Mars 2028 : Comment l’Europe et la NASA viennent de sauver le rover Rosalind Franklin
Auteur: Mathieu Gagnon
Un sauvetage inespéré pour une mission en péril

C’était presque fini. L’histoire de l’exploration spatiale est pavée de bonnes intentions, mais la géopolitique vient souvent y mettre son grain de sel, parfois brutalement. La mission ExoMars Rosalind Franklin, fleuron de l’ambition européenne pour débusquer la vie sur la planète rouge, s’est retrouvée orpheline, coincée au sol.
Pourquoi ? L’invasion de l’Ukraine par la Russie a mis un coup d’arrêt brutal à la coopération avec Roscosmos, l’agence spatiale russe, qui devait initialement s’occuper du lancement et de l’atterrissage. Imaginez la frustration des ingénieurs. Tout a dû être repensé, les plans de vol déchirés, les partenaires changés.
Mais l’espoir renaît, et il vient de l’autre côté de l’Atlantique. C’est un soulagement immense pour les équipes menées par Daniel Neuenschwander à l’Agence Spatiale Européenne (ESA), lui qui gère l’exploration robotique et qui s’est battu pour transformer ces objectifs scientifiques en matériel prêt à voler, malgré des délais qui restent, disons-le, terriblement serrés.
L’alliance de Paris : une nouvelle feuille de route technique

Les choses se sont concrétisées le 16 mai 2024. Ce jour-là, à Paris, l’ESA et la NASA ont signé un protocole d’entente crucial. Ce n’est pas juste un papier, c’est le document qui sauve la mission. L’accord est clair : la NASA ne vient pas faire de la figuration. L’agence américaine va fournir le lanceur, les moteurs d’atterrissage indispensables, ainsi que le carburant et des unités de chauffage légères pour le rover.
L’objectif ? Poser enfin les roues de Rosalind Franklin sur le sol martien en 2030, après un lancement désormais calé pour 2028. C’est le résultat d’années de travail pour reconstruire des ponts.
D’ailleurs, on ne perd pas de temps. Dès le mois de juin, les ingénieurs se sont réunis pour une étape critique : la revue de conception préliminaire. C’est un moment de vérité où l’on vérifie tout — les dessins du matériel, les plans logiciels, les analyses de sécurité. L’idée est simple mais impitoyable : repérer les problèmes avant que les pièces ne soient fabriquées. Si une interface clé échoue à cet examen, cela peut provoquer une cascade de modifications chez tous les fournisseurs et réserver de très mauvaises surprises de dernière minute.
Défis thermiques et forage profond : la science face à l’hostilité martienne

Pourquoi attendre 2028 ? C’est une question de mécanique céleste. La Terre et Mars ne s’alignent favorablement que tous les 26 mois environ. Les lanceurs profitent de cet alignement pour économiser du carburant, permettant au vaisseau de « glisser » sur sa lancée. Rater cette fenêtre, c’est prendre plus de deux ans de retard, avec tout le matériel qui dort dans des cartons.
Une fois sur place, le défi est colossal. L’entrée dans l’atmosphère génère une chaleur extrême, et l’atterrisseur doit freiner jusqu’à l’arrêt complet sans basculer. Pour cela, la NASA apporte des moteurs à poussée variable (« throttleable »). Ils permettent d’ajuster le freinage en temps réel pendant la descente pour éviter les dangers.
Mais le froid est un autre ennemi mortel. Les nuits martiennes peuvent geler les batteries et gripper les pièces mobiles. Pour survivre, le rover utilisera des unités de chauffage à radioisotope — des atomes instables qui dégagent de la chaleur en se désintégrant. Cela protège l’électronique sans vider les batteries, bien que cela impose des règles de sécurité strictes.
Enfin, parlons de la mission elle-même : le forage. C’est là que Rosalind Franklin se distingue. Le rover va creuser jusqu’à 6,5 pieds (environ 2 mètres) de profondeur. En surface, les radiations et la poussière réactive détruisent les molécules organiques (ces briques de la vie). En creusant plus profond, on espère trouver une chimie préservée. À bord, un véritable laboratoire compact chauffera ces échantillons. Un spectromètre de masse triera ensuite les molécules par poids pour analyser les gaz libérés. C’est fascinant, mais risqué : forer demande un contrôle de la vitesse extrêmement précis.
Conclusion : En quête de la preuve ultime

Au fond, que cherche-t-on ? Une biosignature. C’est un motif dans la roche ou la chimie qui trahit une origine biologique. Mais attention, les minéraux peuvent parfois imiter la vie. C’est pourquoi la détection repose sur la concordance de plusieurs tests. Même si l’on trouve quelque chose, il faudra exclure les sources non vivantes, comme la chimie volcanique.
La propreté est donc vitale. Les règles de protection planétaire sont draconiennes pour éviter que des microbes terrestres ne viennent fausser les résultats ou contaminer Mars. « Nous démontrons notre engagement à être des pionniers de l’exploration spatiale », affirmait Daniel Neuenschwander. Si les tests d’intégration continuent sur cette lancée, la prochaine fenêtre de tir pourrait bien être la bonne. Ce rover, avec son laboratoire embarqué et son foret profond, est notre meilleur espoir de savoir si nous sommes seuls, avant même que l’homme ne pose le pied là-bas.
Selon la source : earth.com
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