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Bras de fer arctique : Le Groenland se militarise face aux ambitions de Trump
Crédit: U.S. Institute of Peace, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Introduction : Une riposte européenne sur la glace

credit : lanature.ca (image IA)

C’est une partie de poker menteur qui se joue désormais à ciel ouvert dans le Grand Nord. En « désaccord fondamental » avec les États-Unis, le Danemark a réussi un coup diplomatique et militaire ce jeudi en obtenant le feu vert pour une mission militaire européenne au Groenland. Ce territoire autonome, qui suscite tant la convoitise de Donald Trump, voit donc débarquer des renforts, même si l’ancien et futur président américain balaie l’initiative d’un revers de main, assurant que ce déploiement n’a « aucun impact » sur son « objectif » final.

On sent bien que Copenhague tente de reprendre la main. Traditionnel allié de Washington au sein de l’OTAN, le Danemark a clairement décidé de muscler son jeu. Pourquoi ? D’abord pour répondre aux critiques américaines sur son manque d’investissement dans cette île arctique stratégique, mais aussi – et c’est là que ça devient intéressant – en réaction directe à la volonté martelée par le président américain de s’emparer du territoire. Pour marquer le coup, deux avions de transport de troupes danois ont d’ailleurs touché le sol groenlandais dès mercredi.

Mobilisation générale : des renforts symboliques mais stratégiques

L’Europe ne s’est pas fait prier pour emboîter le pas aux Danois. Dans la foulée de ces premières arrivées, une véritable coalition s’est formée : la France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rapidement rejointes par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de personnel militaire. Officiellement, tout ce petit monde est là pour une mission de reconnaissance dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance », organisé avec les alliés de l’OTAN.

Bon, il faut rester lucide sur les chiffres, on ne parle pas d’une armada, loin de là. Ce sont des renforts de taille modeste : l’Allemagne envoie par exemple 13 militaires, tandis que les Pays-Bas et le Royaume-Uni n’en dépêchent qu’un seul chacun. Selon des sources de défense, l’idée est surtout de préparer le terrain pour de futurs exercices arctiques.

Mais le timing interroge, forcément. Est-ce une réponse directe à Trump ? Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison-Blanche, a tenté de minimiser l’affaire jeudi en conférence de presse : « Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland ».

De l’autre côté de l’Atlantique, on joue la carte de l’innocence, ou presque. Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense, a parlé jeudi soir sur la chaîne ARD d’une simple « coïncidence temporelle ». « Lorsque nous avons lancé la planification, nous ne pouvions pas savoir que la rencontre aurait lieu mercredi ni comment elle se terminerait », a-t-il juré. Cela dit, il a glissé, l’air de rien, que cette présence européenne revient à « retirer » au président américain son argument principal sur la sécurité, ajoutant qu’il était « relativement serein » car « les États-Unis ne se résument pas à l’administration de Donald Trump ».

Tensions diplomatiques et plan à long terme

© European Union, 1998 – 2026, Attribution, via Wikimedia Commons

Pendant ce temps, en coulisses, l’ambiance est électrique. La rencontre de mercredi à la Maison-Blanche entre Lars Løkke Rasmussen (ministre danois des Affaires étrangères), Vivian Motzfeldt (son homologue groenlandaise) et les dirigeants américains a été qualifiée de « bonne rencontre ». Mais ne nous y trompons pas : la porte-parole américaine a rappelé que le président a été « clair sur sa priorité » : il veut que les États-Unis acquièrent le Groenland pour le bien de leur « sécurité nationale ».

Face à cette obstination, la première ministre danoise Mette Frederiksen ne mâche pas ses mots. Au lendemain de la réunion, elle a acté un « désaccord fondamental » et qualifié la situation de « grave ». « L’ambition américaine de prendre le contrôle du Groenland reste intacte », a-t-elle souligné, promettant de poursuivre les efforts pour empêcher ce scénario.

Elle a donc logiquement « salué » l’aide européenne. Selon elle, il y a un consensus à l’OTAN sur l’importance vitale d’une présence renforcée dans l’Arctique. Et ce n’est qu’un début : son ministre de la Défense, Troels Lund Poulsen, prépare déjà un plan pour instaurer une présence plus importante et, surtout, permanente dès 2026. Pour ne rien lâcher sur le plan diplomatique, Mme Frederiksen doit rencontrer ce vendredi une délégation du Congrès américain à Copenhague, accompagnée du chef du gouvernement groenlandais.

La France, de son côté, hausse aussi le ton. Emmanuel Macron a déclaré que les Européens doivent être « intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale », sans pour autant chercher l’escalade. Concrètement, Paris va envoyer dans les prochains jours de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes », en plus de l’équipe déjà sur place.

Conclusion : Entre inquiétude locale et colère russe

credit : lanature.ca (image IA)

Évidemment, tout ce remue-ménage ne plaît pas à tout le monde. Moscou crie à la « provocation ». Maria Zakharova, la porte-parole de la diplomatie russe, a exprimé sa « sérieuse inquiétude », qualifiant de « mythe » les supposées visées russes sur le Groenland. Pour elle, c’est une nouvelle tentative des Occidentaux d’imposer leurs règles dans cette région du globe.

Et au milieu de ces jeux de pouvoir, il y a les habitants. À Nuuk, la capitale, on oscille entre fierté et angoisse. Des drapeaux groenlandais ont fleuri aux fenêtres et devantures, signe d’un patriotisme revigoré par la menace d’achat. Mais l’incertitude pèse. Vera Stidsen, une enseignante de 51 ans, résume bien le sentiment général : « C’est très effrayant parce que c’est quelque chose d’énorme. J’espère que nous pourrons continuer à vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent : en paix et sans être dérangés ».

Donald Trump, lui, continue de marteler que le Groenland est nécessaire pour contenir la Russie et la Chine, n’écartant même pas un recours à la force. Un argumentaire que Lars Løkke Rasmussen a tenté de démonter devant la presse, assurant qu’il n’y a ni navires ni investissements « massifs » chinois sur l’île. Reste à voir si cela suffira à calmer les ardeurs américaines.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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