L’horreur venait de l’intérieur : quand un faux rôdeur mène un ex-champion de rodéo tout droit en prison
Auteur: Adam David
Une condamnation ferme pour un scénario digne d’un film
On dit souvent que la réalité dépasse la fiction, et dans ce cas précis, c’est malheureusement bien trop vrai. Imaginez un instant vivre dans un scénario de film d’horreur, orchestré par la personne qui partage votre lit. C’est le cauchemar qu’a vécu une avocate de Saint-Georges, en Beauce. Son ex-conjoint, Dany Poirier, un ancien champion de rodéo de 47 ans, vient d’écoper de 21 mois de prison ferme. Une peine sévère, mais nécessaire selon le tribunal.
Le juge René de la Sablonnière n’y est pas allé de main morte lors du prononcé de la sentence, et on le comprend. Il a qualifié les gestes de Poirier de « cruauté à la limite du sadisme ». C’est fort, comme mots. Pourtant, le magistrat a tenu à nuancer son propos en s’adressant directement à l’accusé : « Vous n’êtes pas foncièrement une mauvaise personne. Vous avez un problème, vous n’avez pas su y faire face ». Ce problème, c’est une lourde dépendance affective.
Malgré tout, le juge a été catégorique. Il a complètement écarté l’idée de lui laisser purger sa peine à la maison, dans la collectivité. Pour lui, ce que Poirier a fait subir à sa victime était tout simplement impardonnable. « Je ne peux pas laisser passer ça », a-t-il lancé. On sent bien que la justice voulait envoyer un message clair ici : on ne joue pas avec la santé mentale des gens.
Un régime de terreur monté de toutes pièces
Mais qu’a-t-il fait exactement ? C’est là que l’histoire devient vraiment tordue. Pendant près d’un an, Poirier a fait croire à sa conjointe qu’un rôdeur la ciblait. Vous imaginez l’angoisse ? Les systèmes d’alarme qui hurlent en pleine nuit, la voiture vandalisée… Tout ça, c’était lui. C’était Dany Poirier derrière chaque incident. Son but était pathétique, si on y réfléchit : il voulait jouer au héros, se rendre indispensable, être le protecteur de sa dame.
Il est allé loin, très loin. L’homme s’est même infligé ses propres blessures pour prétendre avoir été attaqué par cet individu imaginaire, qu’il décrivait comme un homme cagoulé, grand et fort. C’est fou quand on y pense. En agissant ainsi, il a plongé son ex-conjointe dans une détresse psychologique profonde, la séquestrant littéralement chez elle par la peur d’une agression.
Le pire, c’est que ça ne s’est pas arrêté aux murs de la maison. C’est tout le quartier qui a été terrorisé. Les voisins, solidaires, faisaient des rondes pour attraper ce fameux suspect fantôme. Des parents, inquiets, empêchaient leurs enfants de jouer dehors. Poirier a mobilisé tout le monde, y compris d’importants effectifs policiers. La Sûreté du Québec a passé des dizaines d’heures sur le dossier, allant même jusqu’à engager un profileur pour dresser le portrait d’un rôdeur… qui n’existait pas.
Les conséquences dévastatrices d’une trahison
Le château de cartes s’est effondré à l’été 2024, lorsque le stratagème a finalement été éventé. Pour la victime, ce fut le coup de grâce. Déjà fragilisée, elle a sombré dans une détresse encore plus grande, mêlant sentiments de trahison et une honte terrible. Le juge a souligné avec justesse que Poirier a vu l’état de sa conjointe se détériorer jour après jour, sans jamais s’arrêter, restant insensible à ses tourments.
Les répercussions sont concrètes et lourdes. Aujourd’hui aux prises avec un choc post-traumatique, cette avocate est incapable de pratiquer en droit criminel. Elle a dû réorienter sa carrière, avec tout ce que cela implique comme baisse de revenus. Financièrement, c’est un gouffre : elle estime avoir perdu quelque 100 000 $ à cause de cette histoire, notamment en frais pour sécuriser sa résidence avec des caméras, des clôtures et de l’éclairage.
C’est d’autant plus difficile que Poirier, lui, semble avoir refait sa vie. Sa nouvelle conjointe était présente à l’audience ; ils ont commencé leur relation à peine six mois après l’éclatement du couple précédent, suite à la découverte de l’imposture. Une rapidité qui laisse songeur.
Conclusion : Une peine sur mesure pour un cas unique
Au final, le juge a admis que déterminer la peine a été laborieux. C’est un dossier singulier, il n’y a pas vraiment de jurisprudence pour ce genre de folie. La défense, représentée par Me Noémie Pitre, suggérait 18 mois dans la collectivité. Mais le juge s’est rangé derrière la suggestion de la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Caroline Munger, en imposant ces 21 mois de détention.
Poirier s’en sort peut-être « bien » d’une certaine manière : sans antécédents judiciaires et ayant plaidé coupable pour éviter un procès, il a évité une peine encore plus lourde. De plus, il a exprimé le désir de traiter sa dépendance affective, ce qui a joué en sa faveur. Mais une fois sorti, ce n’est pas fini. Il devra respecter une probation de trois ans. Interdiction totale de contacter la victime ou de s’en approcher. Le tribunal a même balisé ses déplacements à Saint-Georges pour qu’il ne rôde plus près de chez elle. Il devra aussi suivre toute thérapie jugée nécessaire. Espérons que cela suffise pour qu’il comprenne la gravité de ses actes.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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