Un chantage diplomatique inédit

C’est une situation qui, il y a encore quelques années, aurait semblé sortir tout droit d’une fiction satirique, mais nous y sommes. Dans une manœuvre diplomatique stupéfiante, le président américain Donald Trump a établi un lien direct et explicite entre deux de ses obsessions actuelles : le prix Nobel de la paix, qu’il n’a jamais digéré de ne pas avoir reçu, et le Groenland, ce vaste territoire arctique qu’il rêve d’annexer aux États-Unis.
L’information, d’abord rapportée par le réseau public PBS, fait état d’un message transmis directement au premier ministre norvégien et relayé par le Conseil de sécurité nationale américain à plusieurs ambassadeurs européens à Washington. Le ton y est donné, sans filtre, mêlant rancœur personnelle et géopolitique mondiale.
« Cher Jonas » : La lettre de la discorde et l’obsession du Nobel
Le contenu du message envoyé à Jonas Gahr Støre, le premier ministre de la Norvège, est pour le moins déconcertant. Donald Trump y écrit noir sur blanc : « Cher Jonas, étant donné que votre pays a décidé de ne pas me donner le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à huit guerres – PLUS –, je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement en termes de Paix ». La menace est à peine voilée lorsqu’il ajoute qu’il peut désormais se concentrer sur « ce qui est bon et approprié pour les États-Unis d’Amérique ». Jonas Gahr Støre a d’ailleurs confirmé lundi la véracité de cette missive, avouant que certains y avaient d’abord vu une blague ou une satire avant de réaliser le sérieux de la situation.
Il faut dire que l’histoire d’amour contrariée entre Trump et le comité Nobel ne date pas d’hier. Le président américain, qui affirme souvent que le fait d’avoir « sauvé des vies » est une récompense suffisante — tout en répétant qu’il se « fiche du prix Nobel » — semble pourtant obsédé par la question. Sa frustration a atteint un sommet en octobre dernier lorsque la récompense a été attribuée à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado. Ironie du sort, lors d’une visite à la Maison-Blanche la semaine dernière, cette dernière lui a symboliquement « offert » son prix.
Mais pourquoi cette fixation sur la Norvège ? C’est là que le malentendu persiste. Le premier ministre norvégien a tenté, en vain, d’expliquer à Trump « ce qui est bien connu », à savoir que le prix est décerné par un comité indépendant et non par le gouvernement. Peine perdue. Lors d’une brève entrevue sur NBC, Trump a balayé l’argument : « La Norvège le contrôle totalement, malgré ce qu’ils disent. Ils aiment dire qu’ils n’y sont pour rien, mais ils ont tout à voir avec ça ». Pour l’anecdote, bien que des élus républicains et des dirigeants étrangers (dont Israël) aient affirmé avoir soumis sa candidature dès mars 2025, le calendrier jouait contre lui : les nominations devaient être rentrées avant le 1er février, soit 12 jours à peine après son investiture et bien avant qu’il ne puisse prétendre avoir stoppé huit guerres.
L’escalade : Menaces militaires, justifications douteuses et le bâton tarifaire

Si la rancune est le moteur, le carburant est bel et bien la menace. Donald Trump ne se contente pas de bouder ; il met la pression sur l’Europe et le Danemark. Ses arguments pour justifier une prise de contrôle du Groenland sont, disons, créatifs. « Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine, et pourquoi aurait-il d’ailleurs un
? » interroge-t-il, avant d’avancer une théorie historique personnelle : « Il n’y a pas de documents écrits, c’est juste qu’un bateau y a accosté il y a des centaines d’années, mais nous avons aussi eu des bateaux qui ont accosté là-bas ».Sur le terrain, l’inquiétude grandit. Trump n’écarte pas l’option militaire pour sécuriser ce territoire autonome de 56 000 habitants. Interrogé lundi par NBC sur une possible annexion par la force, il s’est contenté d’un laconique « Pas de commentaire », laissant planer un doute lourd de conséquences. Il avait déjà prévenu, il y a une dizaine de jours, que l’acquisition se ferait par « la manière forte » si la « manière douce » échouait. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a tenté de tempérer en disant que la diplomatie restait la première option, tout en admettant que « toutes les options » étaient sur la table.Mais l’arme immédiate reste économique. Trump a sorti l’artillerie lourde : des tarifs douaniers punitifs. Samedi, il a annoncé cibler huit pays européens (Danemark, Norvège, Finlande, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas) qui ont osé condamner ses visées. La menace est précise : une surtaxe de 10 % dès le 1er février, qui grimpera à 25 % si aucun accord sur la « vente complète et intégrale du Groenland » n’est trouvé avant le 1er juin. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, a d’ailleurs prévenu les Européens : exercer des représailles serait « très mal avisé ».

