Une croissance bien plus lente qu’imaginé

C’est le genre de réflexion qu’on se fait après coup, mais honnêtement, si vous aviez voulu vous lier d’amitié avec un tyrannosaure, il valait mieux s’y prendre quand il était encore jeune. Pourquoi ? Parce qu’il semble que le roi des lézards tyrans prenait vraiment son temps pour grandir. On parle ici de peut-être 35 à 40 ans avant qu’il n’atteigne sa pleine taille d’adulte.
Autrement dit, pour devenir ce géant colossal de 8 tonnes que l’on voit dans les films, il lui fallait près de quatre décennies. C’est long, non ? Avant d’en arriver là, durant toute la première partie de son existence, il n’était probablement qu’un prédateur parmi tant d’autres. Efficace, certes, je ne dis pas le contraire, mais il devait faire face à une sacrée concurrence dans son écosystème.
Pour les experts passionnés par cette bestiole, disparue comme ses compères il y a 66 millions d’années — vous savez, l’histoire de l’astéroïde illustrée par des artistes comme Donald Davis de la NASA —, ce constat est une petite révolution. Ce n’est pas une surprise totale, mais disons que pendant longtemps, les estimations étaient bien plus optimistes : on lui accordait généralement de 20 à 25 ans pour finir sa croissance.
La squelettochronologie : lire l’âge dans les os

Alors, comment sait-on tout ça ? Pour en savoir plus, cela fait maintenant une bonne décennie qu’une poignée de paléontologues s’acharne à accumuler des données précises sur les os de ses pattes. C’est un travail de fourmi. La nouvelle étude, qui est parue le 14 janvier, repose sur du solide : elle s’appuie sur des échantillons provenant de 17 individus différents.
Ces précieux fossiles sont gardés dans divers musées et couvrent toute la gamme, allant des juvéniles — les ados de l’époque, si on veut — jusqu’aux très vieux et très gros spécimens. Le principe est fascinant. Il faut savoir que les os de tous les animaux vertébrés, un peu à la manière des cernes sur les troncs d’arbres, présentent des signes physiques de leur croissance.
Ce sont des marques répétitives que forment les tissus osseux à mesure qu’ils grossissent. Une discipline scientifique s’y intéresse tout particulièrement, et elle a un nom à coucher dehors : la squelettochronologie.
Analyse microscopique et mystère de l’espérance de vie

Dans leur étude, les chercheurs ne se sont pas contentés de regarder les os à l’œil nu. Ils ont examiné au microscope électronique des lamelles extrêmement fines, faisant aussi peu que 3 millimètres d’épaisseur, à la recherche de ces fameux marqueurs de croissance. C’est grâce à cette précision chirurgicale qu’ils ont conclu que la période de croissance pouvait s’étirer jusqu’à 40 ans.
Par contre, il y a un hic. Ils ne peuvent rien affirmer sur l’espérance de vie totale d’un tyrannosaure. C’est logique quand on y pense : une fois que la croissance d’un animal est terminée, ces marqueurs cessent tout simplement de s’accumuler dans ses os. On perd la trace du temps biologique, en quelque sorte.
Cela dit, le petit nombre de T-Rex âgés de 40 ans identifiés suggère une réalité assez brutale : seule une minorité parvenait à survivre jusque-là. On peut imaginer des spécimens comme celui photographié par Aurélie Resch au Musée royal de l’Ontario, majestueux mais rares témoins d’une vie longue et périlleuse.
Conclusion : Deux espèces ou une simple différence d’âge ?

Ces nouvelles données permettent même d’alimenter un vieux débat qui divise la communauté. Elles renforcent l’hypothèse selon laquelle nous serions peut-être face à deux espèces distinctes : le tyrannosaure « classique » que tout le monde connaît, et le « nanotyrannosaure », de plus petite taille.
Cette théorie circule depuis longtemps dans les couloirs des universités. D’ailleurs, dans une étude parue en octobre dernier, une chercheuse du Musée d’histoire naturelle de Caroline du Nord n’a pas hésité à attribuer l’étiquette de Nanotyrannus lancensis à un animal de 20 ans.
Alors, deux espèces ou juste des cousins éloignés ? Il faudra sans doute davantage de fossiles pour convaincre définitivement les chercheurs les plus sceptiques qu’on n’est pas simplement devant un tyrannosaure dont la croissance se serait interrompue prématurément. L’histoire est encore loin d’être complète.
Selon la source : l-express.ca
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