Une pilule difficile à avaler pour nos restaurateurs

C’est une nouvelle qui fait froid dans le dos, surtout pour ceux d’entre nous qui aiment se retrouver autour d’un bon repas. Selon un rapport tout frais publié ce 9 janvier 2026 par Uday Rana de Global News, l’année qui s’annonce risque d’être impitoyable pour l’industrie de la restauration au Canada. Le laboratoire d’analyse agroalimentaire de l’Université Dalhousie, une référence en la matière, tire la sonnette d’alarme : on s’attend à perdre, tenez-vous bien, 4 000 restaurants à l’échelle nationale cette année.
Quand on lance ce chiffre, il faut bien comprendre de quoi il s’agit. Ce n’est pas juste 4 000 portes qui ferment, c’est un chiffre sur une « base nette ». En bon français, cela signifie que le nombre de fermetures va dépasser celui des nouvelles ouvertures de 4 000 établissements. C’est énorme. L’étude s’est basée sur des données solides de Statistique Canada concernant les services de restauration et les débits de boissons, ainsi que sur les chiffres de Restaurants Canada. Bref, ce n’est pas une simple supposition en l’air, c’est… malheureusement très concret.
La fin de l’assistance respiratoire

Ce qu’il faut saisir, et le rapport insiste bien là-dessus, c’est que ce n’est pas un effondrement soudain qui nous tombe dessus sans prévenir. Non, le problème est plus insidieux. Le secteur opère dans un état de stress économique prolongé depuis 2021. Vous vous souvenez sans doute de cette période compliquée… Eh bien, de nombreux restaurants ont été maintenus à flot, un peu artificiellement disons, grâce aux aides de l’ère pandémique. On parle ici des subventions salariales, des allégements de loyer, des reports de prêts et autres reports d’impôts.
Aujourd’hui, la réalité nous rattrape. Les estimations de Restaurants Canada sont assez inquiétantes : 41 % des entreprises de services alimentaires fonctionnent à perte ou atteignent tout juste le seuil de rentabilité. C’est presque la moitié ! Et comme si ça ne suffisait pas, les clients — c’est-à-dire nous — changent leurs habitudes. Toujours selon les chiffres, 41 % des Canadiens affirment avoir réduit leurs visites au restaurant l’année dernière. Pourquoi ? À cause des coûts plus élevés, tout simplement. On regarde tous un peu plus notre portefeuille ces temps-ci, n’est-ce pas ?
Le rapport pointe du doigt plusieurs coupables pour expliquer cette tempête parfaite. Il y a d’abord la hausse des coûts des intrants — la matière première coûte plus cher — et des coûts de main-d’œuvre depuis le début de la pandémie. Et puis, il y a aussi les changements apportés au programme des travailleurs étrangers temporaires qui ont ajouté une couche de complexité aux défis que l’industrie doit relever.
Les petits trinquent, les gros résistent

Il y a un autre détail intéressant, enfin… intéressant mais triste, soulevé par le rapport. Les Canadiens sont devenus plus frugaux. On dépense moins quand on sort. Cette demande plus « molle », comme ils disent, frappe de plein fouet l’une des plus grosses vaches à lait de l’industrie : l’alcool. On commande moins de vin, moins de cocktails, et ça fait mal aux marges des restaurateurs.
Et comme souvent dans ces situations économiques difficiles, ce n’est pas tout le monde qui est logé à la même enseigne. Alors que les grandes entreprises et les chaînes de restaurants auront peut-être les reins assez solides pour traverser la tempête, les petits restaurants indépendants — vous savez, ce petit bistro du coin qu’on aime tant — risquent d’être les plus durement touchés.
Sylvain Charlebois, le directeur du Laboratoire d’analyse agroalimentaire et auteur du rapport, résume la situation avec une lucidité qui force le respect. Il rappelle qu’on est presque six ans après le début de la pandémie. Six ans ! Il explique que ces années ont été très perturbatrices et que de nombreux programmes ont maintenu beaucoup d’établissements en vie artificiellement. Selon ses propres mots : « Nous assistons essentiellement à un redimensionnement de l’industrie, basé sur les fondamentaux économiques que nous observons sur le terrain ».
Conclusion : Un ajustement nécessaire ?

Au fond, ce que nous vivons là, c’est peut-être un retour à la réalité économique, aussi brutal soit-il. Perdre 4 000 établissements en une seule année, c’est un choc pour nos communautés et pour l’emploi local. Cela nous rappelle que derrière chaque enseigne, il y a des familles, des passifs et des défis quotidiens immenses.
Reste à espérer que ce « redimensionnement » évoqué par M. Charlebois permettra aux survivants de repartir sur des bases plus saines. En attendant, si vous avez un petit resto de quartier que vous adorez, c’est peut-être le moment ou jamais d’aller y faire un tour.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.