C’est une situation qui, il y a encore quelques années, aurait semblé sortir tout droit d’une fiction satirique, mais nous y sommes. Dans une manœuvre diplomatique stupéfiante, le président américain Donald Trump a établi un lien direct et explicite entre deux de ses obsessions actuelles : le prix Nobel de la paix, qu’il n’a jamais digéré de ne pas avoir reçu, et le Groenland, ce vaste territoire arctique qu’il rêve d’annexer aux États-Unis.
L’information, d’abord rapportée par le réseau public PBS, fait état d’un message transmis directement au premier ministre norvégien et relayé par le Conseil de sécurité nationale américain à plusieurs ambassadeurs européens à Washington. Le ton y est donné, sans filtre, mêlant rancœur personnelle et géopolitique mondiale.
Paradoxes stratégiques et tensions au sommet

Ce qui frappe dans cette crise, c’est l’accumulation de contradictions. D’un côté, Trump justifie son obsession groenlandaise par la nécessité de contrer Pékin et Moscou dans l’Arctique, affirmant que le monde ne sera pas sûr sans un « Contrôle Complet et Total » américain. Il tance l’Europe : « L’Europe devrait se concentrer sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine… pas sur le Groenland ». Pourtant, il n’y a aucune mention du Groenland ou de l’Arctique dans la Stratégie de sécurité nationale dévoilée par son administration il y a à peine deux mois.
Plus troublant encore, alors qu’il présente la Russie comme un adversaire pour justifier l’annexion, le Kremlin a affirmé lundi que Vladimir Poutine avait été invité à siéger au futur « Conseil de la paix » que Trump veut présider à vie. Une structure qui ressemble étrangement à une version payante du Conseil de sécurité de l’ONU, initialement pensée pour Gaza mais désormais élargie aux conflits mondiaux. Jonas Gahr Støre et le président finlandais Alexander Stubb avaient pourtant tenté d’apaiser les choses en proposant une discussion téléphonique pour contester les droits de douane, réitérant leur soutien à l’OTAN. Mais le dialogue semble rompu.
Face à cet « impérialisme », la rue gronde. Ce week-end, des milliers de manifestants ont marché à Copenhague et à Nuuk pour dire non. Le Danemark a souligné l’ampleur des divergences après une rencontre glaciale à la Maison-Blanche mercredi dernier. Pendant ce temps, les alliés de l’OTAN multiplient les missions de reconnaissance, comme celle de l’Arctic Endurance, craignant pour l’existence même de l’Alliance alors que Trump martèle qu’il a fait plus pour l’OTAN que quiconque et qu’il est temps d’avoir un retour sur investissement.
Conclusion : Une alliance au bord de la rupture

En fin de compte, cet épisode dépasse la simple anecdote sur un prix non reçu. Il révèle une diplomatie transactionnelle poussée à l’extrême, où la sécurité collective et la souveraineté des territoires semblent solubles dans les frustrations personnelles d’un dirigeant. L’Europe est désormais sur un pied d’alerte, musclant sa réplique face à un allié devenu imprévisible, qui lie sans ciller la paix mondiale à l’achat d’une île et à la reconnaissance de son propre ego.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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