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Trump : « pire qu’un fasciste, il est devenu un tyran »
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Une question de définition et d’histoire

lanature.ca (image IA)

On entend souvent dire, ici et là, que l’Amérique glisse vers le fascisme. C’est une réaction épidermique, presque naturelle, quand on voit les signes extérieurs : la presse muselée, la glorification du chef, cette ambiance militaire qui s’installe. Après avoir écouté Donald Trump parler, notamment dans ses longues interviews où il a le temps de divaguer, je pense qu’on se trompe de diagnostic. Le fascisme, c’est lourd, c’est une idéologie, une vision collective. Trump, lui ? Il ne croit qu’en une seule chose : sa propre personne. Ce n’est pas du fascisme, c’est ce vieux concept que Platon craignait tant : la tyrannie.

C’est assez fascinant — et terrifiant — de relire les classiques aujourd’hui. Platon voyait la tyrannie comme la gueule de bois inévitable de la démocratie, ce moment où la liberté devient ivresse et où le peuple réclame un « homme fort ». Il décrivait un pouvoir exercé pour le seul bénéfice du tyran, maintenu par la peur et s’appuyant sur des laquais pour écraser les citoyens instruits. Aristote, son élève, pensait que les lois pouvaient nous protéger de ça. Les Pères fondateurs américains y ont cru dur comme fer. En rédigeant la Constitution face à l’image du roi George III, ils ont bâti des digues : séparation des pouvoirs, presse libre, élections… Ils pensaient avoir créé un système « anti-tyran ». Eh bien, l’histoire récente prouve qu’ils avaient tort, ou du moins qu’ils ont péché par optimisme.

Certes, l’Amérique a eu des chefs à poigne. Theodore Roosevelt était dur, Nixon a triché. Mais aucun n’avait ce mélange toxique d’ignorance crasse et d’ego absolu que Trump impose lors de ce second mandat. Les institutions, qu’on croyait solides comme le roc, se révèlent être du papier mâché face à un homme qui ne comprend que le rapport de force. C’est rageant, vraiment. Les fondateurs pensaient que les ambitions des différentes branches du pouvoir se neutraliseraient. Ils ont oublié un facteur humain crucial : le courage. Ils supposaient que les élites auraient assez de dignité pour dire « non ». Grosse erreur. La plupart veulent juste leur part du gâteau.

L’ego sans limites : Confessions d’un président intouchable

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Il suffit de lire l’interview fleuve qu’il a donnée au New York Times — un pavé de plus de vingt-trois mille mots, c’est interminable — pour comprendre la mécanique du personnage. C’est un festival d’auto-congratulation et de règlements de comptes. Il arrive à mentionner Joe Biden de manière insultante vingt-huit fois ! Entre deux plaintes et des mensonges totalement déconnectés du réel, il parle même de construire une salle de bal à la Maison Blanche. On frôle le ridicule, on se dit qu’il vit dans un autre monde. Mais il y a un détail qui ne trompe pas, et qui fait froid dans le dos : sa lucidité sur son impunité.

Trump a compris le truc. Il a testé les barrières une par une : les tribunaux, le Congrès, la presse… et rien n’a tenu. Personne ne l’arrête. Prenez l’histoire du Groenland. Pourquoi vouloir le « posséder » alors que des traités existent ? Parce que, psychologiquement, il a besoin que ça lui appartienne. C’est une obsession de propriétaire. Et c’est encore plus flagrant avec ses affaires personnelles. Quand on lui demande pourquoi il a retourné sa veste par rapport à son premier mandat, autorisant maintenant sa famille à faire du business partout malgré les conflits d’intérêts, sa réponse est d’un cynisme absolu : « Parce que j’ai découvert que personne ne s’en souciait. J’ai le droit de le faire. »

Cette phrase… il faut la relire. « Personne ne s’en souciait. » Ce n’est même pas de la méchanceté pure, c’est le constat tranquille qu’il n’y a plus de garde-fou. Trump ne cache même plus qu’il gagne des milliards grâce à la présidence. Il le dit, il l’étale, et il en rit presque. À quel moment a-t-il perdu toute notion de honte ? Est-ce l’enfant gâté, l’homme d’affaires véreux ou le politicien insubmersible ? Peu importe, le résultat est là : nous avons à la tête de l’État une entité qui ne ressent ni remords, ni limite.

