Le comité Nobel brise le silence face aux ambitions de Trump sur le transfert du prix Nobel
Auteur: Simon Kabbaj
Quand le Nobel doit rappeler les règles du jeu

On aurait pu croire à une blague, mais l’histoire est tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Face aux manœuvres pour le moins transparentes de certaines figures de la Maison Blanche, le vénérable Comité Nobel norvégien s’est vu contraint — et c’est une première historique, notez-le bien — de clarifier publiquement les règles de propriété de son prestigieux prix de la Paix. Il faut dire que la situation devenait intenable.
Cela fait des semaines que les discussions vont bon train autour de la frustration, pour ne pas dire le dédain, affiché par le président Donald Trump. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’a pas reçu le prix, malgré ses affirmations — pourtant lourdement contestées par les observateurs — selon lesquelles il aurait mis fin à pas moins de « huit guerres ». C’est dans ce climat un peu surréaliste que le Comité a tranché : non, un prix Nobel ne peut être ni « révoqué, ni partagé, ni transféré ». Une mise au point qui ressemble fort à une fin de non-recevoir.
Entre raids nocturnes et confusion diplomatique

L’affaire a pris une tournure encore plus acide ce mercredi 7 janvier. Donald Trump, fidèle à son style, n’a pas hésité à qualifier le comité de « stupide » (ou « foolish », pour reprendre ses mots exacts). La raison de cette colère ? L’attribution du prix de l’année dernière à María Corina Machado, figure de proue de l’opposition vénézuélienne. Ce qui est fascinant, c’est que Machado elle-même, récompensée pour sa lutte acharnée visant à sauver son pays d’un « État brutal et autoritaire », a fait une offre stupéfiante : elle souhaite remettre sa médaille au président américain.
Il faut remettre les choses dans leur contexte, et quel contexte… Cette proposition intervient juste après le raid spectaculaire du 3 janvier sur la capitale du Venezuela. Une opération qui a vu le dirigeant du pays, Nicolás Maduro, être carrément enlevé et transféré à New York pour y être jugé sous des accusations de narco-terrorisme. C’est digne d’un thriller, non ? Machado, qui avait dû fuir le Venezuela déguisée à peine un mois plus tôt pour accepter son prix international, se retrouve au cœur d’un imbroglio diplomatique total. La question qui brûlait toutes les lèvres était simple : Trump peut-il récupérer ce prix par la petite porte si la lauréate le désire ?
Le verdict du Comité et les paradoxes de la Maison Blanche

Face à la rumeur grandissante, le Comité Nobel a pris une mesure rare pour couper court à tout espoir de transfert. Dans un communiqué publié sur leur site web ce vendredi 9 janvier, l’organisation a été limpide, dissipant ce que beaucoup considèrent comme une tentative d’obtenir le prix par des moyens détournés. « Le Comité Nobel norvégien et l’Institut Nobel norvégien reçoivent un certain nombre de demandes de commentaires concernant la permanence du statut de lauréat », ont-ils écrit. Leur sentence est sans appel : « Les faits sont clairs et bien établis. Une fois qu’un prix Nobel est annoncé, il ne peut être révoqué, partagé ou transféré à d’autres. La décision est définitive et vaut pour toujours. »
Et pourtant, la politique a ses raisons que la raison ignore. Malgré cette candidate toute désignée pour reprendre les rênes du Venezuela, Trump a déclaré que María Corina Machado n’était « pas assez respectée » à l’intérieur du pays. Tenez-vous bien : il a suggéré que ce serait Delcy Rodríguez, la numéro deux de Maduro, qui prendrait le relais pendant que les États-Unis « dirigent » le pays. C’est assez contradictoire, vous ne trouvez pas ? Surtout quelques semaines après le renouvellement par les USA de l’impérialisme de la doctrine Monroe sur l’Amérique du Sud et centrale. Mais Machado, loin de se formaliser de ce camouflet, continue de multiplier les signes d’allégeance envers Trump, allant jusqu’à saluer l’attaque menée contre son propre pays natal.
Conclusion : Une dévotion totale et un « honneur » convoité

L’offre de Machado de céder son prix est sans précédent. Lors d’une interview sur Fox News, la lauréate a été très claire sur ses intentions : « Laissez-moi être très claire. Dès que j’ai appris que nous avions reçu le prix Nobel de la Paix, je l’ai dédié à Trump parce que je savais à ce moment-là qu’il le méritait. » Elle fait référence aux événements du samedi 3 janvier, affirmant que beaucoup pensaient cet exploit impossible. Pour elle, cette date restera gravée comme le jour où « la justice a vaincu la tyrannie », un pas énorme pour l’humanité et la dignité humaine.
La suite ? Une rencontre très médiatisée est prévue entre les deux protagonistes dans les prochains jours. Donald Trump a confié à l’animateur Sean Hannity : « Je comprends qu’elle vient la semaine prochaine, et j’ai hâte de la saluer. » Mais le plus révélateur reste peut-être cette petite phrase glissée par le président, laissant entendre qu’il accepterait volontiers la récompense si les règles le permettaient : « J’ai entendu dire qu’elle voulait faire ça… Ce pourrait être un grand honneur. » Reste à voir si le verrou du Comité Nobel tiendra bon face à tant d’insistance.
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