Le président allemand accuse Trump de transformer l’ordre mondial en « repaire de voleurs »
Auteur: Simon Kabbaj
Une attaque surprise et des mots qui claquent

On ne s’attendait peut-être pas à une réaction aussi vive, du moins pas venant de lui. Frank-Walter Steinmeier, le président allemand, a un rôle qui est d’habitude, disons, assez cérémoniel, presque en retrait. Mais là, le ton a changé. Radicalement. Quelques jours à peine après l’attaque surprise lancée par les États-Unis contre le Venezuela — une opération coup de poing qui a mené à la capture du président Nicolás Maduro et, ne l’oublions pas, de son épouse — Steinmeier est sorti de sa réserve lors d’un symposium.
Ses mots ? Ils ont résonné comme un coup de tonnerre diplomatique. Il n’y est pas allé par quatre chemins pour critiquer le comportement de Washington. Pour lui, la démocratie mondiale subit actuellement une pression qu’on n’avait jamais vue auparavant. C’est du sérieux. Il a averti, avec une gravité palpable, que l’ordre établi après la Seconde Guerre mondiale risquait tout simplement de voler en éclats. Il faut à tout prix empêcher l’effondrement de ce système fondé sur des règles, a-t-il martelé. Sinon ? Sinon, nous risquons de basculer dans ce qu’il appelle, avec une formule qui restera probablement dans les annales, une « tanière de voleurs ».
C’est une image forte, n’est-ce pas ? Une tanière où, selon ses propres termes, « les plus sans scrupules prennent tout ce qu’ils veulent » et où des nations entières, des régions complètes, se retrouvent traitées comme la simple propriété d’une poignée de grandes puissances. C’est une vision du monde assez effrayante qu’il dépeint là.
L’allié américain : de pilier à facteur de risque

Ce qui inquiète le plus en Europe, et ce que Steinmeier a souligné avec une certaine amertume, c’est que la menace ne vient pas d’un ennemi habituel, mais de l’allié historique. Le président allemand a mis en garde contre le fait que les États-Unis, pourtant considérés pendant des décennies comme la pierre angulaire, le socle même du système d’après-guerre, participent désormais activement à ce qu’il décrit comme une érosion dangereuse de nos principes communs.
Il a lâché cette phrase lourde de sens : « Ensuite, il y a l’effondrement des valeurs par notre partenaire le plus important, les États-Unis, qui ont aidé à construire cet ordre mondial ». On sent bien ici la profondeur du malaise européen. Et franchement, il suffit de regarder les actions récentes de l’administration Trump pour comprendre cette angoisse. Ce n’est pas juste des paroles en l’air. L’administration américaine a annoncé la suspension de son soutien à pas moins de 66 organisations internationales.
La plupart de ces organisations sont liées aux Nations unies et travaillent sur des sujets cruciaux comme le climat ou le travail. Pourquoi ce retrait ? Washington rejette ce qu’il qualifie de travail consultatif lié à la diversité ou, comme ils disent, à des initiatives « woke ». Et comme si cela ne suffisait pas pour ébranler les certitudes, Trump a remis sur le tapis ses menaces concernant le Groenland. Il veut affirmer son contrôle sur ce territoire qui appartient pourtant au royaume danois et fait partie de l’OTAN. De quoi donner des sueurs froides aux capitales européennes qui voient Washington non seulement quitter les institutions multilatérales, mais remettre en cause les alliances qu’ils ont eux-mêmes bâties.
Pétrole et reconstruction : la vision « rentable » de Trump

Mais revenons un instant sur le Venezuela, car c’est là que la vision de Trump devient la plus concrète, et peut-être la plus cynique. Suite à l’attaque et à l’arrestation de Maduro, l’administration américaine ne s’est pas contentée de changer le régime. Elle a entrepris d’affirmer son contrôle direct sur le pétrole vénézuélien. Ils ont saisi plusieurs pétroliers et, tenez-vous bien, ont annoncé qu’ils allaient superviser la production énergétique du pays pour les années à venir.
Steinmeier, lui, voit cela comme la preuve ultime que le monde devient cette fameuse « tanière de voleurs ». Pendant ce temps, Donald Trump expose sa propre vision, qui mêle stratégie et business sans aucun complexe. Dans une interview au New York Times, il a déclaré sans sourciller : « Nous allons reconstruire d’une manière très rentable ». La reconstruction vue comme un profit, voilà qui est clair.
Et il est allé encore plus loin sur sa plateforme, Truth Social. Le ton y était beaucoup plus assuré, presque triomphal. Il a affirmé que les autorités intérimaires du Venezuela allaient remettre aux États-Unis entre 30 et 50 MILLIONS de barils de pétrole de haute qualité, sanctionné par la loi. Ce pétrole sera vendu au prix du marché. Et l’argent ? C’est là que ça devient intéressant : Trump assure que cet argent sera « contrôlé par moi, en tant que président des États-Unis d’Amérique », pour s’assurer, dit-il, qu’il profite aux peuples vénézuélien et américain.
Conclusion : Une diplomatie transactionnelle qui change la donne

Quand on met bout à bout toutes ces déclarations, le tableau qui se dessine est assez net. On assiste à une fusion explicite entre les ressources internationales, l’autorité exécutive d’un seul homme et la rentabilité économique. Le contrôle économique n’est plus juste une conséquence, il devient un outil politique et une justification assumée des interventions militaires.
C’est une vision du monde où la diplomatie traditionnelle s’efface au profit d’une approche purement transactionnelle, supervisée personnellement par le chef de l’État. Pour Steinmeier et pour l’Europe, le risque est immense : voir les normes mondiales s’effondrer pour laisser place à la loi du plus fort. Reste à savoir si cet avertissement sera entendu ou si nous sommes déjà trop engagés dans cette nouvelle réalité.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.