Téhéran s’embrase à nouveau : entre espoir de liberté et spectre de la répression
Auteur: Adam David
Une nuit de colère sous silence imposé

C’est une ambiance lourde, presque électrique, qui règne à Téhéran. Imaginez un peu la scène : nous sommes samedi soir, et malgré la peur qui vous prend aux tripes, des Iraniens sont sortis. Ils ont défilé, bravant l’interdit pour scander des slogans hostiles au pouvoir en place. Pourtant, le pays semble comme… coupé du reste du monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’internet a été bloqué, une chape de plomb numérique pour étouffer les cris.
Ce n’est pas juste une petite manifestation isolée, non. C’est un mouvement qui dure depuis deux semaines maintenant. Des ONG parlent déjà de dizaines de morts. On a l’impression d’assister à une mobilisation inédite depuis trois ans, peut-être même le plus grand défi pour la République islamique depuis sa proclamation en 1979. C’est dire l’ampleur du séisme politique.
Une vidéo, que l’AFP a pu authentifier, nous montre le début des hostilités tard ce samedi, dans un quartier huppé du nord de la capitale. Sur la place Punak, le ciel s’est illuminé de feux d’artifice pendant que, au sol, le vacarme des casseroles résonnait. Les gens scandaient leur soutien à la dynastie Pahlavi, celle-là même qui avait été chassée par la Révolution. C’est assez ironique, vous ne trouvez pas ? D’autres vidéos circulent, invérifiables pour l’instant, montrant cette colère qui se propage dans d’autres quartiers.
L’ombre de l’Oncle Sam et la menace venue du ciel

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump ne s’est pas gêné pour mettre son grain de sel. Sur sa plateforme, Truth Social, il a affirmé ce samedi que l’Iran « aspirait à la liberté » et que les États-Unis étaient « prêts à aider ». Des mots forts, certes, mais qui cachent une menace bien plus sombre. Plus tôt, il avait prévenu qu’il pourrait « frapper très fort » si la répression devenait meurtrière.
D’ailleurs, si l’on en croit le New York Times – qui cite des sources anonymes, comme souvent –, le président américain aurait été briefé ces derniers jours sur les options militaires. On parle ici de possibles frappes, et tenez-vous bien, certaines pourraient viser des cibles civiles. C’est effrayant quand on y pense. Aucune décision finale n’a été prise, nous dit-on, mais l’option est « sérieusement envisagée ». Il faut se rappeler qu’en juin dernier, les États-Unis avaient déjà bombardé trois sites nucléaires iraniens majeurs. L’histoire bégaye, n’est-ce pas ?
Un bilan humain glaçant et une ville barricadée

Sur le terrain, c’est le flou total. Ou presque. L’internet est coupé depuis jeudi sur décision des autorités, nous confirme l’ONG Netblocks. Pour les cinéastes dissidents Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, c’est clair : ce blocage sert à « dissimuler les violences ». Un habitant de Téhéran, sans doute résigné mais courageux, a lâché samedi que c’était « le prix à payer pour la victoire du peuple ».
Mais quel prix ? Depuis le début de la contestation le 28 décembre – qui portait au départ sur le coût de la vie –, l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, a compté au moins 51 morts, dont neuf enfants. Neuf enfants… C’est terrible. Sans compter les centaines de blessés. L’ONG a même diffusé des images insoutenables montrant, selon elle, des corps de manifestants empilés dans un hôpital de Téhéran.
Dans la nuit de vendredi à samedi, après une grosse mobilisation la veille, la capitale a de nouveau tremblé. Dans le quartier de Saadatabad, on a entendu des « Mort à Khamenei ». De son côté, Reza Pahlavi, le fils du Shah en exil, demande aux Iraniens de « se préparer à prendre » les centres-villes. En face, c’est la désolation : vitrines brisées, rues désertes et sombres, forces de sécurité partout… un journaliste de l’AFP décrivait une capitale fantôme avant que les manifestations n’éclatent en soirée.
Conclusion : Un régime sous pression maximale

Face à cette rue qui gronde, le pouvoir ne plie pas. Enfin, pas en apparence. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a traité les manifestants de « vandales » et de « saboteurs » à la solde de Trump. L’armée a juré de protéger les « intérêts nationaux » contre cet ennemi qui veut briser la paix. La télévision d’État, elle, diffuse en boucle les funérailles de membres des forces de sécurité tués à Chiraz et des images de mosquées en feu. Une guerre de l’image, en somme.
À l’international, ça réagit aussi. Ursula von der Leyen, pour l’Europe, soutient ces femmes et hommes qui réclament la liberté. À Londres, un manifestant a même réussi l’exploit de hisser brièvement le drapeau impérial – avec le lion et le soleil – sur l’ambassade iranienne. Tout un symbole.
Le régime n’avait pas connu ça depuis la mort de Mahsa Amini en 2022. Mais le contexte est pire aujourd’hui : le pays est affaibli par une guerre avec Israël en juin, ses alliés régionaux sont touchés, et l’ONU a rétabli les sanctions nucléaires en septembre. L’étau se resserre, et on se demande bien comment tout cela va finir.
Selon la source : lapresse.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.