La stratégie de la peur : De Minneapolis à Caracas

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Cette absence de limites ne se cantonne pas aux mots ou aux dollars, elle s’abat physiquement sur les gens. Regardez ce qui se passe à Minneapolis. Les habitants décrivent leur ville comme une zone de guerre, ni plus ni moins. Le président y a déployé des milliers d’agents masqués, en tenue tactique, qui patrouillent et sèment la terreur. On voit des images qu’on pensait impossibles en Amérique : des mères arrachées à leurs enfants, des citoyens brutalisés juste pour avoir filmé une arrestation, et même un immigrant tiré dans la jambe pour un regard de travers. Trump utilise la peur comme un outil de gestion. Il fabrique des crises — invasion, criminalité — pour se poser en sauveur et justifier l’injustifiable.

Et comme si la terreur intérieure ne suffisait pas, il exporte sa violence. Début janvier 2026, à peine l’année commencée, il a franchi un cap insensé en politique étrangère. Sans prévenir personne, sans consulter le Congrès, il a lancé une opération militaire au Venezuela pour capturer le président Nicolás Maduro. Comme ça, sur un coup de tête, ou presque. Il justifie ça par des accusations de crime organisé, mais le fond du problème est ailleurs : il pense avoir tous les droits.

Le 8 janvier, le Sénat a bien essayé de réagir — cinq républicains ont même rejoint les démocrates pour exiger qu’il demande l’autorisation du Congrès à l’avenir — mais Trump s’en moque éperdument. Il a répondu par une tirade furieuse sur Truth Social. Dans sa tête, il mérite le prix Nobel de la paix pour avoir « mis fin à des guerres », persuadé que tout ce qu’il fait est moralement bon, simplement parce que c’est lui qui le fait. C’est cette certitude morale délirante qui est la plus dangereuse pour les Vénézuéliens comme pour nous.

Conclusion : La trahison des clercs et le courage des anonymes

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Face à tout ça, le silence des institutions est assourdissant. Le Parti républicain est mort, transformé en simple chambre d’écho. Les médias, les cabinets d’avocats, les universités… beaucoup ont capitulé par peur ou par opportunisme. Ces élites, censées être les gardiens du temple, préfèrent sauver leur carrière plutôt que la démocratie. C’est tragique. On voit des journalistes noter sagement des propos aberrants sans broncher, normalisant l’anormal jour après jour. C’est comme ça que les démocraties meurent, doucement, dans le silence complice de ceux qui savent.

Mais — et c’est peut-être le seul rayon de lumière — il reste les gens. Les vrais gens. À Minneapolis, ce sont des citoyens ordinaires qui sortent leurs téléphones pour filmer les abus de la police secrète, au péril de leur sécurité. Ce sont eux, les héritiers de l’idéal démocratique, pas les sénateurs courbés. Platon disait que seuls les vertueux pouvaient diriger ; ironiquement, la vertu ne se trouve plus au sommet, mais dans la rue.

Je n’oublierai jamais cette phrase de Trump dans l’interview : « Ma propre moralité. Mon propre esprit. C’est la seule chose qui peut m’arrêter. » C’est l’aveu final. Il nous dit en face qu’il n’y a plus de loi au-dessus de lui. Si sa seule limite est sa propre conscience, alors nous sommes tous en danger absolu. La question n’est plus de savoir si les institutions vont nous sauver — elles ont échoué — mais si nous, citoyens ordinaires, aurons le courage de dire « ça suffit » avant que le point de non-retour ne soit franchi pour de bon.

Selon la source : salon.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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