L’échiquier de Gaza : Donald Trump bat le rappel et convie Mark Carney à la table des négociations
Auteur: Adam David
Une invitation diplomatique de haut vol

C’est une nouvelle qui a de quoi surprendre par son timing, vous ne trouvez pas ? Vendredi, le président américain Donald Trump a officiellement invité Mark Carney à rejoindre le comité exécutif du fameux Conseil de la paix pour Gaza. Et, selon toute vraisemblance, le premier ministre canadien a bien l’intention de répondre présent. C’est du moins ce qu’un responsable gouvernemental a glissé aux journalistes qui accompagnaient M. Carney lors de son périple en Chine.
Imaginez la scène : l’offre est tombée jeudi, alors même que le premier ministre se trouvait à Pékin pour un tête-à-tête avec le président chinois, Xi Jinping. Un sacré grand écart diplomatique. Mais bon, ce n’est pas tout à fait un hasard. La création de ce Conseil constitue la deuxième phase du plan Trump pour pacifier la région. À l’époque où ce plan avait été dévoilé, Mark Carney ne s’était pas privé de le qualifier d’« historique », exhortant tout le monde à s’y mettre. Il semble donc logique qu’il mette la main à la pâte.
D’ailleurs, l’agenda reste chargé. On sait que le premier ministre doit s’envoler pour Doha ce dimanche. L’objectif ? Élargir les relations commerciales avec le Qatar et, tant qu’à faire, stimuler les investissements étrangers au Canada. Une pierre, deux coups.
Un casting « grand et prestigieux » pour le Conseil

Donald Trump n’a jamais fait dans la demi-mesure, et ce conseil ne fait pas exception. Vendredi, un peu plus tôt dans la journée, il a levé le voile sur la liste des membres de ce groupe qu’il présidera lui-même. La promesse ? Que ce soit le conseil le « plus grand et prestigieux jamais assemblé ». Rien que ça.
Et quand on regarde la liste fournie par la Maison-Blanche, il y a du beau monde. On y retrouve l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio. Mais ce n’est pas tout. Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov a été désigné haut représentant pour Gaza, alors que c’est le général américain Jasper Jeffers qui prendra les commandes de la Force internationale de stabilisation sur le territoire palestinien. Ça pose le décor.
La liste s’allonge encore avec des figures clés comme l’émissaire spécial américain Steve Witkoff, ou encore le gendre du président, Jared Kushner — homme d’affaires et médiateur officieux qu’on ne présente plus. Même le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, est de la partie. Leur mandat ? C’est du lourd : ils devront « superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza ». Le communiqué de la Maison-Blanche précise que cela inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l’attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capitaux. Bref, tout est à faire, ou presque.
Sur le terrain : entre cessez-le-feu fragile et réalité meurtrière

Pendant que les diplomates s’organisent, la réalité sur le terrain reste… compliquée, pour le dire poliment. Cette fameuse deuxième phase du plan américain a débuté le 10 octobre avec l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu. Mais est-ce qu’il tient vraiment ? C’est toute la question.
Le Hamas ne cesse de déplorer des violations répétées par Israël. Ils parlent de frappes aériennes, de tirs sur des civils et même d’une avancée de la « ligne jaune » — cette zone contrôlée par les troupes israéliennes. De leur côté, les ONG sur place accusent Israël de bloquer l’aide humanitaire, ce que l’État hébreu nie en bloc. C’est un dialogue de sourds, tragique.
Les chiffres, eux, sont glaçants, même s’ils varient selon qui tient le compte. Le Hamas estime qu’un total de 451 Palestiniens ont été tués depuis le début du plan américain. L’armée israélienne, elle, rapporte la perte de trois de ses soldats dans le même intervalle.
Conclusion : Scepticisme et urgence humanitaire

L’optimisme de Steve Witkoff, qui assure que cette phase deux garantira la « reconstruction » et la « démilitarisation complète » de la bande de Gaza, se heurte à un mur de scepticisme. Que ce soit les résidants, le Hamas ou les humanitaires, peu semblent y croire pour l’instant. Pourtant, la machine est lancée : des membres du conseil de paix sont arrivés jeudi en Égypte pour, selon la télévision d’État égyptienne, « préparer leur entrée » dans la bande de Gaza.
Bassem Naïm, un responsable du Hamas, a résumé la situation dans un communiqué jeudi : « La balle est désormais dans le camp des médiateurs, du garant américain et de la communauté internationale pour donner les moyens au comité ». Pendant ce temps, l’ONU tire la sonnette d’alarme face à la « destruction totale » et décrit des conditions de vie « inhumaines ». Il y a urgence, c’est certain.
Selon la source : lapresse.ca
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