Pourquoi les années filent à toute vitesse après 40 ans : la science a enfin la réponse
Auteur: Mathieu Gagnon
Mais où est passée la dernière décennie ?

Vous avez déjà eu ce vertige ? Vous regardez en arrière et vous avez l’impression que les dix dernières années se sont volatilisées en une nuit. C’est une sensation étrange, presque angoissante, mais rassurez-vous : vous n’êtes pas le seul à ressentir ça. C’est universel. Plus on vieillit, plus notre perception du temps semble se distordre, comme si une main invisible accélérait la cadence de l’horloge.
On se demande souvent si c’est juste parce qu’on est débordés, coincés dans le tourbillon de nos vies modernes, ou s’il y a quelque chose de plus profond, de plus biologique là-dessous. Eh bien, des scientifiques se sont penchés sur ce vieux mystère pour comprendre pourquoi le temps semble faire la course contre nous. Et ce qu’ils ont trouvé dans nos cerveaux est… disons, fascinant.
Le duel entre le « temps de l’horloge » et le « temps de l’esprit »

Il se passe énormément de choses en coulisses, bien plus qu’on ne le pense. Adrian Bejan, un chercheur chevronné de l’Université Duke avec des décennies d’expérience au compteur, apporte une perspective qui change tout. Selon lui, cette accélération ressentie vient de changements physiques bien réels dans notre cerveau et notre corps. Mais attendez, décortiquons ça un instant. Bejan fait une distinction cruciale entre le temps mesurable, celui de l’horloge, et ce qu’il appelle le « temps de l’esprit » (ou mind time). Il explique : « Le temps mesurable de l’horloge n’est pas le même que le temps perçu par l’esprit humain. Le temps de l’esprit est une séquence d’images, c’est-à-dire des reflets de la nature nourris par des stimuli des organes sensoriels. » En gros ? Notre cerveau traite une série d’images mentales basées sur ce qu’on voit, entend et vit.
Quand on est jeune, c’est la fête : notre cerveau reçoit et traite ces images à une vitesse folle. Mais avec l’âge, ce traitement ralentit à cause de changements physiques inévitables, comme la dégradation des voies neuronales. C’est un peu technique, mais Bejan mentionne des facteurs précis comme la fréquence des saccades (les mouvements oculaires), la taille du corps et cette fameuse dégradation des connexions. Résultat ? Comme nos neurones fatiguent un peu, le cerveau prend plus de temps pour traiter les nouvelles infos. On génère donc moins d’images mentales pour la même quantité de temps réel. C’est mathématique : moins d’images par seconde donne l’illusion que le film passe plus vite.
D’ailleurs, vous avez remarqué que les journées remplies de nouveautés ou très productives paraissent plus longues ? C’est logique. Votre esprit traite plus d’infos. À l’inverse, la fatigue joue aussi un rôle énorme. Un cerveau bien reposé est une machine efficace. Bejan prend l’exemple des athlètes : « Le manque de repos vous fait rater des actions, vous empêche d’anticiper, de voir la balle avant qu’elle n’arrive. » C’est pareil pour les étudiants en examen ; un esprit frais traite les problèmes en profondeur, ce qui donne l’impression que la période d’examen dure plus longtemps. C’est fascinant de voir comment la biologie dicte notre réalité, non ?
La routine et les écrans : les voleurs de temps

Mais la biologie n’explique pas tout, ce serait trop simple. Cindy Lustig, professeure de psychologie à l’Université du Michigan, nous offre un autre angle d’attaque, plus psychologique celui-là. Elle souligne que le piège, c’est la routine. « Quand nous sommes plus vieux, nous avons tendance à avoir des vies plus structurées autour des routines, et moins de grands événements marquants que nous utilisons pour délimiter les différentes époques de notre vie », note-t-elle. C’est terrible quand on y pense : avec moins de nouveautés, notre cerveau, ce gros paresseux, amalgame les jours et les semaines qui se ressemblent. Résultat ? Le temps semble filer parce qu’il y a moins de souvenirs distincts pour séparer les périodes. Tout devient un grand flou.
Et n’oublions pas le coupable moderne : les réseaux sociaux. Dans notre ère numérique, l’utilisation excessive de ces plateformes distord complètement notre perception. On plonge dans nos applis préférées et on est bombardé par un flux infini de vidéos et de posts. Cet engagement constant peut transformer des minutes en heures sans qu’on s’en rende compte — on l’a tous vécu, non ? Le design même de ces trucs-là, avec le défilement infini et la lecture automatique, est fait pour nous piéger dans une boucle où la notion du temps s’efface. Pire encore, ça mène souvent au manque de sommeil, surtout quand on scrolle tard le soir. Et on l’a vu : le manque de sommeil affecte nos fonctions cognitives, rendant le traitement de l’info moins efficace. Ça boucle la boucle : journées plus courtes, moins mémorables.
Il y a d’ailleurs un petit débat sympathique entre les experts. Si la théorie de Bejan est séduisante, Lustig n’est pas convaincue à 100 %. Elle conteste notamment certains points physiques, comme l’idée que la taille de la tête affecte la perception. Avec une pointe d’ironie, elle balance : « Il avance un argument sur la longueur du nerf optique liée à la taille de la tête, et je vous laisse juger si un octogénaire a une tête substantiellement plus grosse qu’un jeune de 25 ans. » C’est le genre de petite pique académique qu’on adore.
Conclusion : Peut-on ralentir la machine ?

Au final, la vérité se trouve probablement quelque part entre ces deux visions. Notre perception du temps qui s’accélère est un mélange complexe : d’un côté, le « matériel » qui vieillit (dégradation des voies neuronales, traitement plus lent des images mentales décrit par Bejan), et de l’autre, le « logiciel » de nos vies (la routine décrite par Lustig). Avec moins d’expériences nouvelles et une vitesse de traitement ralentie, le temps semble appuyer sur l’accélérateur. C’est un constat un peu mélancolique, je vous l’accorde.
Mais tout n’est pas perdu ! Il y a peut-être une leçon à tirer de tout ça. Si la routine accélère le temps, alors la nouveauté pourrait le ralentir ? C’est une piste sérieuse. En introduisant de la variété, en défiant notre esprit — que ce soit par la pleine conscience, un nouveau hobby ou l’exploration d’un nouvel endroit — on pourrait peut-être retrouver cette sensation de jeunesse où le temps s’étirait devant nous. Avez-vous essayé quelque chose de nouveau récemment ? Comment ça a joué sur votre perception ? Ça vaut le coup d’essayer. Cette étude complète, qui nous fait réfléchir sur notre propre mortalité et notre quotidien, a été publiée dans la revue European Review.
Selon la source : earth.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.