille qui n’ont jamais appris des centaines de noms de jouets. Eh bien, après avoir pris en compte leur curiosité naturelle, les résultats étaient sans appel : ils n’ont pas fait mieux que le hasard. Zéro. Nada. Ils ne comprenaient pas.
Cela dit, ne soyez pas trop déçus si votre chien ne comprend pas quand vous parlez de sa balle en code. Des recherches précédentes menées par la même équipe (le fameux Genius Dog Challenge) avaient déjà montré que les chiens surdoués pouvaient retenir un mot après l’avoir entendu seulement quatre fois, et s’en souvenir deux ans plus tard. C’est une élite.
Conclusion : Une intelligence sociale à ne pas sous-estimer

Cette étude, parue dans le prestigieux journal Science, nous rappelle que même si la majorité des chiens ne sont pas des génies des mots certifiés, ils restent des experts en relations sociales. Shany Dror insiste là-dessus : l’espèce canine possède des compétences sociales extraordinaires et apprend énormément en observant nos démonstrations non verbales. Ils nous scannent en permanence, même s’ils ne comprennent pas chaque syllabe.
Pour les propriétaires, c’est une invitation à intégrer davantage la parole naturelle dans le quotidien. Parlez-leur, même s’ils ont l’air de regarder les mouches voler. Et qui sait ? Si vous avez l’impression que votre chien sort du lot et retient tout ce que vous dites, l’équipe de recherche est toujours à l’affût de nouvelles recrues pour leurs futures études. Peut-être avez-vous un petit Einstein qui dort sur votre canapé sans que vous le sachiez.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.