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Plus que des cicatrices : le lourd traumatisme psychologique des attaques de chiens
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une réalité qui dépasse la simple blessure physique

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On a tendance à penser qu’une attaque de chien, une fois les points de suture retirés et les ecchymoses disparues, appartient au passé. Mais est-ce vraiment le cas ? Une étude récente menée par l’Université de Liverpool suggère tout le contraire. Pour beaucoup de victimes, la guérison physique n’est que la partie émergée de l’iceberg, laissant place à une peur viscérale, de l’anxiété et un stress qui s’installe durablement.

Cette recherche met en lumière la façon dont les blessures liées aux chiens affectent les corps, certes, mais aussi les esprits et la vie quotidienne à travers l’Angleterre et le Pays de Galles. Ce qui est intéressant ici, c’est la méthode : au lieu de se limiter aux dossiers hospitaliers classiques, les chercheurs ont plongé dans les registres de réclamations légales pour préjudice corporel. C’est une approche qui offre un regard bien plus profond sur les dégâts réels.

Il faut dire que le contexte est particulier. Le nombre de chiens ne cesse de croître au Royaume-Uni. En 2024, on comptait plus de 13,6 millions de chiens enregistrés. C’est énorme. Et mathématiquement, plus de chiens signifie plus de contacts avec les humains, et donc, un risque accru de blessures. D’ailleurs, les taux d’admission à l’hôpital liés à ces incidents ont grimpé en flèche au cours des dernières décennies.

Cependant, les dossiers médicaux ne racontent pas toute l’histoire. Beaucoup de gens passent aux urgences sans être hospitalisés, et les effets à long terme sur la santé mentale restent souvent invisibles pour le système médical. C’est là que les données juridiques comblent les lacunes en enregistrant les conséquences personnelles, sociales et financières. C’est une mine d’or d’informations : les avocats collectent l’âge, le sexe, le lieu, le statut de contrôle du chien, mais aussi l’absence au travail et la perte de revenus.

Lieux, victimes et typologie des attaques : briser les idées reçues

L’analyse a porté sur des incidents signalés entre janvier 2017 et mars 2024. Au total, ce sont 816 incidents liés aux chiens qui ont donné lieu à 842 réclamations. La grande majorité s’est produite en Angleterre, et sans surprise, les morsures représentaient plus de 90 % des cas. Mais attendez, il y a des détails qui changent notre perception des choses.

On imagine souvent que ces attaques surviennent à l’intérieur des maisons, non ? Eh bien, les données légales racontent une tout autre histoire. Un grand nombre de blessures se sont produites à l’extérieur des zones résidentielles. Les trottoirs, les parcs, les réserves naturelles et les terrains vagues reviennent souvent dans les rapports. Le rôle des chiens non attachés est central. La plupart des chiens mordeurs, et presque tous ceux impliqués dans des incidents sans morsure, n’avaient pas de laisse.

Ce qui est peut-être le plus frustrant, c’est que les propriétaires se tenaient souvent juste à côté. Pourtant, le contrôle a échoué. Le manque de contention a augmenté la vitesse, la force et surtout l’effet de surprise lors du contact. Les travailleurs de livraison, par exemple, font face à un risque élevé. Ces rencontres sur le pas de la porte finissent souvent par des morsures lorsque les portes s’ouvrent soudainement.

Ces travailleurs représentaient plus d’un quart des victimes de morsures. Le travail de livraison occasionnel ajoute une couche de vulnérabilité à cause d’une formation et d’une protection limitées. Mais il n’y a pas que les dents qui font mal. Les incidents sans morsure impliquaient souvent des collisions. Des chiens qui courent et renversent des gens, entraînant chutes et fractures. Ces blessures survenaient surtout lors de promenades ou d’exercices dans des espaces publics.

Les fractures du bas de la jambe sont apparues fréquemment. L’impact à haute vitesse transfère la force directement dans les os et les articulations. Les adultes plus âgés, en particulier les femmes, ont fait face à un risque de fracture plus élevé en raison d’une solidité osseuse moindre. La récupération ? Elle a souvent nécessité de la chirurgie et une longue rééducation.

Le fardeau invisible : trauma psychologique et impact économique

credit : lanature.ca (image IA)

Au-delà de la chair meurtrie, c’est l’esprit qui trinque. Des dommages psychologiques ont suivi la plupart des incidents. La peur des chiens, le sommeil perturbé, la panique et l’évitement ont affecté la vie quotidienne des victimes. C’est un bilan lourd : une personne blessée sur sept a reçu un diagnostic officiel de santé mentale.

Des phobies spécifiques sont apparues souvent. Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) a également émergé à des taux supérieurs aux moyennes mondiales. Ces conditions ne sont pas anodines ; elles limitent l’activité sociale, la performance au travail et l’indépendance. De nombreuses personnes ont signalé des symptômes sans diagnostic formel, ce qui suggère une sous-reconnaissance du problème. Les chercheurs ont d’ailleurs noté que les études existantes se concentrent principalement sur les enfants, alors que le traumatisme adulte après une attaque de chien reçoit beaucoup moins d’attention malgré des conséquences graves.

Et puis, il y a l’impact économique, brutal et concret. La blessure physique et la détresse mentale ont perturbé l’emploi. Plus de la moitié des victimes qui travaillaient ont dû prendre des congés. Certaines absences ont duré des mois, voire des années. La perte de revenus a touché de nombreux ménages, ajoutant du stress au-delà de la récupération médicale. La combinaison des coûts hospitaliers, des salaires perdus et des traitements en cours crée un fardeau financier majeur pour les individus et la société.

Conclusion : Vers une législation plus stricte ?

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Ces attaques mettent en évidence des lacunes béantes dans nos lois. Les règles nationales actuelles offrent une protection limitée dans les zones publiques. Il existe des conseils, certes, mais ils manquent de force légale. Les arrêtés locaux, quant à eux, varient énormément en termes d’application et de couverture. Les chercheurs avertissent que les zones non résidentielles, comme les espaces verts, restent largement non protégées. Les preuves lient directement les chiens non attachés dans ces zones à des blessures graves.

« Ces données impliquent les chiens non attachés dans des lieux non résidentiels comme un facteur incitatif majeur pour les blessures liées aux chiens, et les stratégies de prévention des blessures doivent explorer comment l’utilisation de la laisse peut être légiférée efficacement », a noté l’équipe. Le constat est sans appel : la plupart des plaignants ont rapporté que les chiens étaient avec leurs propriétaires et sans laisse. Près de la moitié des incidents de morsure et plus de 80 % des incidents sans morsure se sont produits dans des lieux non résidentiels, impliquant majoritairement des chiens en liberté. Ces résultats soulèvent de sérieuses inquiétudes sur le contrôle par les propriétaires.

Face à cela, les chercheurs recommandent des règles nationales exigeant que les chiens soient tenus en laisse courte et fixe sur les routes et dans les espaces verts urbains, avec des exceptions pour des zones sans laisse approuvées localement. Des campagnes d’éducation publique pourraient soutenir la compréhension et le respect de ces règles. Une meilleure conception des parcs, des panneaux clairs et une responsabilité partagée pourraient réduire les dommages tout en protégeant le bien-être animal. L’étude complète est publiée dans la revue Injury Prevention.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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