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Ce géant de 8 mètres qui dominait la Terre n’était ni un arbre, ni un champignon : le mystère s’éclaircit
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une énigme vieille de plusieurs siècles

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Imaginez un paysage ancien, presque extraterrestre, dominé non pas par des dinosaures ou des séquoias, mais par d’étranges piliers lisses s’élevant jusqu’à 8 mètres de hauteur. C’est le monde des Prototaxites. Ces organismes sont, disons-le franchement, un véritable casse-tête préhistorique. Ils furent les premiers organismes géants sur la terre ferme, dominant tout ce qui vivait à l’époque. Mais voilà le hic : ils n’avaient ni branches, ni feuilles, ni fleurs.

Contrairement aux arbres que nous connaissons, ils ne possédaient même pas de véritable système racinaire. À la place, ils semblaient ancrés au sol par une simple base bulbeuse, un peu comme un oignon géant, je suppose. Depuis la découverte de leurs premiers fossiles au milieu du XIXe siècle, c’est la foire d’empoigne chez les scientifiques. Où les classer dans l’arbre de la vie ? S’agit-il de champignons géants ? D’algues massives ? Ou d’une sorte de plante bizarre ?

Le débat fait rage depuis des décennies. Mais, tenez-vous bien, de nouvelles preuves viennent de surgir et pourraient bien régler la question une bonne fois pour toutes… ou peut-être juste jeter de l’huile sur le feu, qui sait ? Selon une étude récente publiée dans la revue Science Advances, les Prototaxites appartiendraient en réalité à une branche de la vie totalement inconnue et aujourd’hui éteinte.

L’enquête au cœur de l’Écosse antique

credit : lanature.ca (image IA)

Pour tenter de percer ce mystère, les chercheurs se sont penchés sur un spécimen bien précis : le Prototaxites taiti. Il a été retrouvé dans le Rhynie Chert, un site paléontologique situé dans le nord-est de l’Écosse. Si vous ne connaissez pas ce lieu, sachez qu’il est célèbre pour ses fossiles de plantes, de champignons et d’animaux exceptionnellement bien conservés. C’est une véritable mine d’or pour comprendre notre passé lointain. D’ailleurs, une reconstitution de la vie de ce spécimen, poussant dans cet écosystème vieux de 407 millions d’années, a été magnifiquement illustrée par Matt Humpage de Northern Rogue Studios.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos fossiles. L’équipe scientifique n’a pas lésiné sur les moyens. Ils ont utilisé des lasers et de l’imagerie 3D pour littéralement voir à l’intérieur de la roche. Ils ont ensuite comparé la composition chimique de ces énigmatiques piliers avec celle d’autres fossiles trouvés dans la même roche. Et c’est là qu’ils sont tombés sur deux différences majeures, le genre de détails qui change tout.

Premièrement, l’anatomie interne. Alors que les champignons possèdent des réseaux simples de longues structures tubulaires appelées hyphes, le spécimen de Prototaxites, lui, affichait une structure interne bien plus complexe. Il était composé de trois types de tubes différents et de noyaux denses où ces tubes se ramifiaient et se connectaient entre eux. Cette complexité structurelle a été révélée grâce à la microscopie confocale à balayage laser, comme l’ont montré les travaux de Laura Cooper de l’Université d’Édimbourg. C’est fascinant de voir à quel point la nature pouvait déjà être sophistiquée à cette époque.

L’intelligence artificielle face à la chimie du passé

credit : lanature.ca (image IA)

La deuxième différence notable concerne l’empreinte chimique. Pour faire simple, il s’agit de la signature laissée par les organismes en fonction des cellules qui les composent. Pour analyser cela, l’équipe a fait appel à l’intelligence artificielle. C’est incroyable quand on y pense, utiliser la technologie la plus moderne pour comprendre des êtres vieux de 400 millions d’années. Ils cherchaient notamment la protéine de chitine.

La chitine, on la détecte souvent dans les champignons fossilisés ou les insectes. Eh bien, devinez quoi ? Elle était totalement absente de l’échantillon de Prototaxites. Aucune trace. Ils ont alors poussé l’utilisation de l’intelligence artificielle un peu plus loin pour voir si la chimie de ce géant correspondait à celle d’un organisme vivant aujourd’hui. Le verdict est tombé : ça ne correspondait à rien. Rien du tout.

Face à ces résultats, les chercheurs ont dû se rendre à l’évidence. Ils ont exclu l’idée que ces fossiles géants soient des champignons ou des plantes. À la place, ils concluent que les Prototaxites étaient membres d’une lignée éteinte d’eucaryotes (ces organismes aux cellules complexes). Comme ils le notent eux-mêmes dans leur papier, leur approche intégrative « sape l’hypothèse selon laquelle Prototaxites taiti était un ascomycète spécifiquement, et un champignon du groupe-couronne plus généralement ».

Conclusion : Une branche perdue de la vie

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Au lieu de cela, les données soutiennent l’attribution des Prototaxites à « une lignée eucaryote éteinte et non décrite auparavant ». C’est un peu comme découvrir un cousin éloigné dans l’album de famille dont personne ne soupçonnait l’existence. Ces découvertes ont peut-être enfin résolu ce mystère de longue date sur la véritable nature de ces titans.

Cependant, restons prudents, c’est le propre de la science. D’autres analyses et de nouvelles découvertes de fossiles seront probablement nécessaires avant que ces résultats ne soient considérés comme définitifs et conclusifs. En attendant, on ne peut que rêver à ce monde étrange où ces colonnes vivantes montaient la garde sur une Terre encore jeune.

Selon la source : phys.org

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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