Affaire Epstein : les Clinton refusent de témoigner et s’exposent à des poursuites
Auteur: Simon Kabbaj
Une fin de non-recevoir retentissante

Bill et Hillary Clinton ont formellement refusé de témoigner dans le cadre de l’enquête menée par les Républicains de la Chambre des représentants sur le regretté délinquant sexuel Jeffrey Epstein. Pour l’ancien couple présidentiel, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « exercice partisan », une manœuvre politique qu’ils rejettent en bloc.
Dans une lettre adressée au représentant républicain James Comer, qui préside le Comité de surveillance de la Chambre, les Clinton n’y sont pas allés par quatre chemins. Ils écrivent, avec une certaine gravité : « Chaque personne doit décider quand elle en a vu ou en a assez et est prête à se battre pour ce pays, ses principes et son peuple, peu importe les conséquences ». Et d’ajouter, comme pour marquer le coup : « Pour nous, ce moment est venu ». C’est une déclaration forte, vous ne trouvez pas ? On sent bien que la patience a ses limites.
Mais cette décision n’est pas sans risques, loin de là. En refusant de coopérer, ils s’exposent à une tempête politique et judiciaire qui pourrait bien secouer la capitale dans les jours à venir.
La menace de l’outrage et la défense des Clinton

La réaction ne s’est pas fait attendre. James Comer, visiblement agacé par ce refus, a déclaré que le comité se réunirait dès la semaine prochaine pour tenir l’ancien président démocrate, Bill Clinton, pour responsable d’outrage au Congrès (« held in contempt »). Il faut bien comprendre que ce n’est pas anodin : cela pourrait potentiellement mener à des poursuites pénales. Ce n’est pas rien ! Et Hillary Clinton ? Eh bien, un porte-parole du comité a prévenu que le panel entamerait également des procédures d’outrage contre elle — l’ancienne candidate démocrate à la présidentielle de 2016 — si elle ne se présente pas devant le panel ce mercredi. Le compte à rebours est lancé.
De leur côté, les Clinton affirment avoir essayé de fournir le « peu d’informations » qu’ils avaient pour aider à l’enquête. Ils accusent ouvertement Monsieur Comer de détourner l’attention des actions de l’administration Trump. Rappelons tout de même, pour être précis, qu’Epstein est mort en prison en 2019, durant le premier mandat du président Donald Trump, alors qu’il attendait son procès pour des accusations fédérales de trafic sexuel. Sa mort a été jugée comme étant un suicide.
Dans leur lettre, les Clinton soulignent un point qui mérite réflexion : « Si le gouvernement n’a pas fait tout ce qu’il pouvait pour enquêter et poursuivre ces crimes, pour quelque raison que ce soit, cela devrait être le centre de votre travail… Il n’y a aucune preuve que vous le fassiez ». Ils concluent même, assez amèrement je suppose, qu’il n’y a « aucune explication plausible pour ce que vous faites autre que la politique partisane ».
Vols, visites et batailles juridiques : les détails qui fâchent

Selon James Comer, « la plupart des Américains » veulent que Bill Clinton réponde à des questions sur ses liens avec Epstein. Et il faut avouer que les chiffres avancés par le Républicain du Kentucky sont précis, voire troublants pour certains. Il affirme qu’Epstein a visité la Maison Blanche 17 fois pendant que Clinton était en poste. Plus encore, l’ancien président aurait volé à bord de l’avion d’Epstein environ 27 fois. C’est beaucoup, non ?
Bill Clinton, pour sa part, a exprimé des regrets concernant cette relation, assurant qu’il ne savait absolument rien des activités criminelles d’Epstein. À ce jour, et c’est important de le noter, aucune preuve n’a fait surface impliquant Clinton dans le trafic sexuel. D’ailleurs, Comer lui-même nuance son propos en disant : « Personne n’accuse Bill Clinton d’actes répréhensibles… Nous avons juste des questions ». Une nuance de taille, mais qui n’apaise pas les tensions.
En parallèle, le ministère de la Justice américain a publié des dossiers liés aux enquêtes criminelles sur Epstein — qui fut autrefois ami avec Trump et les Clinton — en conformité avec une loi sur la transparence votée par le Congrès. Lundi, dans une lettre séparée envoyée au comité, les avocats des Clinton ont contre-attaqué. Ils ont qualifié les assignations à comparaître pour leur témoignage d’invalides, d’inapplicables et n’étant « rien de plus qu’une ruse pour tenter d’embarrasser des rivaux politiques, comme le président Trump l’a ordonné ». L’ambiance est décidément électrique.
Conclusion : Un dialogue de sourds
Nous voilà donc face à une impasse totale. D’un côté, un comité républicain déterminé à obtenir des réponses sur ces nombreux vols et visites à la Maison Blanche ; de l’autre, un couple Clinton qui crie à la vendetta politique orchestrée par l’ombre de Donald Trump. C’est une situation complexe, triste même, où la quête de vérité semble parfois se perdre dans les méandres des rivalités partisanes.
Alors que les menaces d’outrage au Congrès planent, on peut se demander jusqu’où ira ce bras de fer. Est-ce que cela aboutira à quelque chose de concret ou n’est-ce qu’un nouveau chapitre dans la longue histoire des querelles de Washington ? L’avenir nous le dira bien assez tôt.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.