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Ce lien invisible entre nos cerveaux : pourquoi voyons-nous les mêmes « entités » ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une rencontre hallucinante… sans hallucination

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Imaginez la scène. Vous êtes au nord du Mexique, en visite dans une communauté indigène, les yeux fermés, parfaitement sobre. Soudain, une vision vous frappe. C’est exactement ce qui est arrivé à David Luke, professeur associé de psychologie à l’Université de Greenwich. Sans avoir consommé la moindre substance psychédélique, il s’est retrouvé submergé par la cosmologie locale : des cerfs, du peyotl, des coyotes fractals.

Mais l’histoire prend une tournure franchement bizarre, presque comique. David Luke raconte avoir vu un cerf pas comme les autres. Celui-ci portait des lunettes de soleil et un chapeau de cow-boy. « Il me regardait et disait : ‘Yo, mec, qu’est-ce que tu fabriques ?’ » raconte-t-il. Cela peut sembler ridicule, mais dans la tradition Wixárika, le cerf est un « trickster », une figure de farceur qui brise les frontières et apporte la sagesse par l’humour. Ce qui a le plus troublé le psychologue, ce n’est pas l’image loufoque en elle-même, mais la facilité déconcertante avec laquelle elle a surgi. Comme si son esprit ne l’avait pas inventée, mais s’était simplement connecté à quelque chose qui existait déjà. Une vieille idée refait surface : et si nous partagions tous un fond mental commun ?

L’architecture partagée : Jung, l’évolution et la peur du lion

credit : lanature.ca (image IA)

Cette sensation de connexion ne date pas d’hier. Bien avant l’avènement des neurosciences modernes, les philosophes grecs, Platon en tête, parlaient d’un logos universel, un ordre caché de l’esprit. Au XXe siècle, le célèbre psychothérapeute suisse Carl Jung a baptisé ce concept « l’inconscient collectif ». Ce serait une couche mentale cachée, stockant des archétypes symboliques universels qui façonnent nos rêves et nos mythes. Et, curieusement, la science moderne commence à s’y intéresser de très près, mais avec ses propres outils.

Une revue neuroscientifique de 2025 recadre les travaux de Jung comme une interaction entre cerveaux : des schémas neuronaux partagés, sculptés par l’apprentissage social. En gros, ces images ne vous appartiennent pas vraiment ; elles sont héritées. Une autre étude, menée en 2024 sur des rituels chamaniques, a montré que les symboles culturels (masques, totems) façonnaient physiquement l’état de conscience des participants. Pourtant, pour la science traditionnelle, l’explication est souvent plus terre-à-terre : c’est de la biologie évolutive. Christopher C. French, professeur à l’Université de Londres et auteur du livre au titre évocateur The Science of Weird Shit, nous rappelle que notre cerveau est une machine à détecter des motifs, un phénomène appelé apophénie.

Nous sommes programmés pour voir des visages dans les nuages ou entendre des voix dans le bruit statique. C’est un mécanisme de survie : mieux vaut prendre une ombre pour un prédateur et fuir pour rien, que d’ignorer une vraie menace. Selon cette logique, les « hommes de l’ombre » ou les démons rencontrés lors de paralysies du sommeil ne seraient pas des visiteurs d’un autre monde, mais des reflets de notre propre câblage biologique, conçu pour détecter les dangers et les tromperies dans un environnement social complexe. Une sorte de paranoïa douce, mais utile.

Au-delà du cerveau : L’énigme de l’aphantasie et les théories radicales

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Cependant, les explications purement cognitives ont une faille de taille, et David Luke ne manque pas de la souligner. Comment expliquer le cas des personnes atteintes d’aphantasie ? Ces individus sont incapables de créer la moindre image mentale volontaire, ils n’ont pas d’« œil intérieur ». Pourtant, eux aussi rapportent des rencontres avec ces mêmes entités lors d’états modifiés de conscience. Si le cerveau ne peut pas projeter d’image, d’où vient la vision ? Luke suggère qu’il faut rester ouvert à des idées plus radicales. Peut-être que ces schémas de conscience ne vivent pas uniquement dans nos crânes, mais dans un champ d’information partagé, une sorte de « cloud » mental auquel nous accédons.

D’autres chercheurs poussent la réflexion encore plus loin, vers des territoires vertigineux. Le scientifique cognitif Donald Hoffman, par exemple, soutient que la réalité telle que nous la percevons n’est qu’une interface, un « bureau » biologique qui nous cache la véritable couche de données sous-jacente. De son côté, le neuroscientifique Anil Seth décrit la perception comme une « hallucination contrôlée » : notre cerveau construit la réalité plutôt qu’il ne la voit. Dans ce contexte, il n’est pas impossible, selon Luke, que certaines de ces rencontres impliquent des présences réellement autonomes, et non de simples hallucinations internes.

Conclusion : Une réalité plus réelle que le réel

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Même les sceptiques comme le professeur French admettent que les explications biologiques restent spéculatives. « La réponse honnête, c’est que personne ne sait vraiment pourquoi ces thèmes communs apparaissent », confie-t-il. C’est peut-être là que réside le véritable mystère. Ce qui est difficile à balayer d’un revers de main, ce n’est pas seulement la récurrence de ces figures – tricksters, guides, êtres de l’ombre – mais l’intensité de l’interaction.

Pour ceux qui les vivent, ces moments semblent « hyperréels », souvent décrits comme étant plus vivants, plus vrais que notre réalité sobre quotidienne. Ces entités paraissent souvent plus savantes que nous, pauvres humains corporels. Le résultat ? Des bouleversements profonds. David Luke note que ces expériences sont si frappantes qu’elles peuvent transformer des athées convaincus en croyants, ou du moins les forcer à considérer qu’il existe peut-être un monde au-delà de notre réalité physique immédiate.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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