Un silence qui en dit long

C’est un constat qui fait un peu froid dans le dos, mais qui est terriblement humain. Imaginez un instant : vous avez un doute, une petite inquiétude au fond de vous, mais vous préférez fermer les yeux. C’est exactement ce que vivent de nombreux concitoyens. Selon un tout nouveau sondage Léger, un quart des Canadiens préféreraient tout simplement ne pas savoir s’ils sont atteints de la maladie d’Alzheimer. C’est énorme, non ?
Ce refus de voir la réalité en face, il vient souvent d’un manque de repères. La moitié des gens, et je pèse mes mots, ne sauraient même pas par où commencer pour trouver de l’aide. C’est dans ce contexte un peu brumeux que la Société Alzheimer du Canada a décidé de taper du poing sur la table – gentiment, bien sûr – avec sa campagne « N’oublions personne ». Parce que nous sommes en janvier, le mois de la sensibilisation à l’alzheimer, l’objectif est clair : briser l’isolement. On le sait, plus on s’y prend tôt, meilleure est la qualité de vie. Mais encore faut-il oser franchir le pas.
La peur au ventre : stigmatisation et perte d’autonomie

Pourquoi cette hésitation ? Jocelyn Thémens, qui dirige les communications à la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer, met le doigt sur le problème : le tabou. Il y a encore une stigmatisation tenace qui colle à cette maladie. M. Thémens le dit très bien : « Ce n’est pas surprenant parce que ça revient à dire qu’on s’inquiète des maladies neurocognitives, mais toute la notion de stigmatisation — le mot revient souvent — ça empêche les gens de demander de l’aide ».
C’est un cercle vicieux, vous ne trouvez pas ? On veut éviter le diagnostic, mais comme le rappelle M. Thémens, faire l’autruche n’arrête pas la progression de la maladie. Ça ne fait que retarder l’accès à des soins qui, pourtant, existent bel et bien. « Il existe des services, il y a de l’aide qui est là », insiste-t-il. Mais le silence… ce fameux silence empêche les gens d’obtenir le soutien qu’ils méritent.
Regardons les chiffres de ce sondage réalisé en novembre 2025 auprès de 1606 Canadiens (avec une marge d’erreur de 2,45 %, 19 fois sur 20, pour être précis). Ce qui fait peur, c’est l’autonomie qui s’effrite. C’est d’ailleurs frappant de voir la différence entre les sexes : 51 % des femmes craignent cette perte d’autonomie en premier lieu, contre 39 % des hommes. On sent une anxiété plus marquée chez la gent féminine à ce sujet.
Et ce n’est pas tout. Les raisons de fuir la vérité sont multiples et, avouons-le, assez tristes :
- Deux personnes sur cinq pensent que leur style de vie changerait trop radicalement.
- 29 % seraient perdus, ne sachant pas quoi faire.
- 25 % ont peur que leurs amis ou leur famille les traitent différemment (la peur du regard de l’autre, toujours elle).
- 13 % seraient embarrassés.
- Et un autre 13 % craindraient carrément de vivre de la discrimination.
Si le diagnostic tombait, les deux tiers des sondés auraient cette terrible peur de devenir un poids pour leurs proches. C’est lourd à porter.
Vivre avec la maladie : entre perception et réalité

Il y a aussi quelque chose d’assez paradoxal dans la manière dont on perçoit la maladie chez les autres par rapport à soi-même. Le sondage révèle une fracture intéressante : on est plutôt à l’aise d’interagir avec une connaissance atteinte d’alzheimer (25 % très à l’aise, 45 % plutôt à l’aise). C’est rassurant. Mais dès qu’il s’agit de s’impliquer davantage, l’enthousiasme retombe comme un soufflé.
S’occuper de la personne ? Là, seulement 12 % se disent très à l’aise (35 % plutôt à l’aise). Vivre avec elle ? On tombe à 10 % de « très à l’aise ». On voit bien les limites de la bonne volonté quand le quotidien s’en mêle. D’ailleurs, lorsqu’on demande aux gens s’ils pourraient « bien vivre » avec une maladie neurodégénérative, la moitié sont en désaccord. Seuls 24 % y croient, et 26 % nagent dans le flou.
Pourtant, et c’est là qu’il faut garder espoir, deux personnes sur cinq pensent qu’elles pourraient quand même maintenir leurs relations sociales. Jocelyn Thémens tient à rassurer tout le monde : « Ce qu’on fait ressortir dans nos messages, c’est qu’on peut continuer à vivre avec l’aide d’un proche aidant, on peut continuer d’être actif, on peut continuer à faire partie de ce monde, mais avec sa réalité ».
Pour ceux qui se sentent perdus, sachez que la Société Alzheimer du Canada, c’est du solide : une centaine de Sociétés à travers le pays, dont 20 rien qu’au Québec. M. Thémens le précise avec force : pas besoin d’attendre des mois comme pour un psy. « On a des ressources, on a une expertise […] ça va être pris en charge dès maintenant ». Un suivi professionnel rapide, c’est quand même rassurant.
Il rappelle aussi l’existence d’un outil précieux lancé par la Fédération québécoise : le site web plus-tot.ca. On peut y évaluer sa santé cognitive via un petit sondage. Attention, ça ne remplace pas le médecin, hein ! Mais ça donne les dix signes précurseurs et plein d’infos utiles pour ne pas rester dans le noir.
Conclusion : Ne restez pas seul

Au fond, ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que la peur est naturelle, mais elle ne doit pas paralyser. L’ignorance peut sembler être un confort temporaire, mais elle prive surtout d’un temps précieux pour s’organiser et profiter de la vie.
Les ressources sont là, les experts attendent, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, on ne se retrouve pas seul face à la montagne. Si vous avez un doute, ou si un proche vous inquiète, n’hésitez pas. Mieux vaut savoir et agir, que d’attendre et subir.
Selon la source : noovo.info
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