Black-out imminent : pourquoi votre électricité risque de couper 100 fois plus souvent d’ici 2030
Auteur: Mathieu Gagnon
Une machine au bord de la rupture

Vous avez probablement appuyé sur un bouton ce matin pour faire couler votre café, allumé votre ordinateur portable ou simplement regardé la télévision sans y penser une seconde. C’est normal. Pourtant, l’énergie qui alimente ces gestes quotidiens a été générée il y a seulement quelques millisecondes. Elle provient d’un mélange complexe — charbon, gaz naturel, éolien, solaire ou nucléaire — et vous est livrée grâce à ce qu’on appelle souvent « la plus grande machine du monde » : le réseau électrique américain. C’est une merveille d’ingénierie dont les racines remontent à la fin du XIXe siècle, capable d’alimenter des centaines de millions de foyers.
Mais, et c’est là que ça coince, cette machine commence à montrer de sérieux signes de fatigue. Cet été, le département américain de l’Énergie (DOE) a lancé un avertissement qui fait froid dans le dos : les coupures de courant pourraient être 100 fois plus fréquentes d’ici 2030. Oui, vous avez bien lu, cent fois plus. Et 2030, c’est littéralement demain, dans à peine quatre ans. Le problème, c’est que nous semblons faire tout notre possible pour aggraver la situation plutôt que de la résoudre.
Le changement climatique met le réseau à l’épreuve comme jamais auparavant. La transition vers les énergies vertes est un équilibre précaire : si l’on coupe les combustibles fossiles traditionnels sans avoir un plan solide pour les remplacer, les pénuries deviennent inévitables. Sauf que ces dernières années, un nouveau fardeau, extrêmement lourd, est venu s’ajouter sur les épaules déjà fragiles de notre réseau électrique : l’explosion des centres de données pour l’intelligence artificielle.
L’appétit vorace de l’IA et la pression sur le réseau

C’est un peu ironique, quand on y pense. Alors que la technologie progresse à une vitesse folle, le réseau qui doit fournir l’énergie pour alimenter cette même technologie tire la langue. Un rapport récent du DOE souligne que cette incapacité soudaine à répondre à la demande est largement motivée par la croissance explosive des centres de données IA. Un article du Wall Street Journal, publié plus tôt cette semaine, a confirmé que l’IA mettait à rude épreuve les ressources de PJM. Pour info, PJM est le fournisseur qui alimente tout de même 70 millions de personnes, du Kentucky jusqu’au New Jersey. Ce n’est pas rien.
L’article précise que cette région pourrait faire face à des black-out lors des pics de stress — vous savez, ces vagues de chaleur ou ces coups de froid intenses qui deviennent de plus en plus fréquents. Le grand coupable ? La forte concentration de centres de données, particulièrement dans le nord de la Virginie. Face à ce changement drastique de la demande, certaines communautés commencent à paniquer et tentent carrément d’interdire la construction de nouveaux centres de données.
Pendant ce temps, des gouverneurs et sénateurs poussent pour que les entreprises technologiques paient leur électricité plus cher, histoire de ne pas faire peser toute la facture sur le consommateur moyen. C’est là que la politique s’en mêle. Pas plus tard qu’hier, l’administration Trump a annoncé qu’elle prenait des mesures pour soutenir cette initiative. Aujourd’hui, elle s’est jointe à plusieurs gouverneurs pour demander à PJM d’organiser une enchère. L’idée ? Offrir aux géants de la tech la chance d’acheter de l’énergie pour les 15 prochaines années, ce qui permettrait, en théorie, de financer la construction de centrales électriques supplémentaires.
Mais attention, il y a un hic. Selon CNN, ni les fonctionnaires fédéraux ni ceux des États n’ont le pouvoir d’imposer cette enchère. D’ailleurs, détail un peu gênant : les responsables de PJM n’ont même pas été invités à l’annonce. C’est un peu le bazar, si vous voulez mon avis.
Virage politique : retour aux énergies fossiles et coupes budgétaires

Même si cette histoire d’enchère pourrait éventuellement soulager les résidents — qui voient leurs factures grimper et craignent les coupures — elle ne règle pas le problème immédiat. Une centrale électrique, ça ne se construit pas en claquant des doigts. Les grands fournisseurs comme PJM prédisent qu’ils n’arriveront pas à répondre à la demande dès l’année prochaine. Il faudrait donc d’autres solutions, comme l’efficacité énergétique ou de nouvelles sources de production. Mais historiquement, l’administration actuelle n’est pas franchement fan de ces options.
D’après le New York Times, l’administration Trump a annulé plus de 7,5 milliards de dollars de financement pour plus de 220 projets énergétiques qui avaient été approuvés sous l’administration Biden précédente. Et on ne parle pas de petits projets anecdotiques. La liste inclut des mises à niveau des réseaux électriques en Californie, au Minnesota et dans l’Oregon ; des efforts pour réduire les fuites de méthane des opérations pétrolières et gazières dans le Colorado ; et de grands hubs pour produire de l’hydrogène propre en Californie et dans le nord-ouest du Pacifique.
À l’inverse, l’administration Trump soutient l’idée que notre réseau électrique doit être renforcé par une dépendance accrue aux combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Une stratégie qui fait bondir les environnementalistes et les scientifiques. Pourquoi ? Parce que des décennies de recherche montrent clairement que notre crise climatique actuelle est pilotée par le comportement humain, et en particulier notre addiction aux énergies fossiles. C’est un cercle vicieux.
Conclusion : À contre-courant du monde

Cette préférence pour les énergies du passé a aussi une conséquence économique : les États-Unis se font distancer sur le marché mondial des technologies vertes, notamment par la Chine, qui mène la charge dans le domaine des énergies renouvelables, selon CBC. Les chiffres sont là pour le prouver. D’après les données de 2025 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les pays autres que les États-Unis ont collectivement investi la somme vertigineuse de 2,2 billions de dollars (2,2 trillion $) dans des initiatives d’énergie verte. C’est précisément le double de l’argent qui a été injecté dans les combustibles fossiles.
Alors oui, il est évident que nous avons besoin de plus de puissance pour suivre les innovations technologiques de notre époque et, tout simplement, pour garder la lumière allumée chez nous. Mais revenir à une infrastructure basée sur les combustibles fossiles risque d’exacerber les effets dévastateurs du changement climatique… qui sont précisément ce qui alimente les événements météorologiques extrêmes qui mettent le réseau à genoux en premier lieu. On tourne en rond, non ?
Selon la source : popularmechanics.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.